LES LOIS DE 1890 VIOLENT LES PROMESSES
La troisième session du septième Pariement s ouyrit le 30 Janvier 1890. Quoique l'on füt décidé à révolutionner les lois sur l'éducation, on ne crut pas à propos de nommer un Comité pour étudier cette question d’une importance si vitale.
Le 12 Février, le Procureur- Général introduisit une dou.
ble mesure intitulée : un | Bill @ en rapport. avec. : le Département de l'Education et un Bill pour les Ecoles Publiques. Les deux projets de loi contenaient collectivement 227 clauses dont 171 avaient été empruntées aux Staluts Refondus d'Ontario, 31 autres étaient des reliques des anciens actes d’écoles de Manitoba; les 25 autres clauses étaient d’un cru nouveau. Il fallait relier ensemble tous ces éléments divers. Il ne faut donc pas trop s’élonner si la taille et la couture de toutes ces pièces hétérogènes, ont nécessité de nombreuses reprises et raccommodages que Jj'indiquerai plus loin. La deuxième lecture de ces actes importants avait été fixée au 13 Février, mais elle ne fut demandée à la Chambre que le 4 Mars.
C’est alors que commencèrent les débats. Dès le début
il fut facile de constater que le Gouvernement avait enchainé la volonté de ses partisans; les cinq Minisires et leurs vingt fidèles appuis formèrent, fout le temps, et pour tous les votes, june phalange que rien ne put mouvoir, ni émouvoir, pendant huit jours et plusieurs nuits.
Les représentants catholiques, qui n'étaient que six, avaient eu le malheur, après les élections, ‘de se diviser en trois Camps; au moment du danger ils oublièrent ces divisions ei se réunirent dans un effort commun. Messieurs Gelley, Jérô-
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me, Lagimodière, Marion, multiplièrent Teurs ‘assaus par des
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amendements nombreux, ils tentèrent en vain de faire une impression quelconque sur leurs amis ou adversaires politiques d'autrefois; toujours on leur répondit par un vote de 25. Monsieur Alphonse Marlin s’attaqua aux chefs, il le fit avec une persistance et une vigueur incroyables, subissant lui-même des déceptions d'autant plus cruelles qu'il avait autrefois donné le plus chaleureux appui à ceux qui le forçaient maintenant de les combattre.
Monsieur Prendergast s’éleva à la hauteur de la situation, servi qu'il était par des connaissances littéraires, “historiques, politiques et sociales, d'un ordre supérieur. Rien ne manqua à la défense des Catholiques. Les cinq membres protestants de l'opposition les aidèrent en se jetant avec eux dans le”plus fort de la mêlée; mais le nombre, cette massue des régimes constitutionnels, écrasa tous les efforts.
Pendant cette lutte, l’enceinte parlementaire retentit de l’écho des tristes choses qui avaient été publiées avant la session. Plusieurs Membres de l’Assemblée prouvèrent qu'ils auraient eu besoin de refaire leur éducation. M. Sifion, aujourd'hui Procurcur-Général, ne craignit pas d'Or AU qu T sävait d’un ami “résidant à Montréal et bien’ renscigné, que les Députés de la Province de . Québec ne siégeaient dans leur Lépgislature pratiquement que pour donner force de loi aux édits du Pape. Le parquet et les galeries en entendirent de toutes les sortes. Non seulement les Catholiques furent at. taqués et vilipendés, on s’y attendait; mais une chose qui surprit, ce fut de voir un vieux Grit se faire applaudir par la phalange du Gouvernement, lorsqu'il prononça des paroles insultantes à l'adresse des Honorables McKenzie, Blake et Mills, parce qu'on invoquait les idées de ces chefs respectés du Parti Libéral, et que cette manière de voir n'était pas d'accord avec les sentiments qui dominaient en ce moment 4
Le 12 Monsieur Prendergast parla pendant trois heures. Non seulement il fit le meilleur discours de ia session, mais
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il le fit admirable à tous les points de vue. Tout fut inutile, les discours, la raison et la justice ne firent pas plus d'effet que les pétitions nombreuses adressées à l'Assemblée Législative. La seconde lecture du Bill fut décidée par un vote de 25 contre 11, et la mesure fut référée au Comité GE néral. -