‹ Les écoles du nord-ouest canadienChapitre 80 sur 127 · VIL. — Vers l'Abîime · texte numérisé non relu

VIL. — Vers l'Abîime

avait été choisi et adopté par la Section Protestante du Bureau d'Education.

J'atiire l'attention du lecteur sur ce qui va suivre :

Les prières et la lecture de la Bible ne sont pas les seuls exercices religieux en usage dans les Ecoles Publiques, il y a, sous le titre de morale, toute une mine, que le professeur peut exploiter de facon à inculquer à ses élèves les convictions religieuses qui l’animent lui-même, tout comme la chose se faisait dans les Ecoles qui portaient autrefois le nom d’Ecoles protestantes. Pour preuve de ce que j'avance, je livre à l’examen des hommes sérieux le rapprochement, ou mieux, la similitude qui existe e entre ] les les règlements prescrits par l'Ad-

ViSOTY Board, dans les Ecoles « es dites Publiques d'aujourd'hui.

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PROGRAMME DES ÉTUDES POUR LES Écoces PUBLIQUES PROTES- TANTES DE MANITOBA, REVISÉ EN Mar 1889.

MORALE : — (a.) Devoirs envers soi-même.

{b.) Devoirs envers le prochain.

(e.) Devoirs envers l'État.

(d.) Devoirs envers les ani-

maux.

Pour établir la coutume de bien faire, l'enseignement des principes de la morale doit être accompagné de la formation aux pratiques de la morale.

L'influence et l'exemple du

professeur,

les incidents journaliers,

les traits historiques,

les anecdotes intéressantes,

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PROGRAMME DES ÉTUDES POUR LES Écozes PUBLIQUES DE MANITOBA, ADOPTÉ EN SEPT, 1894, ET MAIN- TENU LE 4% SEpr. 1892.

MoRaLe : — (a.) Devoirs envers soi-même.

(b.) Devoirs envers le prochain.

(e.) Devoirs envers l'État.

(d.) Devoirs envers les ani-

maux.

Pour établir la coutume de bien faire, l'enseignement des principes de la morale doit être accompagné de la formation aux principes de la morale.

L'influence et l’exemple du

professeur,

les incidents journaliers,

les traits historiques,

les anecdotes intéressantes,

les sentiments inspirés par les lesons,

l'examen des motifs qui portent à agir,

les discours instructifs,

l'étude des Dix Commandements, etc.,

sont des moyens à employer.

les sentiments inspirés par les leçons,

l'examen des motifs qui portent à agir,

les discours instructifs,

l'enseignement des Dix Commandements, etc.,

sont des moyens à employer.

Il ne faut pas un grand effort d'imagination pour découvrir dans les lignes précédentes tout un assortiment d'’armes religieuses offensives et défensives, mises à la disposition de ceux qui ont mission d'instruire l'enfance; cette enfance si accessible aux impressions les plus variées, et plus apte qu'on ne le croit généralement, à saisir la pensée du maître et à subir les influences auxquelles elle est soumise. Règle générale, un maître forme des élèves qui pensent comme lui.

La certitude de ce résultat fait encore moins de doute quand un maître a pour se guider le programme précédent. Que nc pourra pas dire ‘un instituteur habile et zélé, chargé d'enseigner les Dix Commandements, ayant à son service son influence et ses exemples, relevant les incidents journaliers, racontant à ses élèves des traits historiques, des anecdotes intéressantes, insistant sur les sentiments inspirés par les leçons et l'examen des motifs qui portent à agir, faisant des discours instructifs, et ajoutant à tout cela un etc. (et cælera) gros, s’il le veut, comme sa pensée religieuse.

Tous ces règlements confiés à une personne intelligente et adroite, suffisent sous le Nouveau Régime, comme ils suffisaient sous l'Ancien, pour « l'introduction dans les Ecoles » d’un système d'Instruction Religieuse contenu dans la Bji- » ble et accepté par toutes les dénominations protestantes ».

Les règlements en usage dans les Ecoles Publiques modifient singulièrement les dispositions de l’Acte qui dit : « Les Eco-

» les Publiques seront entièrement non sectaires (non sec- » tarian) ». Ces dernières paroles n'auraient pas été acceptées comme criterium de vérité par les nobles Lords du Comité Judiciaire du Conseil Privé, si Leurs Seigneuries avaient connu cé qui se passe ici.

POPULATION SCOLAIRE. — Il y avait dans Manitoba, de par la loi, des Ecoles que les Enfants Catholiques pouvaient fréquenter consciencieusement. La nouvelle loi ne veut plus qu'il en soit ainsi, mais elle continue en faveur des Enfant(s Protestants les écoles qu'ils avaient autrefois. Les documents officiels constatent l’injuste distinction que la pratique ou application de la nouvelle loi introduit parmi nous.

Sous l'Ancien Régime, les Ecoles Protestantes n'étaient point pour les Enfants Catholiques qui n'y avaient aucun droit, et comme les Ecoles du Nouveau Régime, dites Ecoles Publiques, ne sont que la continuation des anciennes Ecoles Protestantes, il ne faut pas trop s'étonner de voir que les Enfants Catholiques ne comptent pas plus sous la nouvelle organisation qu’ils ne comptaient autrefois pour les Ecoles Protestantes. On peut pourtant témoigner sa surprise de ce que l’administration des Ecoles, qui se vantent d'être nationales, ne veut pas même constater l'existence d’une partie notable de la population scolaire de la nation. Ce que je dis ici semble incroyable et le serait en réalité, s’il n’était pas appuyé sur un document officiel dont l’authenticité est irrécusable : «Report of the Department of Education, Ma- » nitoba, for the year 1891 », adressé au Lieutenant-Gouverneur et signé par l'Hon. Daniel McLean, membre du Gouverrement et chargé par ce dernier du Département de l'Education.

Le tableau suivant, emprunté à la page 2 du rapport, cons-

tate l'exclusion systématique dont les enfants catholiques sont l’objet sous la nouvelle loi :

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