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VI. — Vers l'Abime

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Jui ai alors assuré qu'il pouvait se fier à ma discrétion pour toute communication confidentielle qu'il désirerait faire. et que Mer l’Archevêque respecterait aussi ses confidences.

L'Hon. M. Greenway me dit alors qu’il avait été appelé pour former un nouveau Gouvernement dans cefte Province, et qu'il désirait le forlifier en prenant dans son C: binet parmi les membres Français de Ia Légisiature celui qui plairait ar Archevêque ; là-dessus je lui fis la remarque que je ne croyais pas que Sa Grandeur favoriserait l'entrée d'aucun membre Français dans la nouvelle administration, sans condition et sans une entente préalable, au sujet de certaines questions de grande importance pour Sa Grandeur; M. Greenway m'assura qu'il avait déjà parlé de cela avec ses amis, et que lui, M. Greenway, étrit parfaitement consentant à garantir, sous son Gouvernement, le maintien et la condition de ce qui existait alors au sujet : D TT

° Des Ecoles Cafholiques séparées.

2 De l'usage offiriel de la lansue Française.

8° Des divisions Electorales Françauses.

Je reçus les assurances du dit Honorable Thomas Greenway telles que citées plus haut. et lui promis que je les ferais connaître à Sa Grandeur l'Archevêque, et lui dis de plus que je croyais que ses assurances ainsi faites rassureraient beaucoup Sa Grandeur.

Le dit Honorable Thomas Greenway offrit alors de revenir le lendemain, pour recevoir une réponse, au sujet de Ia nomination du membre Français de son Cabinet; je lui dis de ne pas se donner ce trouble, mais que le lendemain je le reveirais à Win. nipeg pour cela; et il fut convenu entre lui et moi que cette rencontre aurait lieu le lendemain matin dans l'office de M. Alloway, à neuf heures. Ceci termina ma première entrevue avec le dit Honorable Thomas Greenway.

Pendant tout le temps qui se passa, entre l'introduction de M. Greenway et la fin de la dite entrevue, telle qu'énoncée plus naut, et son départ de la dite résidence ce jour-là, M. W. F. Alloway était personnellement présent et entendit tout ce qui se passa entre Le dit Honorable Thomas Greenway et moi-même tel qu'énoncé plus haut par moi. Pour accomplir ma promesse, le dit jour de la die entrevue je visitai Mgr l’Archevêque dans sa chambre à coucher et Jui rapportai en détail et fidèlement ce qui avait eu lieu dans 1 die entrevue.

Sa. Grandeur exprima, sa satisfaction et me donva inf, action

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d'assurer à l’Honorable Thomas Greenway qu'il ne meitrait aucun obstacle à son administration, ei que je pourrais Jui dire que Sa Grandeur n'aurait aucune objeclion à ce que M. Prendergast fit partie du nouveau Cabinet comme représentant Français, et Sa Grandeur me demanda spécialement d'exprimer à M. Greenway la satisfaction que lui donnaient les assurances et les promesses faites à mot par le dit M. Grecenway.

Le lendemain matin, conformément au rendez-vous, je suis allé à l'offæ de AT. Alloway, à Winnipeg, et là encore je rencontrai l'Honorable Thomas Greenway, et lui communiquai le message de Sa Grandeur, qui fut donné tel que relaté plus haut, et M. Greenway m'exprima alors s1 satisfaciion personnelle pour le dit message et pour l'altitude de Sa Grandeur, et m'assura alors que tout serait lidèlement observé entre son Gouvernement et Sa Grandeur; et alors, encore, et en termes spécifiques, il me renouvela les assu- ANGES QUE 1 RS RS

1° Les Ecoles Séparées Catholiques.

2 L'usage officiel de la Langue Française.

83° Le nombre des Divisions Electorales Françaises ne serait pas dérangé pendant son administration.

J'avais promis de ne pas trahir la confidence de M. Greenway en dévoilant les détails des dites promesses et assurances, et je gardai la dite promesse jusqu’au temps de la dénégation des dites promesses et assurances par le dit M. Greenway “dans la Législature, quoiqu'il eût violé ses engagements avant ce temps, et sans Îa négation par lui des dis } promesses “et sans ses fausses représentations de ce qui avait eu lieu, je ne me serais pas cru libre de les dévoiler.

M. W. F. Alloway était présent à son office pendant la seconde entrevue avec le dit Honorable Thomas Greenway tel que relaté plus haut, et demeura dans le dit appartement où nous étions réunis pendant une grande partie de la dite seconde entrevue.

Et je fais cette déclaration solennelle croyant consciencieusement que ia dite déclaration est vraie et en vertu de l'acte concernant les serments extra-judiciaires.

Signé: J, Arranp, O. M. I; V. G.

Déclaré devant moi dans la ville de Saint- Boniface, dans le comté de Selkirk, ce premier jour d'Avril, A. D. 1892.

Signé: Alex. HAGGART, Commissaire en B. R. etc.

Manitoba, Comté de Selkirk, Savoir :

Je, William Forbes Alloway, de la ville de Winnipeg, dans le comté ‘de Selkirk, banquier, déclare solennellement : Que j'ai vu et lu la déclaration régulière du TES Révérend Vicaire Général Allard, faite par-devant Alexandre Haggart, un Commissaire en B. R, etc. ce premier jour d'Avril, À. D. 1892, et je dis que j'étais présent, tel qu'énoncé par lui dans les occasions mentionnées par lui, ct dans la die première occasion j'ai introduit l'Honorable Thomas Grcenway au Vicaire Général, et je dis que le le rapport de la dite : entrevue, tel qu'exposé dans la dite déclaration du du Vicare Général, est vraie en Fr een fat

J'étais présent pendant toute la dite entrevue, et entendis tout ce qui s’est passé entre le Vicaire Général et le dit Thomas Greenway.

Je dis de plus que j'étais présent à mon office de banque le lendemain, lorsque le Vicaire Général et le dit Honorable Thomas Greenway se rencontrèrent comme il en avait été convenu le jour précédent, et j'ai entendu la plus grande partie de l'entretien qui eut lieu entre eux ce second jour, et je dis que les promesses et engagements tels qu'exposés dans la dite déclaration du Vicaire Général ont été répétés dans la dite seconde entrevue, et le dit Greenway s'exprima comme étant très satisfait de l'attitude prise par Sa Grandeur l’Archevêque envers son Gouvernement, et exprima cette satisfaction non seulement alors, mais encore après, en ma présence.

Et je fais celte déclaration solennelle croyant consciencieusement que la dife déclaration est vraie et en vertu de l'acte concœrnant les serments extra judiciaires.

Signé: W. F. ALLOWAY.

Déclaré devant moi ce 1 jour d'Avril, A. D. 1892, dans la cité de Winnipeg, dans le comté de Selkirk, susdits. Signé: J. STEWART TuPPER,

Commissaire en B. R., etc.

Ce qui précède prouve bien clairement que les chefs de l'opposition ne sont arrivés au pouvoir qu'en promettant ‘de la manière la plus formelle et la plus positive le maintien de l'usage officiel de la langue française et des écoles Catholiques telles qu'elles existaient alors et avec l’appui qu’elles recevaient. Il est aussi et de plus bien certain que l'Hon.

Thomas Greenway lui-même avait bien voulu, avant de compléter son cabinet, répéter et donner à cet égard des assurances et des promesses aussi formelles et encore plus ex-

plicites que celles de son lieutenant l'Hon. Joseph Martin.

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