La RÉSERVE DE LA SANCTION ROYALE
Le premier des quatre remèdes indiqués est celui que j appellerai préventif et dont Teffet est d'empêcher ou au moins de retarder la mise en force d'un statut provincial. Çe remède ne peut s'appliquer qu’à un moment précis, à l'instant même où la sanction royale est demandée pour une mesure qui vient d'être votée par la Législature. Ceux qui souffrent des lois de 1890 n'ont pas atlendu ce moment précis pour prendre les précautions qui pourraient empêcher la sanction immédiate. 1811
C’est au commencement du mois d'Août que l’Honorable Joseph Martin annonça sa politique nouvelle au sujet des écoles de Manïioba, et ce projet nouveau promettait la complète sécularisation de l'enseignement. Entre autres choses le Procureur-Général invoquait les connaissances historiques de son auditoire par l’étonnante assertion que voici :
Il pensait qu'il était fermement prouvé que dans la Constitution Britannique, l'Eglise et l'Etat étaient entièrement séparés.
Cette parol e, accueillie par un savoir égal à celui qui l’avait inspirée, menaçait de produire une profonde impression, c'est pour cela que de suite je fis une étude que je livrai au public, sous forme d'une Jéltre adressée au Manitoba Free
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vier 1886 :
Pour étudier le fonctionnement des lois sur l'éducation élémentaire en Angleterre et au Pays de Galle.
Ce sont les conclusions de cette Commission dont j'entrepris de donner une idée. Je disais en commençant :
Le travail gigantesque de cette commission appert dans ‘ses rapports &@t est contenu dans neuf volumes in-4° d'environ cinq mille pages. Le rapport de celte commission est la réfutation la
plus complète possible des avances de ceux qui disent que les écoles telles que demandées par les Catholiques sont contraires, à l'esprit des institutions Britanniques, "fa pratique suivie en Ân-
gleterre et aux convictions du 1 peuple anglais. | Les conclusions principales de la ‘commission “sont à peu. près ce qu elles auraient été, si la rédaction en avait été confiée à à un Comdié de théologiens catholiques. TT
Ma letire qui consistait en grande partie en citations du rapport de la commission, surprit beaucoup de gens, ceux
surtout qui avaient écrit que les idées Catholiques sur l’é-
ducation
Sont des reliques du moyen âge, bonnes pour un peuple qui vit sous la férule des prêtres; que ces idées sont arriérées et en désaccord avec l'esprit du temps; anti-britanniques ct indignes d'un peuple Anglais.
La preuve que ces idées sont exactement celles qui prévalent eu Angleterre et celles qui sont recommandées par une Commission royale composée d'hommes éminents de la Grande Bretagne; cette preuve surprit les adversaires de nos écoles et leur imposa silence pour quelque temps. 7 "7
Nos écoles étaient vouées 4 Ta destrüction; on les attaqua sur un autre point. C'est alors que commença la série déja mentionnéc d'accusations directes contre les écoles Catholiques ‘de Manitoba et la Section Catholique du Bureau d'éducation. J' avais toujours été président de cette section du bureau; je me devais à moi-même et je devais à mes collègues en office (parmi lesquels, soit dit en passant, 1l y avait un membre du gouvernement) de réfuter ces fausses accusations. Je le fis encore dans les colonnes du Free Press par une lettre, datée du 2 Août “1889, qui resta elle aussi sans réponse. |
À peu près fans ce temps, J'étais invité à aller prendre part aux. fêtes < d'Ottawa, : à l'occasion de l'installation du Chapitre de la Basilique et ä du dévoilement des statues de Monseigneur Guigues et du Révérend Père Tabaret.
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Je me rendis dans la Capitale, puis à à Montréal, puis à Quüébec. Je n'ai pas besoin de dire que j'avais nos écoles dans ‘la têle comme je les avais dans le cœur. Je vis quelques mi-
nistres à à Otl lawa, je vis bien des amis pastout Tous ceux
Le temps n'était pas arrivé de se prononcer, disait-on; qui sait, des conseils plus sages pourraient peut-être prévaloir et dans tous les cas, chacun ferait son devoir; vos droils sont trop clairement définis par la Constitution pour qu'il y ait un doute sur le triomphe final de votre Cause.
Ces quelques mots sont le résumé fidèle de ce qui me ful dit par des hommes de positions et d'opinions politiques bien différentes. Ces paroles augmenièrent mes appréhensions, au point qu’à Montréal et à Québec je m'en voulais de juger si sévèrement l'indifférence apparente que je croyais remarquer de la part de personnes, sur l'appui desquelles j'avais cru que nous pourrions compter. Une rumeur, venue de Québec, me fit espérer quelque chose; je ne l'indique pas parce qu'elle était trop vague et trop incertaine, mais s’il est vrai que le Gouvernement de Québec d'alors à fait des efforts pour nous venir en aide, je ne veux pas manquer l’occasion de Jui exprimer ma vive et sincère reconnaissance.
Le 21 Novembre, je rentrais à St.-Boniface. Je fus azcueil- Hi très chaleureusement, on savait que j'avais fait l'impossible pour } protéger les écoles; les Catholiques me réitérèrent l'assurance que je pouvais compter sur eux ct que dans toutes les familles les plus petits enfants eux-mêmes se joignaient à leurs parents pour prier. J'étais ému jusqu'aux larmes.
Le 22 Décembre, le Free Press mettait encore à à ma disposition trois de ses colonnes les plus serrées pour un mémoire
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que je publiais, au sujet des négociations qui avaient eu
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lieu à Ottawa en 18701 et au cours desquelles où on 1 avait don-
1. Voici cette lettre de Mgr Taché, relative à la Liste des Droits. Pour en saisir l'importance il faut se rappeler que Mgr Taché l’a publiée ainsi que d’autres pour prouver que la population française catholique de