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POURQUOI N'AVOIR PAS PARLE PLUS TOT

On me dira neut-être: "Comment se fait-il que la vérité ne se soit pas encore fait jour à la Chambre à ce sujet? Pourquoi n'avez-vous pas vousmême, à la séance du 28 mars, indiqué la différence entre l'article 16 et l'amendement Sifton?

Plusieurs de mes collègues anglais m'ont déjà posé la seconde de ces questions. La réponse est facile.

En dépit de la mauvaise réputation dont je jouis en certains quartiers, je crois être un sujet britannique respectueux des lois de mon pays et un député pénétré de la valeur des règles de la procédure parlementaire. Ce n'est pas la première fois, du reste, que je me vois forcé de rappeler aux hommes publics d'origine anglaise les principes les plus élémentaires qui gouvernent les délibérations du parlement britannique.

De quelle proposition la Chambre était-elle saisie lorsque je pris la parole le 2S mars ? De la motion du premier ministre, demandant que les projets de loi d'autonomie subissent leur deuxième lecture, et de l'amendement du leader de l'opposition, sug-

>•> ant que la Chambre, avant d'accepter la proposition du ministère, déclare que toute entrave à la liberté des provinces en matière d'instruction publique ne soit pas consignée dans ces projets de loi.

Mon devoir était tout tracé.

J'ai combattu la proposition de M.

Borden ; ;'ai réclamé l'application du principe de 1* autonomie fédérale, sanctionné par l'article en de la Constitution ; j'ai affirmé l'obligation qu a le parlement fédéral d'assurer l'exécution des promesses qu'il a faites à la minorité et de conserver les droits qu'ils a créés par sa loi organique de iS/5-

Or tous ces principes sont reconnus par le texte des projets de loi. Il était donc naturel que j'appuyasse la proposition m inistér ielle .

Il ne faut pas perdre de vue que l' amendement Sifton n'est encore qu'à l'état de projet, D'AVIS DE MO- TION. La Chambre n'en sera saisie qu'en comité général, lorsqu'elle abordera la considération de l'article 16, et je crois avoir indiqué assez nettement, dans mon discours du 28 mars, quelle attitude j'adopterai lorsque nous en serons rendus là.

De plus, je ne voulais pas présumer la mauvaise foi du ministère ; je ne la présume ^as encore.

Le premier ministre lui-même, et la r.;-^;,,- ''rs députés ministériels qui ont pris la parole jusqu'à ce jour, ont affirmé catégoriquement qu'ils voulaient assurer à la minorité la possession de tous les privilèges dont elle jouit aujourd'hui. Je ne puis croire que, lorsque la lumière .sera faite, lorsqu'on aura compris que l'effet de l'amendement sera de détruire ce que l'on aflirme vouloir conserver, le miuistère persiste à accepter cette mesure néfaste et réduise à néant les Principes de justice, de liberté et de droit constitutionnel que sir Wilfrid Laurier a proclamés avec tant d'éclat dans son discours du 21 février.

Et c'est afin que la lumière se fasse et que l'iniquité ne soit pas consommée que je suis venu demander l'appui moral du peuple de cette grande ville de Montréal — le cœur même d'où partent les courants qui animent le corps de la nation canadienne, — de cette cité où la liberté religieuse règne avec tant d'éclat, où protestants et catholiques, Anglais et Français, vous vivez dans une harmonie si admirable, où tout père de famille voit grandir son fils dans les traditions qui lui sont chères, où toute mère chrétienne a la consolation de penser qu'en confiant son enfant à l'école publique, il y trouvera la sauvegarde des notions religieuses et nationales qu'elle lui a inculquées.

Je voudrais que de cette salle parte une voix qui pénètre jusaue dans l'enceinte de la Chambre des» communes et rappelle les représentants du peuple à la notion de leur devoir.

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