‹ Les écoles du nord-ouest canadienChapitre 64 sur 127 · NES · texte numérisé non relu

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Manitoba avait droit à sa langue et aux écoles séparées; que ce droit, non seulement leur est conféré par l’Acte de Manitoba, mais qu'il est, de plus, l'objet d'un traité qui a précédé la passation de cet Acte et qui a été la condition sine qua non de l'entrée de cette province dans la confédération canadienne. Cette thèse que l'archevêque établit d’une manière irréfulable pèse sur l'adversaire de tout son poids; c'est pourquoi on fit des cfforts inouïs pour J'amoindrir, el, si possible, pour en détruire l'effet. … ‘+5 a, ct,

La réplique aux premiers efforts tentés dans ce but, prouve jusqu’à l'évidence que le vénérable Archevèque de Saint-Boniface connaissait mieux l'histoire du pays que ceux qui le contredisaient, et cette riposte reste un litre de plus à la reconnaissance que lui doit toute la population catholique de Manitoba.

IL ya drux documents auxquels Mgr Taché fait allusion dans sa réponse : J'un est une lettre de M. James Tayior, publiée par le Free Press, à l'autre, üne dissértation faite par 16 Rév. Dr Bryce, devant une dizaine de membres de La Société Hsferque de "Winnipeg, publiée jadis | dans le Sun. Le Rév Bryce, suivant une habitude coniractée au service d'une mauvaise cause, s'était permis des affirmations gratuites, dans un langage qui était loin de convenir dans une discussion honnêle, et quand on s'adresse à un public que l'on respecte. Tout naturellement, Mgr Taché ne discute pas avec M. Bryce: mas sans le nommer, il le mot à la place qu'il eût bien fait de ne pas quitter.

La lettre de M. Taylor, au contraire, étant convenable, Mgr Taché lui répondit de la maniëre suivante : pes

James Taylor, Ecr. ñ

Monsieur, — J'ai lu avec atlention la lettre que vous :f#avez adressée dans les colonnes du free Press du 9 courant##e ton de votre lettre et l'intérêt qui s attache naturellement à la queétion que nous agitons, mérite certainement toute notre attention, et je Suis convaincu que vous voudrez bien recevoir ce que j'ai à vous dire en réponse comme un moyen d'éclaircir un poiñt #t tmpoïtant ‘de l’histoire de’ notre pays. Vous partez dime Liste” de Droite différente de Te ur e "j'ai püblice, et Vous vous cllorcez de Mmontiér par [A que je me suis lrompé en. affir- QE “Pour “évitèr Ta confusion dans Îes fermes, vous me permétirez d'appeler 16 document que vous avez en main, Votre Liste des Droits, et de désigner sous l'appellation de Ma Listr, celle que j ai publite, quoique je ne sois pas plus l’auteur de Ce dernier que vous ne Vôtes de l'autre.

Comme j'aurai à citer plusieurs fois un document public intitulé : « Rap- » port du Comité choisi pour s'enquérir des causes des difficultés des » Territoires du Nord-Ouest, en 1870, » je me contenterai dans mes citalions de mentionner le mot « Rapport, » en ajoutant les pages, (Note du M. — Ces pages seront celles de l'édition anglaise.)

VOTRE LISTE. — Vous dites que vous avez eu en votre possession une

Liste des Droits copiée par M. Thos Eüunn, Secrétaire Etat pour. le Gone eeT me Se CEE + Ouvernement Provisoire. Je vous crois sans hésitation; il y à eu tant de projets" de faits, de rejetés et d'amendés, qu'il n'est pas du tout étonnant que l'une ou plusieurs de ces pièces, copiées par M. Bunn, soient restées entre ses mains el qu'elles soient maintenant entre les vôtres.

Soyez cependant bien certain que votre liste des Droits, pas plus que la mienne, n'a été préparée par les représentants du peuple, réunis en assem-

blée publique. Il y a eu deux Listes des Droits adoptées et rédigées dans des assemblées, l'une en novembre 1869, et -tautre pendant

me

Prenant") Page ne cuts une ee nu convention de janvier et février, ën 1870, Tout fe monde réconnaît qidit né s'est Jamais servi de la première de ces listes, tandis que la sgconde a & présenté à M ne A. Smith qui La an.

nexée à son rapport, et pourlant ce document n'a jamais été remis

aux délégués pour qu'ils Té-Portassent à Ulawa. Je sais rés bien que l'impression générale était que c'est précisément cette Liste des Droits de H Convention dont les EU $e soht seinis à Oltawa. Lord Duffe. rin luimême pensait qu'il en avait été ainsi, j ai dissipé cette erreur il y a déjà 15 ans, par des arguments auxquels on n’a jamais répondu. Permettez-moi de dire qu'implicitement vous corroborez mes assertions, en montrant que la Liste des Droits que vous affirmez avoir été remise aux délégués contenait des conditions qui ne sont en aucune façon et nulle part mentionnée dans la liste préparée par la Convention, et c'est ce que vous faites en citant les clauses une et onze de votre liste. S'il vous plaît, comparez la liste que vous avez en main avec celle préparée par la Convention et vous ne pourrez pas manquer de vous convaincre de la vérité de cé que j'affirme.

NOS DEUX LISTES ont la même origine, toutes deux émanent du gouvernement provisoire, qui les a préparées par son exécutif, et ce qui se dit contre l'origine de l’une peut également se dire contre celle de l’autre. Aucune des deux ne forfait à la vérité ou à l'honneur. L'une n'est pas plus factice que lautre; l’une pas plus que l’autre n’est ‘un empiétement sur une autre Liste des Droits que l'on suppose simplement avoir été adoptée par le conseil du gouvernement provisoire, Votre liste n’a jamais été publiée, la mienne ne l'a été que ces jours derniers. Toutes deux étaient ignorées du public jusqu'à la discussion actuelle. Néces: airen ent, une a été substituée à l'autre et permettezmoi de vous faire observer que cette substitution a été faite par lautorité qui avait préparé les deux documents. Une différence marquée, c'est que jusqu'à ces jours derniers il n'a été fait aucune mention de votre liste, tandis qu'il y a déjà plus de 15 ans, j'ai déclaré formellement que la mienne est celle qui a été remise aux délégués. Vous pouvez dire peut-être que ceci est nouveau, c'est nouveau, sans doute, pour plusieurs, mais ce n'est pas nouveau pour moi; vous pourrez ajouter que ce n'est pas satisfaisant; soit, mais tout le monde sait que le Conseil Exécutif des gouvernements, légalement établis ou non, n'ont pas l'habitude de publier tout ce qu'ils font; je crois que, règle générale, les instructions qu'ils donnent à leurs délégués ne sont pas préalablement livrées au public, surtout dans des temps difficiles et quand il s’agit de négociations importantes. :

M. Thos Bunn lui-même explique le secret dans lequel ces documents ont été préparés. En parlant du conseil du gouvernement provisoire, il dit : (Rapport, page 118) « Ce conseil n'avait rien à faire avec Ia par- » tie exécutive de l'administration; cette dernière était exclusivement con- + duite par le gouvernement provisoire proprement dit, c'est-à-dire, par » Louis Riel et quelques autres dont j'oublie Les noms. »

Le même Thos Bunn n'attache pas d'importance au document que vous avez en main et ne lui reconnaît pas une valeur officielle, puisque dans son témoignage solennel il dit : (Rapport, page 122,) Je ne sais pas où » se trouvent les archives des Actes du gouvernement provisoire. » Si

votre Liste des Droits était le document important dont nous nous occupons, M. Bunn qui l'avait en main naurait pas pu dire qu'il ignorait où elle se trouvait.

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