LoRD SELKIRK AIDA LES ÉCOLES
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: \ A DA Prélat que I re va :
A - de missionnaires catholiques, dans sa “colonie naissante. Dès V F J'an 1816, dans une leitre datée du 4 Avril, le fondaru "RT PASSMIboia écrivait ce qui suit à l'Évêque catholique
or om
: de Québec :
Je suis convaincu qu’un ecclésiastique zélé et intelligent ferait un bien incalculable; si Votre Grandeur veut choisir un sujet qualifié pour cette œuvre, je n'hésite pas à lui assurer ma considération el à lui offrir s secours que Votre Grandeur jugera nécessaires.
En 1817, Lord Selkirk visita sa colonie. Les déplorables événements de l'année précédente, les craintes et les regrets des colons n'ébranlèrent pas ses espérances dans le succès final de l’entreprise qu'il poursuivait avec tant d’affection. D'un autre côté, les malheurs passés lui firent comprendre l'avantage et la nécessité de donner à sa colonie naissante les influences religieuses, qui seules pouvaient en
assurer le succès et la stabilité. Aux colons Protestants il désigna du doigt l'endroit où serait plus tard leur église ei leur école. Il fit la même chose pour Tes Catholiques, en Tes assurant qu'il s’élait déjà mis en relation avec ‘l'Évêque de Québec. Il leur conseilla de rédiger une pétilion qu'il appuierait et ferait parvenir au digne Prélal. La pétition fut signée et Lord Selkirk, en l'envoyant à l'Évèque ‘de Québec, insisla pour qu'elle ne demeurât pas sans effet.
Ces demandes furent accueillies favorabl-ment; le départ des missionnaires fut fixé au mois de Mai 1818; Messieurs Provencher et Dumoulin furent choisis par Monseigneur Plessis. L’Illustre Prélat leur traça les instructions, dont nous avons déjà parlé. Une copie en fut présentée à Lord Selkirk qui dans une lettre, écrite de Montréal en date du 8 Mai, en donne l'appréciation suivante :
Monseigneur, M. Provencher m'a communiqué les instructions et autres documents dont il est muni, qui paraissent remplir tout ce que l’on pouvait désirer.
Que le lecteur veuille, bien s’en souvenir, ces instructions
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prescriväient aux missie nnaires l'obligation d'établir des éco-
les dans différents endroits, el leur enjoignaient de fixer leur
demeure près du Fort Douglas, sur la Rivière-Rouge, et d'y construire üné ie église, une maison, une école ».
C’esl après avoir pris connaissance de ces instruc‘ions, que Lord Selkirk n'hésite e pas à dire q qu’ elles « paraissent remplir tout ce qu’on peut “désirer »; aussi le noble Lord donna cours à sa générosité et et tit pré arer de suite les contrats {Indentures), qu’il signa le 18 du même mois, et par lesquels il céda à Monseigneur Plessis et à ses co-Trustecs (fidei-commissaires) deux morceaux de terre. L'une de ces donations couvre une superlicie d'environ 20 milles carrés et est située à l’est de la Rivière La Seine: l’autre qui a une étendue de 22 acres ou 15 chaînes carrés, est située sur les bords de la Rivière-
Rouge, près du Fort Douglas. Le tout pour aider les œuvres qu’entreprendront les missionnaires catholiques à la Rivière-Rouge.
Le 19 du même mois de Mai 1818, les deux prêtres, accompagnés de M. Guillaume Edge, qui devait les aider à instruire les enfants, s'embarquèrent sur ‘un canot d’écorce, frété en partie aux dépens de Lord Selkirk, et le 16 Juillet ils arrivaient au fort Douglas. De suite, les missionnaires commencèrent une construction qui tout d'abord devait être « une . église, une maison, une école ». Ils la placèrent pr‘c:sément sur un des lots de terre donnés par Lord Selkirk. Ces humbles commencements se développèrent, malgré les plus p* inibles épreuves et les "plus grandes difficultés, pour devenir graduellement limportant établissement de Saint-Boniface. Après 75 ans d'existence, au milieu de bien des vicissitudes, mais sans interruption, C* c'est encore sur ce même lot de terre que se trouvent l'église devenue Métropole, la maison deve rue demeure archiépiscopale; l'école, devenue d’un côté le collège de Saint-Boniface et l'Académie Provencher, pour les garçons, et de l’autre Te Pensionnat et l’Académie Taché, pour les filles. Éncore aujourd'hui, les terres données par Lord Sel- Kirk, aident à soutenir les établissements d'éducation.
On voit, dans cette fondation de la première école de la Rivière-Rouge, la part prise par l’autorité civile, l'Etat d'alors.
Lord Selkirk était Ecossais et Presbytérien, cependant il crut de son devoir et de son intérêt d'agir comme il l’a fait. Fondateur et directeur d’une colonie dans laquelle il y avait des Canadiens, des catholiques, il pria un évêque canadien de fui l'dganer des prêtres pour pourvoir aux. besoins spirituels de ses colons et pour instruire leurs enfants. IL avait assez de sens pratique pour comprendre que, quand on veut la fin, on veut les moyens légitimes et efficaces: que le moyen le plus certain d'assurer le succès de son entreprise était d'appeler à son aide des missionnaires, dont le zèle et le désintéressement ne pourraient manquer de lui être utiles.
Lord Selkirk n'agita pas la question de l'union de l'Eglise et de l'Etat; il n’adopta ni ne répudia cette théorie; il comprit fout : simplement que l’action combinée des pouvoirs civil et religieux, que leur bonne entente ne peuvent qu'être favorables au développement d'un pays, ainsi qu'à la prospérité véritable et au bonheur de ses habitants, Les troubles qui avaient eu lieu, dans sa colonie naissante, Tut avaient fait comprendre Ta nécessilé des ‘salutaires restréintes qu'imposent la religion et ses enseignements. I se persuada facilement qu'il en coûte moins à favoriser le construction des églises et des écoles, voire même à aider les missionnaires, qu’à lever des troupes et à entretenir une armée de gendarmes. Lord Selkirk était colonisateur : il voulail des colons, des immigrants; il savait qu’un moyen puissan! de satisfaire ceux qu'il possédait et d'en aitirer d'autres éfait de leur faciliter l'éducation de leurs enfants, sans violenter leurs consciences. L'expérience ne fit que nourrir ces convictions dans le fondateur de la colonie d’Assiniboia. Aussi, quinze jours avant sa mort, le 22 Mars 1820, ses agents à Mont-
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réal éerivaient à Mgr Panel, à Québec :
Nous demandons la permission, de la part de Lord Selkirk, de
de ces messieurs un “prêtre | et. “un. “insütuteur), “et nous vous prions de nous dire quand ils seront prêls et de nous indiquer laide dont ils pourraient avoir besoin.
Cette faveur fut la dernière reçue du noble colonisateur par les missionnaires catholiques. Lord Selkirk mourut le 8 Avril suivant. 1540