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donné une compilation de textes judicieuse, mais trop sobre de commentaires et surtout trop dépourvue de méthode et d'ordre pour composer une démonstration.
L'Histoire littéraire des Bénédictins (1) contient en tête de plusieurs volumes un état des lettres dont l'ensemble peut être très-utile pour donner ime idée générale de la culture intellectuelle pendant les siècles qui nous occupent. Bien que, sur certains points, leur travail soit assez complet, pourtant il ne réunit aucune des conditions nécessaires à une histoire de l'instruction.
Les détails (2) n'abondent pas davantage dans le traité des études de Mabillon. L'auteur y rappelle que de tout temps les Bénédictins ont cultivé les lettres sacrées et profanes, et dirige les moines dans leurs études par de sages conseils.
Hémeré(3) a fait un aperçu historique de l'Université de Paris sans valeur aucune pour notre temps.
On trouve bon nombre de faits constatant l'existence d'écoles monastiques dans les recherches historiques de P. Cajot (4) sur le prétendu esprit primitif de l'ordre de Saint-Benoît, mais rien de plus.
Au xix** siècle, les résultats sont les mêmes. M. Theiner (5) considère les écoles depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours,
(!) Hist. l'Ut, de la France, par los Bénédictins de la Congrégation de SaiiU->faur, in-i'', du tome lY au lonic XV.
(2) Mabillon, De studiis vionasticis, in-12.
(3) Ilémcré, De Academia Paris. 1G37, in-to.
(i) Ilechcrches hist. sur Vcsprit primitif de Vordre de Sainl-BenoUy in-i-2, 1793.
(o) Aug, Thoincr, Ilisl. des Inslit, d'éducation eccîcs,, in-12, 18tl.
et dans toute l'Europe. Un si vaste cadre ne lui a pas permis de s'arrêter longtemps sur notre époque, ni même de rendre compte des dififérences qui caractérisent chaque siècle. Il s'attache de préférence à la période postérieure au concile de Trente.
Toute l'attention de M. Kilian (1) s'est portée sur l'histoire moderne, il a réservé plus de la moitié de son ouvrage aux règlements promulgués depuis 1789, sur l'instruction secondaire.
M. Théry avoue lui-même dans sa préface qu'il n'a pu se rendre au désir de ceux qui le sollicitaient d'étendre ses indications à l'ancien état des collèges et à leur discipline. Les considérations élevées auxquelles l'auteur s'abandonne, nous aident à apprécier le niveau intellectuel de chaque âge sans nous faire connaître les centres d'où partit la lumière (2).
L'ouvrage de M. Vallet [de Viriville] (3), sur l'instruction publique en Europe, est une vaste synthèse destinée à présenter un tableau animé de la transmission des connaissances humaines; le chapitre concernant notre époque ne pouvait donc être que très-exigu.
Pour la province ecclésiastique de Trêves, nous avons rencontré en M. Digot (4) un auxiliaire précieux.
(1) Kilian, Tableau de Vlnslruction secondaire en France^ depuis les lemps les plus reculés jusqu'à nos jours. Paris, in-S», 1841.
(2) Théry, Hist. de Véducaiion en France, depuis le v® siècle jusqu'au xixe siècle, 2 vol. in-|2.
(3) HisL de l'instruction publique en Europe, 1852, in-4o.
(4) Dix-septième session du congrès scientifique de France, in-S», 1851 .
Quant aux recherches de MM. Stallaert et Vander Haeghen (1) sur la Belgique, elles n'ont rien signalé sur le nord de la Gaule qui ne fût à notre portée. Leur vrai mérite, à notre point de vue, c'est d'avoir appelé l'attention sur les auteurs étudiés dans les écoles.
Tout en recueillant avec soin les travaux de nos devanciers, nous nous sommes efforcés de réunir une somme de notions plus complètes, et plus méthodiques sur toutes les parties qui intéressent l'histoire de l'enseignement du ix* au xm* siècle. Afin d'attacher à nos assertions plus d'autorité, nous n'avons puisé nos renseignements qu'aux sources les mieux accréditées, telles que les Ada sandorum des BoUandistes et de Mabillon, les Annales de Vordre de Saint-Benoît, le Thésaurus anecdotorum et VAmplissima collectio de D. Martène, leSpicilege d'Achéry, la colledion des historiens de France de D. Bouquet, et les Monumenta Germaniœ deM.Pertz, la Patrologie de M. l'abbé Migne,etles Mémoires des sociétés savantes.
Nous n'avons certes pas la prétention d'avoir rassemblé tout ce qu'il était possible de trouver sur l'histoire dés écoles épiscopales et monastiques; nous avons seulement la conviction d'avoir relevé les faits indispensables à quiconque voudrait porter un jugement équitable sur ces temps reculés.
(1) De VInstruclion publique aumoyen âge, du viiie au xvi^ siècle, in-8o. Bruxelles, 1851. Slallaert cl Vander Haeghen.