‹ Les écoles du nord-ouest canadienChapitre 70 sur 127 · VII. — Vers l’'Abime · texte numérisé non relu

VII. — Vers l’'Abime

né des assurances au sujet des écoles confessionnelles. Quelques-unes des assertions de ce plaidoyer Sont rapportées dans la Deuxième Phase de mon étude actuelle. Mes assertions” donnèrent lieu à une polémique que je soutins dans une lettre à M. Taylor, publiée le 12 Janvier 18901, et dans üne autre 5 or tue} iv par suites du peu d'importance que j'attachais à 1 demande. La raison pour laquelle j'attachais peu d'importance à cette demande, c’est qu'elle avait déjà été octroyée, même avant le départ des délégués, et en voici la preuve. Le 16 février 1870, Sir John A. Macdonald m'avait remis une lettre à Ottawa Comme je l'ai déjà dit ailleurs, c’est cette lettre qui m'aida à déterminer les délégués à serendre dans la capitale fédérale. Dans cette lettre on lit le paragraphe suivant : « Vous êtes autorisé à » dire qua Jes deux années pendant lesquelles le tarif ne sera pas » changé, se compteront du 1er janvier 1871, au lieu du 1er janvier der- » nier, comme il avait d'abord été proposé. » (Rapport, page 19) Dans ma pensée !a demande devenait inutile puisqu'elle était accordée, j'attachai donc peu d'importance au papier qui la contenait, et, maladroitement, sans doute, je le laissai s'égarer.

Je puis dire à mon tour maintenant : « Est-ce que quelqu'un, qui a » l'exercice de ses facultés mentales, peut soutenir » que c’est une merveille d'avoir perdu après 20 ans un morceau de papier qui contient une demande déjà accordée et exprimée dans un document signé par le Premier Ministre du Canada et publié à plusieurs reprises dans les documents officiels. Au reste, cette omission de ma part est complètement corrigée par le témoignage de M. Rüitchot et ses notes générales, que je tiens à la disposition de quiconque voudrait éclaircir davantage ce fait.

Cette explication doit suffire pour dissiper le merveilleux brouillard au sujet d’une omission de peu de conséquence, L'histoire de Manitoba serait plus en harmonie avec la pureté de l'atmosphère de notre chère province, si cette histoire était étudiée sous son vrai jour et en dehors de l'épais nuage de préjugés qui ne se manifestent que trop souvent dans des lectures faites devant un auditoire plus où moins nombreux de notre Société Historique. Je vous adresse ces remarques, parce que je sais que vous, vous aimez notre pays et ses anciens habitants, et que vous recevez avec plaisir des informations et des explications impartiales.

C'est dans cette conviction que je demeure, Monsieur,

Votre obéissant serviteur, (Signé), ALEx,, ARCH. de Saint-Boniface,

Saint-Boniface, 13 janvier 1890.

1. M. Hay avait cru pouvoir, lui aussi, contredire une partie de ce que Mgr Taché avait dit au sujet des négociations à Ottawa en 1870. Le langage de M. Hay fut grossier et ses affirmations étaient si vagues qu'elles se réfutaient d'elles-mêmes; néanmoins, comme le but évident était de saper la base première sur laquelle reposent les droits des Canadiens Français à l'usage de leur langue et à la jouissance de leurs écoles séparées,

Mgr Taché trouva bon de soutenir sa thèse contre ce nouvel assaillant. L'article de M. Hay avait paru dans l'inévitable Free Press, et, dès le lendemain, Mgr Taché faisait remettre à ce journal la lettre que voici : MoxsIEUR, — S'il vous plait, permettez-moi de répondre à M. Hay dont je veux contredire les avancés.

M. Hay, cilant mes paroles, dit : « J'ai entendu les délégués déclarer qu'ils prendraient sa Liste pour base des négociations, » et il ajoute : «, pourquoi n'avoir pas dit Ritchot et Scott? » Je ne l'ai pas dit, parce que ça n'aurait pas été la vérité, n'ayant jamais eu de rapport avec Scott avant son retour d'Ottawa, longtemps après la fin des négociations. Je ne connaissais pas M. Scott auparavant, et, pour être plus explicite, je puis ajouter que sa nomination comme délégué me surprit beaucoup. Je ne puis pas dire la même chose de M. Black; je le connaissais bien et il vint plusieurs fois chez moi au sujet de la délégation et je l'ai entendu discuter la Liste des Droits qui devait être envoyée à Ottawa.

Tout en niant mes avancés, M. Hay ne s'aperçoit pas, qu'en même temps, il contredit M. Tayior. La Liste des Droits de la convention des quarante n'est, en aucune facon, celle que prétend M. Taylor, au moins à en juger par les clauses qu'il cite dans sa lettre du 9 janvier. Fa re la discussion sur ce sujet est chose étrange, puisqu'il est si facile de s'assurer des faits. La Liste des Droits de la convention des quarante est publiée in extenso dans l'appendice du rapport de l'hon. D. À. Smith et se trouve dans le livre bleu (papiers sessionnels, 1870, no 12, pages 10 et 11) el ne contient pas les clauses citées par M. Taylor. Par conséquent, les deux documents sont différents, et M. Hay prétendant que la liste de la convention est la seule vraie, répudie celle de M. Taylor. Qu'il s'entendent avant que j'en dise davantage sur ce sujet.

M. Hay ajoute que Ma Liste fut « grâce à Sa Grandeur substituée à celle qui est mentionnée ici comme celle de M. Taylor. » Cet avancé est encore faux. Je n'ai rien eu à faire dans la substitution d’une liste à une autre. S'il avait été en mon pouvoir de Le faire, la liste donnée aux délégués aurait été bien différente de celle que j'appelle Ma Liste parce que celle-là, comme les autres dont il à été fait mention, contenait des articles que j'aurais retranchés ou amendés et il y eut des omissions que je regrettai beaucoup. Quoique la liste ne fût pas entièrement conforme à mes vues, c'est grâce à moi que M. Rüitchot et M. Black consentirent à se rendre à Ottawa comme délégués et aussi consentirent formellement à y porter Ma Liste. Comme je l'ai déjà dit, tous les deux, M. Black et M. Ritchot, hésitèrent d'abord à assumer la responsabilité, parce que surtout ils savaient qu'une nouvelle liste leur serait confiée, mais ils finirent par consentir. Je fis mon possible pour obtenir ce résultat parce que j'étais convaincu qu’une fois à Ottawa les délégués obliendraient des conditions acceptables, et cette conviction m'était inspirée par la connaissance que j'avais de ce que les autorités impériales et fédérales désiraient principalement. En outre, nous étions, à tout moment, menacés de la guerre civile et d’une invasion criminelle du dehors, ce qui aupait été la ruine du pays; ainsi j'ai fait” mon possible pour persuader Îa délégation, et, Dieu merci, je réussis.

M. Hay joue sur les mots de la déclaration de M. Ritchot, parce qua le mot codélégué est au singulier. C'est la faute ou du traducteur ou du typographe, car la lettre de M. Ritchot est en français, et se lit

comme suit: aux auires délégués, mots évidemment au pluriel et qui se rapportent autant à M. Black qu'à M. Scott.

M. Hay montre encore son peu de connaissance du sujet quand il dit : « Les négociations se firent presque toutes avec MM. Ritchot et Scott, » et « pour cause de maladie, il fut impossible au juge Black de présen- » ter convenablement sa cause. » C’est tout le contraire qui est la vérité. Du commencement des négociations, le 28 avril, jusqu'à son départ d’Ottawa, le 18 mai, M. Black et M. Ritchot n’eurent pas moins de quinze conférences, à neuf desquelles Sir John A. Macdonald était présent. Sir George Cartier assista à douze de ces réunions, et M. Scott, l'autre délégué, n'assista qu'à dix. Ainsi, en réalité, la plus grande somme de travail fut faite par M. Black et M. Ritchot. Je puis donner le lieu, le jour et même l'heure de ces réunions, de même aussi dire les affaires qui furent transigées à chacune. Ainsi l'idée que M. Black n’a pris une part active dans les négociations est toute autre qu'exacte.

M. Hay, dans un autre paragraphe, est assez bon d'informer Le public de ce qui suit: « Sa Grandeur, je n’en doute point, se rappellera que quand Elle revint à Rome, vwià Ottawa, Elle était loin d'être bien, et Elle dit qu'Elle comptait beaucoup sur les données du Père Ritchet. » L'état de ma santé il y a vingt ans importe peu au public, mais comme M. Hay semble y prendre un intérét tout particulier, je lui rappellerai que le livre bleu où il a puisé son information (rapport, page 16) ne mentionne rien d'alarmant au sujet de ma santé. Dans l'examen subi devant un comité, « je dis que je n'étais pas bien à mon arrivée. Mon indis- » position était causée par mon voyage. » Pour satisfaire M. Hay, j'ajouterai que je laissai Rome le 13 janvier; je voyageai pendant les six nuits suivantes, de Rome à Liverpool, passant les jours dans les diffé. rentes villes où j'avais affaire. Je m'embarquai à Liverpool le 19. La traversée dura 13 jours, fut des plus mauvaises, et n'étant pas marin, je fus tout le temps malade du mal de mer. Je débarquai à Portland, Me., le 2 février, et pris les chars immédiatement. Une forte tempête de neige me tint deux jours sur le chemin, et comme il n'y avait pas de char-dortoir, quand j'arrivai à Montréal, le 4 février, j'étais très fatigué et je ne pus me rendre de suite à Ottawa. Je me reposai trois jours chez ma mère où je me remis complètement de mon indisposition, et, de toute ma vie, je ne fus jamais en meilleure santé à partir du 8 février jusqu'à la fin de la seconde année d’après. Je laissai Montréal pour Ottawa le 8 février. À mon avis, cela suffit. En autant qu'on peut être juge dans sa propre cause, j'aflirme que j'étais en état de discerner par moi-même, et quand je m'en suis rapporté à M. Ritchot c'était pour des choses qui s'étaient passées loin de moi et dont il avait une parfaite connaissance.

Vu « qu'une paille indique la direction du vent, » je puis me permettre de citer la lettre suivante qui prouve amplement qu'au temps de la délégation j'étais dans les meilleurs termes avec le juge Black, et que, par conséquence, je suis, plus que M. Hay semble le croire, en état de savoir ce qui a été fat ou qui n'a pas été fait par l’hon. Monsieur. #

Russell House, Ottawa, 17 mai 1870.

Au Rév. M. Ritchot.

Révérend et cher Monsieur, — Laissant Oitawa pour Montréal demain, je suis allé pour vous dire adieu et vous prier de vouloir vous

charger d’une boîte pour notre ami respecté l'Évêque Taché, laquelle contient le pardessus en fourrure que Sa Grandeur a eu la bonté de me prêter pour faire le voyage à travers la prairie.

Vous m'obligeriez beaucoup en en prenant grand soin — surtout le tenir sec, — et en le remettant à Sa Grandeur avec mes meilleurs et mes plus respectueux compliments.

Si vous pouviez emporter le pardessus plus aisément dans votre valise, vous pourriez dévisser le couvercle de la boîte.

Je demeure, Révérend et cher Monsieur, bien sincèrement à vous,

(Signé,) J. BLacx.

Qu'est-ce que cela veut dire? Le juge Black qui voyage avec le pardessus en fourrure de Mgr Taché! Mais cela n'a rien à faire avec la Liste des Droits! Non, pas plus que la paille fait partie du vent, pourtani, la paille indique da direction du vent; de même l'usage du pardessus prouve, comme je l'ai déjà dit, que je suis au courant des plus pelits détails qui concernent la délégation. Ma Liste des Droits n'a pas été rédigée par moi, ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux; néanmoins, elle fut remise à M. Black en ma présence, et, portée par lui à Ottawa, Mon pardessus ne fut pas confectionné par moi; ce n'était rien d’élégant ni de fashionable; cependant, ü fut offert à M. Black qu s’en est servi pour son voyage à Otiawa, en sorte que l'hon. délégué, Ma Liste et mon pardessus firent le voyage ensemble. Je le sais et l’affirme en dépit de tous les démentis.

« Maintenant, chers lecteurs, » ne soyez point trop mal à l'aise, il n'y avait dans mon pardessus aucun pouvoir où influence surnaturels. En l'employant, M. Black n'était nullement exposé à devenir aussi trompeur que M. Hay me dit être. Si je passais sous silence ce petit incident insignifiant, qui sait si, après un certain temps, quelque savant Docleur ne découvrirait pas que le fait de prêter mon pardessus au juge Black n'était qu'une réédition de ces superstitions ou mauvais tours dont l’évêque Taché, la hiérarchie romaine et ces Jésuites sont si bien connus pour être les coupables auteurs. Pour faire disparaître cette mystérieuse impression qui pourrait se produire dans l'avenir, je dis aujourd'hui qu’en 1870 les pardessus en fourrure étaient très rares dans la colonie de la Rivière-Rouge; l'hiver était des plus rigoureux, la neige très abondante et les chemins presque impraticables. Après que M. Black fut convenu de partir pour Ottawa, je lui offris mon pardessus et il s’en servit tout bonnement.

Avant d'en finir, je donnerai à M. Hay un autre exemple de « ma disposition à tromper » et de mon désir à persister dans cette voie, « par les faux rapports que j'ai faits et fais encore. » Je dis que M. Black a reconnu lui-même, par écrit, qu'il a conduit les négociations à Ottawa sur la même base que le Père Ritchot, tellement qu'il en appelle les procédés, nos négociations, et qu'il considère le projet de loi ou l’Acte de Manitoba comme le résultat des négociations que lui, le juge Black, avait conduites avec ses co-délégués en faveur de la population de ce pays. Je soutiens de plus que de juge Black, après avoir conclu ces négocialions, a écrit que l'Acte de Manitoba était le meilleur rapport qui pouvait être fait sur le sujet. Comme preuve des avancés ci-dessus, je donne en entier une autre lettre de M. Black. L'enveloppe de cette

à M. Hay, le 24 du même moisi. Malheureusement je n'avais pas alors les pièces officielles, que je me suis procurées de-

lettre porte le cachet du bureau de Montréal, en date du 24 mai 1870 et celui d'Ottawa du 25 mai 1870.

Montréal, 24 mai, 1870.

Au Révérend N. J. Ritchot, Ottawa.

Révérend et cher Monsieur, — Dans mon télégramme d'hier, par lequel j'accuse réception de votre lettre, j'ai promis de vous écrire aujourd’hui, et j'ai maintenant le plaisir de le faire.

Quant à votre suggestion de faire par écrit un rapport de n0Ÿ négociations avec le gouvernement, je puis dire qu'avant de recevoir votre lettre, j'étais à considérer l'opportunité d'une telle démarche, et j'en suis venu à la conclusion que le meilleur rapport que je pouvais faire sur le sujet était l'acte lui-même dont des copies seront sans aucun doute envoyées à la Rivière-Rouge.

C'est encore mon opinion, et j'espère que vous voudrez bien partager mon sentiment. Mais si je devais plus tard prendre les choses à un autre point de vue, je puis facilement vous écrire,

Comme il est probable que vous n'êtes pas pour visiter Montréal de nouveau, et comme je ne suis pas sur le point de retourner à Ottawa, je présume que je n'aurai pas l'occasion de vous rencontrer, je vous dis donc, au nom de Mlle Black et en mon nom, adieu, vous souhaitant un bon voyage.

Vous m'obligerez en disant à M. Scott que le soir de la valle de mon départ d'Ottawa, j'ai été pour le voir à son hôtel, mais il était absent.

Espérant que vous avez reçu le pardessus en fourrure pour Sa Grandeur Monseigneur et que vous me ferez La faveur de lui trouver place dans votre valise.

Je demeure, révérend et cher Monsieur,

Votre tout dévoué, (Signé), J. BLACK.

Je laisse à tout homme bien pensant à juger par lui-même, ct je n'hésite pas de répéter que ma Liste des Droits fut acceptée per M. Black aussi bien que par les autres délégués, et que tous les trois menèrent les négociations en pleine et parfaite harmonie sur cette base.

Ÿ ALEX., ARCH. de Saint-Boniface, O. M. E

Saint-Boniface, 24 janvier 1890.

1. Mgr Taché fit, en effet, cette communication au journal Le Mani. toba, au sujet des écoles séparées du Manitoba : ,

ARCHEVÊCHE DE SAINT-BONIFACE, 27 Décembre, 1889. Au Rédacteur du journal Le Manitoba.

Monsieur, — Je vous transmets ‘une copie d'une lettre que j'ai adressée au Manitoba, Free Press et qui vient d'être publiée sur cette feuille, avec prière de la reproduire intégralement sur votre journal.

Je profite de cette occasion pour faire connaître à la population catholique du Manitoba la satisfaction que j'éprouve par son attitude gi digne, si grave et si énergique au milieu des difficultés irritantes dont elle est menacée, Défendons nos droits par tous les moyens constitutionnels

puis: on nia mes assertions, quelque vraies qu'elles fussent; on élait trop près du dénouement fatal pour permettre l'ef. fet qu’aurait dû avoir la connaissance exacte des négociàtions d'Ottawa. On nia des choses consignées dans les an. nales parlementaires; d’autres discutées et décidées dans des conventions publiques; on nia tout ce qui pouvait être favo-

et soyons persuadés que le bon sens de nos compatriotes d’autres croyances, appuyés sur la constitution, formeront une digue inébranlable qui arrêtera les efforts de ceux qui voudraient nous nuire.

La lettre que je vous prie de reproduire mentionne des événements qui nous ont causé bien des alarmes. La Divine Providence a fait naître de ces événements un point d'appui, sur lequel reposent nos plus légitimes espérances. Que notre peuple se rende digne de Ja continuation de la divine assistance et nous n'aurons rien à craindre d’adversaires qui, s'ils nous connaissaient mieux, se montreraient plus justes et plus loyaux. L

Quoique disposé favorablement envers tout le monde dans la province, vous savez que je porte une affection particulière à ceux qui croient à la nécessité de soutenir nos écoles et de protéger notre langue.

Acceptez mes meilleurs souhaits et croyez-moi,

Votre tout dévoué serviteur, + ALEX,, ARCH. de Saint-Boniface, O. M. I. H Au Rédacteur du Free Press. 461 + Ÿ 751

Monsieur, — Au cours du mois d'août dernier, je vous ai'adressé une lettre que vous avez bien voulu publier et dont le but était de prouver qu'après tout, les idées des catholiques, au sujet de l'instruction religieuse à donner dans les écoles, sont en parfaite harmonie avec l'opinion publique en Angleterre sur le même sujet. Les conclusions dé lä Commission Royale, que j'ai citées n'auraient pas pu être bien différentes, lors même qu’elles auraient été préparées sous la direction d'un concile d'évêque catholiques. Cette lettre n’a point été réfutée; au contraire, j'ai raison de croire qu'elle a produit l'effet désiré et qu'elle a convaincu plusieurs de l'à-propos et même de la nécessité de l'enseignement religieux dans les écoles élémentaires, et ce, durant les heures d'école et par les professeurs eux-mêmes.

Aujourd'hui, je prends la liberté d'écrire de nouveau, avec la pensée"dé prouver que les droits réclamés par lès Catholiques de Manitoba ne sont pas Souiement IC résultat d'un acte passé en parlement, Mais sont, SUSSi parue d'u atrañgement où traité conclu entre la Puissance du Canada et Ts Habitants de 11 Rivière Rouge AVANT l'almussion de notre prôvince dans IA confédération, et ce, à la demande expresse et sous la direction tirimediaté dés "autontes Tmpériales, 81 bien que l'acte de Manitoba n'est pas autre chose que l'expression légale à Hotte et privileges obtenus avant sa passation, DO 2 : :

Qüé Ton "me permette Me passer en revue une page de notre histoire,

e dr qui n'est peut-être pas suffisamment cConnte. En 1868, deux délégués du gouvernement canadien, Sir Georges Car-

rable à nos écoles. On voulait consommer une iniquité, on s'appuys sur des assertions fausses et mensongères. Pendant ce temps, la population catholique, de plus en plus alarmée, se réunissait en assemblées” nombreuses; partout on signa des “pétitions, que l'on adressa “AT Législature, mais qui ne firent aucun elfet, pas même celui de porter

rasé 74 en te 25 à EUR aan Vote Ad RE ne oc Anna

tier et l’hon Wm. McDougall, furent envoyés en Angleterre, pour négOCIEr AVE -FONVEMEMENE-MANEMTAT ET TA ÉOMpAUNE Ne Ti Baie d'Hud-

son, les conditions de l'acquisition de la Terre de Rupert et des Territoires du Nord-Ouest par le Canada. Après de longues délibérations, les parties intéressées arrêtèrent les conditions du transfert. Pendant ce temps Lord Granville, alors secrétaire d'Etat pour les colonies, tout en $e réjouissont béaucoup d'un arrangement auquel il avait si puissamment contribué, éprouva un certain malaise, au sujet de la position future des anciens habitants di pays. Pour calmer Cette irnquietude, lé noble 16174 adréssi à Sir Young, alois gouverneur du Canada, une dépêche, en date du 10 avril THÉ. à laquelle j'emprunte le passage suivant : « Je » SUIS convaincu que votre gouvernement n'oubliera pas l'attention qu’il » faut donner à ceux qui peuvent etre exposes DIONOE à de nouveaux an. gèrs ét qui au cours dés établissements Seront dépossédés de Îerres » qu'ils ont l'habitude de régarder come leurs € a qui seront réduits » pdt It à dés limites qu'ils trôuveront trop étroites. To

» Votre -pouvérnément, 7" j'én "suis pérsuadé, N'a jamais cherché à se » soustraire à ses obligations envers ceux dont les droits incertains et » les moyens primitifs d'existence sont restreints par Fapproche de la » civilisation Je suis certain que votre gouvernement n'agira pas diffé » remment dans le cas actuel, mais qu'au contraire les anciens habitants du pays seront trailés avec tant de prévoyance et de considération, qu'ils seront prémunis contre les dangers du changement qui se prépare et qu'ils seront satisfaits de l'intérêt amical avec lequel leurs nouveaux gouverneurs s'intéresseront à leur bienêtre. » a" rer Le conseil qui tombait de la plume d’un homme d’Etal dussi distingué da l'Angleterre méritait une attention qu'on ne lui accorda pas. Le parlement du Canada fit des lois et autorisa des arrêtés en conseil

k gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, et ce, sans faire au-

cune mention des anciens habitants. La Puissance canadienne comptait déjà ses habitants par millions; son gouvernement avait l'appui d'une forte majorité dans les deux chambres; l'opinion publique était en lui, pourquoi tenir compte des quelques milliers de colons qui habitaient les bords de la Rivière-Rouge et qui en définitive gagneraient tant au changement projeté ?

Les résultats de ce péché d'omission furent déplorables, les troubles

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de T8bU et IB7U an ont cité la conséquente inmediate et Lord Granville kRreconnan luimième, dans une dépêche du 30 novembre : « Le gou-

» parties intéressées, entreprit de faire certains arpentages… Mais le » gouvernement, après avoir, par cette mesure, occasionné les troubles. > semble maintenant réclamer le droit. d'imposer au gouvernement de

à mettre des formes moins odieuses où un semblant de convenance dans la conduite arbitraire que l’on allait tenir.

Ne voulant rien avoir à me reprocher, je demandai une

» Sa Majesté la responsabilité de faire cesser la persistance qui s'est » manifestée, »

Pour remédier au mal, le secrétaire d'Etat pour les colonies, télégraphiä aù gouverneur général, Jui conseillant nission d'une proclamation au nom de Sa Majesté afin de "calmer Tinquiétude "des Céprits. Dans cette proclamation du 6 décembre 1869, on lit :

« … Sa Majesté me commande de vous dire qu’elle sera toujours » prête, par ma voie, comme son représentant, à redresser tous les griefs » bien fondés, et qu'elle m'a donné instruction d'écouter et considérer » toutes plaintes qui pourraient être faites ou désirs qui pourraient m'ê- » tre exprimés en ma qualité de gouverneur-général.

» .… Par l'autorité de Sa Majesté je vous assure donc que sous l'union » avec le Canada, tous vos droits el privilèges civils et religieux seront D EBPÉCÉéS. LT TT TT PTT

Lotd Granville, après avoir pris connaissance de la proclamation et confiant dans le bon vouloir des autorités canadiennes, écrivit comme suit à Sir John Young, le 8 janvier 1870 : « Je remarque avec beau- » coup de satisfaction le vif désir manifesté par le gouvernement ea- » nadien d'éviter toute collision avec les insurgés de ia Rivière-Rouge » et d’épuiser tous les moyens d'explication et de conciliation avant » de recourir à La force. »

Malheureusement, la difficulté des communications empêcha tont d'abord que Ia connaissance de la proclamation parvint aux paris iniéressés au Foit Garry. D'un äütre coté, IA mème diticullé de Commuüunicatiôn laissait dans üné grande incertitude les représentants du gouvernement canadien à Pembina. Ces derniers, croyant que tout se eontinuait à Ottawa: et en Angleterre, comme on en était convenu, à leur départ de la capitale canadienne, erurent qu'il n'y avait pas autre chose à faire qu'à proclamer le transfert du pays et à pénétrer de force dans le Nord- Ouest. Ils agirent en conséquence, mais les résultats ne répondirent pas à leur attente, et les difficultés s’accrurent à un point si regrettable que lord Granville s’exprima comme suit en écrivant au gouverneur-général,

en date du 26 janvier 1870 : « Je regretle encore bien plus sérieusement » 14 proclamation émance par Me Honeall et la commission envoyée » par Tüi au corônêt Dennis." Ces”procèdes né rendent pas Ie-ponvermrement » dé Sa Majesté moins désireux de rétablir la tranquillité sons l'auto- » rité de la Puissance, mais ils ont certainement augmenté la responsa- » bilité du gouvernement canadien. » 77

Les troublés "avant ASSUME Un aspect si dangereux que les autorités fédérales demandèrent l'assistance d'hommes que l'on savait ‘posséder

la confisnce des ncontents. M le Grand Vicaire Thibault et Je colonel de Salabérry füremt envoyés à Fort Garry pour assurer Ta” population

messes qu'il m'avait fait transmettre par mon Vicaire-Général, deux ans auparavant: j'avais promis le secret, je ne vou: lus pas le violer devant trois témoins. Je parlai de tout le reste. Sans être physionomiste, je pouvais lire sur la figure de mon interlocuteur : « Vous avez raison, mais je ne le ferai pas». Il fit pourtant quelque chose. Abusant de la délicatesse avec laquelle je l'avais traité, en ne lui infli-

des bonnes dispositions du gouvernement à son égard. Quelques jours plus tard, Donald A. Smith (maintenant Sir Donald) fut envoyé comme commissaire spécial. Ces messieurs devaient agir conjointement avec le gouvérneur Mactavish pour assurer la pacification du pays et conseiller aux anciens colons d'envoyer des délégués à Ottawa, pour y faire Connaïlre leurs désirs ef ce dont on sé plaignait. M. le Grand Vicaire Thibault devait distribuer de nombreux exemplaires de Ia proclämation du 6 décembre 1869; seulement 8e instructions loi enjotgnaient de ne faire cette distribution qu'après en Avoir conféré avec Fhon. Wni MéDoügall, que les ‘autorités croyaient encore à Pémbina. ‘Il tait part, M. Thi bault ne put pas le voir, et le colis renfermant Ta proclamation fut déposé à Pembina en aftendant d’autres instructions. TT

Les trois messieurs venus d'Ottawa firent tout en leur pouvoir pour établir la confiance dans les autorités canadiennes. Une réunion de quarante représentants des différents districts de la colonie de la Hivière- Rouge, convoquée au Fort Garry pour le 25 janvier 1870, dans le but d'examiner la commission doñnée à M: Smith et de décider ce qu'il y aurait de mieux à faire pour l'avantage du pays. Cette « Convention » se réunit, et sous la présidence du juge John Black, discuta jusqu’au 10 février les affaires pour lesquelles elle "avait été convoquée. On rédigea un document dit: Liste des Droits, (Bill of Rights), qui serait présenté aux autorliés Canadiennes. Par une résolution votée à l'unanimité, la « Convention » accepta la proposition qui lui était faite d'envoyer des délégués à Ottawa.

Les procédés de cette « convention » se terminèrent par la formation

autres dignitaires. : l

"Le" président de ce gouvernement provisoire fit connaître à la « convention » le choix qu'il fait de trois délégués devant aller à Ottawa pour négocier les affaires du Nord-Ouest et le secrétaire d'état informa officiellement ces messieurs du choix que le président du gouvernement provisoire avait fait d'eux. Suit la copie de la lettre à l’un des délégués :

Fort Garry, 12 février, 1870.

» Révd. J. Ritchot.

Tr mn » Saint-Norbert, R. R.S.

» Révérend Monsieur, — «J'ai ordre de vous informer que vous avez » été choisi par le président des Territoires du Nord-Ouest, comme co- » commissaire avec John Black et Alfred Scott, Ecuyers, pour traiter

geant pas la confusion qu'il aurait éprouvée, si je lui avais rappelé ses promesses, il nia plus tard les promesses el. les-mêmes, si bien qu’il fallut avoir récours aux déclarations

monenne carie

solennelles des deux témoins pour détruire ses néga!ions. L'Assemblée Législative se réunit le 30 Janvier, vec les

TE

résultats que j'ai indiqués au cours de la quatrième phase de . ce récit. C’est pendant cette session que j'ai nourri le faible

» avec le gouvernement de la puissance du Canada des conditions d'entrée dans la Confédération.

» Je suis, Révérend Monsieur, » Votre ohbéissant serviteur, » (Signé) Tomas Bunn, » Secrétaire. »

Malheureusement, les troubles n'étaient pas finis, bientôt de regrettables circonstances amenèrent de nouvelles complications et empêchè-

rent d'accomplir ce qui avait élé décidé. La délégation fut différée,

et la liste des droits mise de côté.

En même temps, on demandait à Mgr Taché de se rendre, lui aussi, à Fort Garry. A Ottawa, on remit au Prélat Ta proclamation du gouverneur-général, du 6 décembre précédent, avec prière de la remettre aux insurgés, pour les déterminer à faire connaître à Son Excellence les griefs, plaintes ou désirs qu’ils pouvaient avoir. On attachait une importance spéciale à la délégation, et pour en faciliter la venue, Sir John A. Macdonald, dans sa lettre à Mgr Taché, en date du 16 février 1870, disait : « Dans le cas où une délégation serait nommée pour venir à » Ottawa, vous pourrez assurer les délégués qu'ils seront bien reçus, » que leurs suggestions seront pleinement considérées. Leurs dépenses » d'aller et de retour et pendant leur séjour à Ottawa seront défrayées » par nous »

Ce document est un peu long; mais comme il n’a jamais été publié,

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espoir que le premier remède indiqué par la Constitution serait peut-être mis en usage. ( Ce préventif aurait eu l'effet de retarder et peut-être de tuer le mal à son origine. Parmi ceux qui nous accusent de ne pas avoir fait notre devoir à Mani.

toba, j'aimerais bien à connaître ceux qui se sont préoccu:

que je sache, sa valeur historique ne peut pas manquer de le rendre intéressant.

Munis de ces pièces les délégués se mirent en route pour Ottawa, laissant le Fort Garry le 24 mars.

« John Black, Ecuyer.

» Monsieur, — Le président du gouvernement provisoire d’Assiniboia, » en conseil, vous met par les présentes en autorité et délégation, vous John « Black, Ecuyer, en compagnie du Révérend N. J. Ritchot et de l'ho- » norable A. Scott, afin que vous vous dirigiez à Ottawa, en Canada, » et que là vous placiez devant le parlement canadien la liste qui vous » sera confiée avec les présentes; liste qui contient les conditions et les » pivpositions sous lesquelles le peuple d'Assiniboia consentirait à entrer en confédération avec les autres provinces du Canada. »

» Signé ce vingt-deuxième jour de mars, en l'an de NotreSeigneur, mil huit cent soixante-dix. »

» Par Ordre. »

(Signé,) THOMAS BUNN. »

« Secrétaire d'Etat. »

« Siège du gouvernement, Winnipeg, Assiniboia. »

(Suit la liste des Droits que j'omets ici: on la trouve dans la phase deuxième d'une page d'Histoire des Ecoles du Manitoba déja donnée).

Pendant que ce qui précède se passait sur les bords de la Rivière Rouge, une grande inquiétude et un grand malaise continuaient à prévaloir, tant à l'office dés colonies de Downing Street qu'à Ottawa; on échangea de nombreuses dépêches, tant écrites que ETéranRies. Celles que je vais citer peuvent donner une idée de ce que l'on désirait, espérait et craignait en hauts lieux.

Le 25 mars, Lord Granville télégraphiait à Sir John Young : « Le gon » vernement de Sa Majesté donnera l'assistance militaire proposée, pour » vu qu'on accorde des conditions raisonnables aux colons de la Ri- » vière Rouge. »

Le 17 mars, le même télégraphiait au même : « Lorsque vous saurez » que les délégués sont partis de Fort Garry, faitesle-moi savoir par » télégramme. »

Sir F. Poser, sous-secrétaire d'Etat pour les colonies, écrivait le 22 mars : « Les troupes ne doivent pas être employées pour imposer la

“a Hiière

» souverairièté du Canada à là population dé ÎVière-Rouge, si cette » AEATOTE ETES A TAROT pnenenEEEERen

LETT avnil, pouverneurgénéral télégraphiait à lord Granville les pénibis" nouvelles” suivantes : "« Smith et afrnivé 1 du Foit Garry, appor- J'EN AE Mauvaises HoUveRes. Ut Canadien -appeté-Suott-a été par or-

» dre de Hiel, jugé par une cour martiale et TUSillé en vüe, suppose

» DE, dé compromettre Ts partisans dé Fuel avant l'arrivée de M£r Ta-

ÿY

pés du remède dont je parle et les efforts qu'ils ont faits pour qu'il fût employé. Dans l'ignorance où je suis de ce qui s'est fait ailleurs à ce sujet, il me faut me borner à dire ce qui s’est fait ici.

L’Article 55 de l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord,

NOR CUS 7 Renan Dpt por upper 28 ana mr A er am

» ché. On dit que les délégués sont en chemin, mais il est bien clair » que Riel ne cédera qu'à la force. Les choses ont, selon moi, un bien » mauvais aspect, »

Le 7 avril, le gouverneurgénérai télégraphiait encore : « Le dernier » des délégués est attendu à Saint-Paul, jeudi, le 14, les autres sont » arrivés là aujourd’hui et pourront se rendre à Ottawa samedi, le 9. »

Quelque alarmantes que fussent les nouvelles reçues, le comte Granville avait encore confiance dans les négociations qu'il avait conseil lées avec tant de persévérance, et le 9 du même mois, il télégraphiait au gouverneurgénéral : « Faites-moi connaître aussitôt que vous pour- » rez par télégramme le résultat des négociations avec les délégués de la » Rivière-Rouge. »

D'après tous ces documents, il est évident que le gouvernement de Sa Majesié n'avait aucun désir d'imposer dé force souvéraine u Canada sur les colons de TAssimibüid, Mais que le gouvémement ctaut très ankièux d'arriver à uit -arrangement “amical pars des HOZOCANONS avec les délégués. Pas besoin n'est d'ajouter que tout ceci était dit et fait dans une bonne foi parfaite de la part du ministre des colonies et

que le gouvernement de Sa Majesté avait Tintention de S'obliger à proté-

ger et à sauvegarder Îles arrangements oblenus; "non Seulement avec &a

sanction, mais même à sa demande explicite et souvent répétée.

Les deux premiers délégués AT ÉTEn à Ottawa 16 IT SANS égard pour ce Qui avait été dit et promis, 118 furent appréhendés comme des crimipels. Cet incident qui aurait pu entraîner Le complications désasireuses, augmenta l'inquiétude de lord Granville qui télégraphia de suite au gouverneur-général : « l'arrestation des délégués at-elle été autori- » sée par Je gouvernement canadien? Envoyez ample information par » télégramme. » -

Sir John Young répondit le lendemain : « L'arrestation des délégués

» n'a pas été autorisée par le gouvernement canadien. » Le 23 du même mois dant lord” Granville fl au gouverneur-géné. ral la déclaration suivante : « Le gouvernement du Canada devra ac-

» Cepler la décision du gouvernement de Sa Majesté sur tous les points

» Contenus dans la « Liste des Droits. » | Le même jour les négociations commencèrent à Ottawa. Sir Jobn A.

MacDonald et Sir Georges Cartier "a nom du gouvernement du Canada, avec les trois gués du : Cette première entrevue né ut que preimmaie. De lundi 25, les enx honorables ministres et les trois délégués se réunirent encore, Les délégués insistèrent pour qu'on les reconnût officiellement et par écrit et déclarérent que la Liste des Droits qu'ils avaient apportée avec EUX, était la base unique sur laquelle ils étaient autorisés à traiter avec le gouvernement Fédéral. On fit des objections, mais après une lon.

ad

1867, expliqué par l'Article 90 et appliqué à Manitoba, peut se lire comme suit :

Lorsqu'un Bill voté par la Chambre sera présenté au Lieufenant-Gouverneur, pour la sanction de la Reine, le Lieutenant-Gouverneur devra déclarer à sa discrétion, mais sujet aux dispositions

gue discussion, il fut décidé, que le lendemain on donnerait aux délé. gues ane Féconnaissqute écrile de leur position officielle et qu'eux de leur côté produiraient la Liste des Droits qu'ils réclamaient.

Le 26, nouvelle réunion, la lettre promise fut donnée par les honorables ministres, Tes délégués Tournirent leur Liste des Droits: pratiquement ce fut le premier jour des négociations officielles qui durèrent jusqu'au 3 mai Un fra perdant 00 Tome Tes PONTS principaux des réclamations, TaSant certains détails à être réglés plus tard, et de fait les négociations se prolongèrent jusqu'au mois de juin.

IF est”péu Connu qué œtté nouvelle Listé des Droits ait été prise pour base des négociations, c'est pourtant æ qui a eu lieu.

Et plusieurs points accordés, tels qu'exprimés dans l’Acte de Manitoba, n'étaient contenus dans aucun document si ce n’est dans la Liste des Droits présentée par les délégués.

L'article ler de cette nouvelle Liste des Droits renferme une clause aussi importante que nouvelle, c'ést la demande de l'établissement immédiat d'une province, embrassant fous Tes Territoires du Nord-Ouest d'alors ‘avec tous IeS privilèges et tous les rouages d'un gouvernement provincial, y compris un ministère responsable, Cette proposition ne plut pas tout d’abord, mais on finit par l'accepter, tout en réduisant ja province demandée, “à de ‘bien Broïtes Minites

L'article 1ime donna aussi occasion à de longs débats; il réclamait pour la législature de La nouvelle province, le contrôle de toutes les terres de tout le Nord-Ouest, Le gouvernement impérial comme le gouvernement canadien refusèrent d'acquiescer à cette proposition. Comme compensation à ce refus et pour satisfaire les métis qui en avaient fait la demande, on offrit de donner 1,400,000 âcres de terre à leurs enfants, avec l'entente d’octroyer plus tard quelques terres aussi aux parents de ces enfants et aux anciens colons.

La question des écoles séparées, telles que demandées à l’article 7 de la dite Liste des Droits, fut prise en considération. On assura les délégués, que non seulement ils auraient à cet égarà le bénéfice des elauses de « l'acte de l'Amérique Britannique du Nord »: mais que de plus ils pourraient être certains et assurer au peuple de la Rivière-Rouge, que des écoles séparées leur étaient garanties.

L'usage de la langue française, comme langue officielle fut aussi accordé, tellé que demandé à l’arucle 16 dé la liste” des droits. De plus, ün prômit de se souvenir dans la pratique de ce qui était demandé à cet égard aux articles 17 et 18. Et de fait ceci a eu lieu, si ce n'est d’une manière identique à la demande, du moins de manière à satisfaire les intéressés.

Tous les acticles de la liste des droits, ayant été examinés, acceplés, . modifiés ou rejetés à la satisfaction de ceux qui négociaient, le gou-

du présent Acle (ainsi qu'aux dispositions de l’Acte de Manitoba)

Le Lieutenant-Gouverneur, on le voit, a donc à choisir en-

Re os Re

tre trois alternatives, et ce choix, il devra le faire à sa dis-

verneur-général télégraphia à Lord-Granville, le 3 mai : « Négociations avec » les délégués términées d'une manière EN me

Ces négociations ävaient été demandées, avaient mème été sollicitées par les autorités impériales et fédérales. Le gouvernement de Sa Majesté avait même exigé du gouvernement du Canada, qu'il accepterait les décisions du gouvernement impérial sur tous les points de cette Liste des Droits. Un envoyé spécial s'était rendu à Ottawa pour surveiller les délibérations, et quand on télégraphia à Londres que « négociations sont » terminées d’une manière satisfaisante », cela doit signifier que le gouvernement de notre Bien-Aimée Souveraine a sa part de satisfaction, et qu'il verra à ce que les arrangements convenus soient menés à bonne in et qu'aucune autorité inférieure n'aura le pouvoir d'en éluder les obligations.

Lord Granville exprima luimême sa satisfaction an écrivant à Sir

Johñ Young 7€ .7J8 SüS bien aise d'apprendre qu'on a promptement re- » jeté les procédures ado és CORTO TéREV--M-FUEENSE 8 M Scott, »et qu'elles n'ont pas été renouvellées, ét je prohle de cette Ciiconstance » pour exprimer la satisfaction avec laquelle j'ai appris par votre télé- » gramme du 3 courant, que le gouvernement canadien et les délégués se » sont entendus, quant aux conditions auxquelles les établissements sur » la Rivière-Rouge devront faire partie de la Puissance... »

Tout ceci est antérieur à la passation de l'Acte de Manitoba. C'est un tralté entre deux parties contractantes, placées toutes deux sur un certain pied d'égalité, puisque le gouvernement de Sa Majesté avait déclaré « qu'on n'emploirait pas de troupes pour forcer la population de » la Rivière-Rouge à accepter la souveraineté du Canada, si toutetois » elle me voulait pas l’admetire. »

La bonne foi publique et les lois interprovinciales, à part même de l'Acte de Manitoba, doivent assurer aux partis intéressés leurs privilèges et droits tels qu'établis par les négociations ci-dessus mentionnées.

Avant de consommer l'union avec la nouvelle province, il fallait au cahinet d'Ottawa demander à la législature de la puissance, si elle ac- Ceptait sa part des obligations spécifiées dans les négociations, ow si elle aimait mieux renoncer à l'acquisition du Nord-Ouest. Un projet de loi fut préparé à cet effet, introduit aux communes par Sir John A. Mac- Donald, discuté pendant plusieurs jours, puis devint loi par le vote du sénat et des communes, et la sanction du gouverneur-général. C’est l'acfe où loi de Manitoba.

Cetté"TOT "Etant Une loi fédérale, ne peut pas être modifiée par la légs lature de Manitoba, s1 ce n'est dañs IS points indiqués par l'acte ui-

même. "De plus, “cétte loi a recu la sanction du gouvernement impé Hal, par conséquent les "droits et privilèges qui ÿ Sont OCItTOYÉS dE

crétion, sujet pourtant aux instructions du Gouverneur-Général. Quelles sont ces ‘instructions ? sont-elles communes à tous les Lieutenants-Gouverneurs, où sont-elles des instructions spéciales, secrètes et particulières à tel Lieutenant-Gouverneur de telle province? La foi ne le dit pas, mais il est difficile de croire que la loi ait eu en vue des instructions spéciales dans tel ou tel cas, car alors le Lieutenant-Gouverneur

vent être respectés, à moins que l'inviolabilité des traités et des Lois constituant une province, ne soient considérée comme chose de rien.

Pour faire une application directe aux questions du jour, je dis que la législature de notre province n'a pas le pouvoir de priver qui que ce sait des droits el privilèges stipulés par Les négociations d'Ottawa ct par l'acte de Manitoba au sujet des écoles et de la langue française. Elle n'a pas plus ce pouvoir que celui de briser les liens qui unissent cette province à la Puissance ou d'enlever aux habitants de la province, les terres qu'ils possèdent en vertu du même acte.

CONCLTSIONS

Après avoir donné d'une manière très succincte l'histoire de l'admission de [a province de Manitoba dans la confédération canadienne, je prends la liberté d'énoncer les conclusions suivantes qui me paraissent tout à fait naturelles.

1. Si tout d'abord on avait suivi le conseil donné par lord Granville, on aurait évité les difficultés de la Rivière-Rouge. Puissent des avis analogues, qui se donnent aujourd'hui, avoir assez de poids auprès de nos législateurs, pour leur faire éviter de donner lieu à des complications imprévues!

2. On ne peut sans danger, ni impunité priver une minorité de droits acquis qui lui sont chers.

8. Une fois engagé dans une fausse direction il est plus sage et plus expédient de se désister que de persévérer dans cette fausse voie.

4, Des négociations ouvertes, continuées et conclues sous la direction des aviseurs de Sa Majesté doivent être considérées comme assez importantes pour ne pas être répudiées à la légère.

5. Les droits d’une partie de la population de Manitoba, à l'usage de sa langue et aux Ecoles Séparées, ayant été reconnus par des lois fédérales et impériales, sont par là même des droits constitutionnels et ce serait certainement une détermination bien grave de la part des autorités provinciales que de songer même à les amoindrir.

Acceptez, Monsieur, mes remerciements pour votre bienveillance, et permettez-moi de vous souhaiter, à vous et à vos nombreux lecteurs, joyeux Noël et heureuse année.

Votre obéissant serviteur,

(Signé,) f ALex. ARrCH.

de Saint-Boniface, O. M. I.

Saint-Boniface, 22 décembre, 1889.

ne serait pas laissé à sa discrétion, ce que la loi dit pourtant explicitement, On peut juger par là qu’il s'agit d'instructions communes. Sans les connaître, il me semble qu'elles doivent porter sur l'intérêt général ‘du pays, sur l'autorité de la Reine et de son parlement, sur l'autorité aussi du Parlement Fédéral ainsi que sur la Constitution qui régit chaque Province. Le moins que l’on puisse dire c'est qu'au 31 Mars 1890, il y avait un doute sur la constitutionnalité | des les actes ‘qui & enlevaient à la minorité les droits el privilèges dont elle jouissait par rapport aux écoles et à l’usage de la Langue Française. Pour moi, le respect d dû à à ces droits acquis et garantis ne faisait pas même un doute et je regardais la chose comme assez ‘cerlaine pour permettre au Lieutenant-Gouverneur de déclarer qu’il refusait la sanction de la Reine, ou au moins qu'il réservait le Bill pour la signification du bon plaisir du Gouverneur-Général. Je pris la respectueuse liberté de communiquer mes vues à Son Honneur; j'insistai pour qu'il prit . la chose en sa plus sé sérieuse considération; je regardai cette réserve comme propre à conjurer bien des malheurs et à épargner bien des embarras. Je rappelai la conduite du Lieutenant-Gouverneur Cauchon, qui avait réservé un Bill identiquement semblable à l’ün de ceux dont il était question; celui relatif à l'usage officiel de la langue française. J’ajoutai que je savais que l'Honorable Monsieur Cauchon s'était toujours félicité d’avoir tenu cette conduite et qu’il n'avait jamais eu à s’en repentir.

Animés du même espoir que moi, les six membres français de l'Assemblée Législative avaient présenté au. Lieutenant. Gouverneur deux mémoires; le premier, contre l'abolition de l'usage de 1a "Tangerine fut remis à Son Honneur le 27 Mars: l'autre, au sujet d au sujet des écoles, le fut le 28 Mars. Ces

Re SUR IL, 6 SO UE, mémoires avaient été préparés par l'Honorable Monsieur Prendergast. Les deux documents n’eurent point d'effet à Winnipeg, mais Son Honneur les transmit à l'Honorable Secrétai-

re d'Etat le 81 Mars, jour même de Ta "clôture. Jasqu'au

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