‹ Les ecoles du nord-ouestChapitre 30 sur 34 · LES "AMIS" DE SIR WILFRID LAURIER · texte numérisé non relu

LES "AMIS" DE SIR WILFRID LAURIER

"Il ne faut pas embarrasser M. Laurier et ses collègues ! " s'écrient les dévots de la religion du parti.

Je ne sais ce que le premier ministre put le de certains de ses partisans: mais il me semble qu'il doit dire souvent dans son for intérieur : " Seigneur, délivrez-moi de mes amis ! "

Les députés libéraux de la province de Québec rendent un bien mauvais service au chef du gouvernement lors-

qu'ils le livrent aux mains d'une poignée de fanatiques qui veulent en faire l'instrument de l'injustice et de la persécution, et qu'ils l'abandonnent aux influences démoralisantes d'un nombre plus considérable de politiciens sans force morale qui trouvent plus commode de transiger avec les persécuteurs que de les combattre.

Je manque assurément d'esprit de parti, dans le sens qu'au Canada, au moins, on donne, depuis quelques années, à ce mot ou plutôt au sentiment qu'il désigne. Mais sir Wilfrid Laurier m'inspire une admiration, une estime et, ;'ose ajouter, une affection qui me portent à détester tout ce qui pourrait contribuer à l'amoindrir aux yeux de la postérité et surtout dans l'opinion de ses compatriotes. Je ne puis, sans protester hautement, laisser ses collègues et ses "amis" le faire passer sous les fourches caudines qu'un politicien compromis, sorti du ministère pour tout autre motif que l' intransigeance de ses principes, veut aujourd'hui lui imposer.

Ce n'est pas en abandonnant M.

Laurier à la merci des ennemis qui l'entourent, plus dangereux r;ue ses adversaires, que ses vrais amis lui prouveront leur dévouement et leur affection ; c'est au contraire en le fortifiant par l'expression manifeste du désir qu'ils doivent éprouver de maintenir son prestige individuel et sa force politique en faisant triompher les principes qu'il a posés luimême.

Page 1