VII. — Vers l'Abime
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dernier moment nous avons nourri l'espoir que les Bills seraient réservés. C’est la sanction elle-même qui dissipa cette illusion et la déception fut d'autant plus cruelle que le Lieute-
nant Gouvernêur réserva déux autres “Bills qui venaient d'être passés dans la même session. !'Ces derniers actes avaient trait tous deux aux arrérages de taxes; évidemment leur importance et leur inconstitutionnalité étaient loin de l’emporter sur celles des actes d'écoles ou de l'acte proscrivant l'usago officiel de la langue française. Son Honneur fut le premier à faire l'application de ce dernier acte, qu'il venait de sanctionner; pour la première fois depuis la création de la Province, le discours du Trône ne fut pas lu en français. L’œuvre de destruction était consommée, en autant du moins que la Législature de Manitoba est concernée. Les auleurs de ce crime politique et constitutionnel purent se dire :
Tout est gagné, hors l'honneur!
Hors l'honneur pour ceux qui venaient d'agir: qui venaient de violer les promesses et les assurances les plus positives.
?- fl: PRIS 20 — LE DÉSAvEU.
Toul espoir était ravi dans Manitoba, les opprimés tournèrent naturellement leurs regards vers Otiawa. Ils Ie firent par des pétitions dont Ja prière finale avait Sa variante qui en définitive tendait au même but, le redressement des injustices légales. 4 A
Le 7 Avril, les’ Membres de la Section Catholique du Bureau d'Education se réunirent en assemblée et adressèrent de suite une pétition au Gouverneur-Général en Conseil. Ce document, rédigé dans la forme la plus concise possible, indiquait les quatre points, dont j'ai fait l'historique dans les quatre phases précédentes de cette étude, et concluaient par ce qui fait l'objet principal de cette cinquième phase et la prière faite était celle-ci :
La Section Catholique du Bureau d'Education dans et pour la Province de Manitoba prie très respectueusement et très ardem:ment Son Excellence le Gouverneur-Général de désavouer les actes passés, pour toule fin et objet.
La pétition fut signée par l'Archevèque de Saint-Bonifacé, Président, et par M. T. A. Bernier, Surintendant. La mpétition fut remise au Lieutenant-Gouverneur qui la transmit officicllement à Ottawa et elle appert dans les documents de la session.
Le 14 Avril, l’Honorable 3, E. P. Prendergast remettait à l'Honorable Secrétaire d'État une pétition signée par 8 membres de ia Joyale opposition de Sa Majesté, dans le Parlement de Manitoba, se plaignant des actes passés pour abolir l'ancien système d'éducation et le remplacer par un système nouveau qui privait les Catholiques de leurs droits acquis et garantis. Les pétitionnaires affirmaiént que pour des raisons, longuement développées dans l’appendice D attaché à leur pétition, ils regardaient ces actes comme Ultra vires et ils priaient : TT
Son Excellence de vouloir bien prendre telle action et accorder tel soulagement et remède que Son Excellence trouverait convenable et juste.
Les Honorables Girard, sénateurs, et La Rivière, M. P., attachèrent leurs noms à cette pétition.
Me souvenant du rôle qu'un Gouverneur-Général m'avait prié de jouer en 1870, je crus de mon devoir et de mon droit de rappeler ces événements à Son Excellence, le quatrième successeur de Lord Lisgar. Le 12 Avril, j'adressai un mémoire à Lord Stanley à l'effet de rappeler quelques-unes des promesses faites, non seulement au nom du Canada, mais bien au nom de Sa Majesté et cela par son Représentant immédiat, qui m'avait assuré qu’il n'agissait pas seulement comme Gouverneur-Général, mais bien comme honoré par Sa Majesté d’une mission spéciale ad hoc. Mon mémoire, accompa-
gné de pièces justificatives, se terminait par une prière adressée non au Gouverneur-Général en Conseil, mais bien au Représentant de la Reine, dans l'espoir que Son Excellence pourrait peut-être nous donner un secours spécial, à raison des promesses spéciales qui m'avaient été faites à moi et à la population au nom de la Reine et de son Gouvernement Impérial, et je disais :
Je prie donc très respectueusement et très ardemment Votre Excellence, comme le Représentant de notre hien-aimée Reine, de faire telle démarche qui, dans votre sagesse, vous paraîtra le meilleur remède contre les maux ci-dessus menlionnés et ceux que les nouvelles lois préparent dans cette partie des domaines de Sa Majesté.
Ce mémoire et les appendices A. B. C. D. qui l’accompagnaient ont été insérés dans les documents p Ne ES ami, Rene Laflèche, nous préta le