LETTRE OUVERTE DE MGR TACHÉ A M. TARTE AU SUJET DES ÉCOLES
D'autre part, à la date du 18 juillet 1893, je place une réponse de Mgr Taché à deux lettres ouvertes de M. Tarte, parues dans l’Electeur, n°° du 5 et 6 du même mois, dans lesquelles M. Tarte disait qu'entre qu'entre l'archevèque de Saint-Boniface et lui il existait un malentendu au sujet de l’interpolation de < certains incidents "qi nis qui l'avaient”précede" Tes "tlec- |
tions de 1891.
Mgr Taché débute par quelques explications étrangères à
la question scolaire, et devenues aujourd’hui sans grand intérêt; je les passe sous silence pour ne retenir que les passages ci-après relatifs à certaine lettre pastorale collective in-
existante, à des provocations chimériques, promesses d'am:
nistie fallacieuses et contraires à la constitution. Sur ces su-
jets divers le vénérable prélat écrivit ce qui suit :
d'une manière où d'une are, par des promesses en son D no, vous me dites : « Vous avez ajouté foi à ce point que la lettre collective que Nos Seigneurs les Evêques du Canada devaient signer et publier ne vit pas le jour. »
Evidemment, en parlant ainsi, vous ne vous doutez pas de la réponse que vous me forcez de vous donner. Eh bien! Monsieur, je dois vous dire que cette fameuse lettre pastorale dont on à tant parlé, n'a jamais existé à ma connaissance du moins. Moi, pour un, ét VOUS avez insinue que j'en étais l'auteut, jé h'ai jamais vu cette lettre; je n’en ai jamais entendu parler par aucun évêque, ni par qui que ce soit en leur nom. ,
Veuillez me comprendre, cette prétendue lettre pastorale et les prétendues négociations sont les sources d’où gnt coulé toutes les erreurs qui sont la cause du malentendu que nous nous efforçans d'exliquer. J'ai déjà nié d'une manière formelle et explicite l'existence dé négociations entre le gouvernement et moi, jé nié d'une manière aussi formelle ét aussi explicite l'existence où le projet d'une lettre pastorale que Nos Seigneurs les Evêques devaient signer avant les élections ; je ne connais rien de ce document, en au tant, du moins, que les évêques sont concernés.
Comme vous, comme bien d'autres, j'ai entendu parler de cette prétendue lettre, on est venu m'en entretenir, on m'en a écrit. Les uns demandaient la chose comme un remède efficace, d’autres, au contraire, y voyaient un danger; je sais qu’on en a parlé à Mentréal, à Québec, Ottawa et ailleurs; néanmoins, il faut bien convenir, monsieur, qu'une fausse affirmation ne devient pas vraie à fcice d'être répétée, même en pleine tourmente électorale. Je ne suis pas surpris que vous ayez cru à l'existence de ce prétendu document. Néanmoins, pour ma part, je suis encore à apprendre que l'idée d’une pareille lettre soit venue à l'esprit d'un seul évêque canadien, y compris votre serviteur. Il m'est donc facile de répondre à la demande que vous me faites : « Pourquoi la lettre pastorale en question ne fut-elle pas lue et ne fut-elle pas signée? » Elle ne fut pas lue parce qu’elle n'existait pas; elle ne fut pas signée pour la même raison; elle n’a jamais vu le jicur, comme lettre pastorale, Pourtant, m'objecterez-vous, monsieur, une lettre a été écrite, a été vue, a été lue; preuve, ce qu'écrit le Rév. Père Gendreau au Canada, en date du 24 mai 1893. Oui, monsieur, l'affirmation du Rév. Père ne laisse aucun doute sur le fait que quelqu'un a écrit une lettre, qu'il prétendait devoir être signée par les évêques, Je vous avoue que grande a été ma surprise, en apprenant en 1893 que les choses avaient été si loin en 1891 et cela à l'insu de l'épiscopat que l'on mettait en scène sans son autorisation. Je vous le répète, monsieur, je ne sache pas que les évêques canadiens aient jamais songé IT Tire den Tai qu'on leur Frête l'intention d’avoir voulu publier avant les élections de 1891. La seule lettre collective des évêques en 1891 est celle qui a été publiée, après les élections et qui, par conséquent, ne pouvait pas avoir élè rédigée ni émise pour infldencer le voté populaire.
On a été jusqu’à confondre la prétendue lettre pastorale avec la pétition que tout l’épiscopat canadien a adressée au Gouverneur. Général en conseil.