‹ Les écoles normales primaires de la province de Québec et leurs œuvres complémentaires [microforme]Chapitre 35 sur 53 · Î ES · texte numérisé non relu

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accorder mon encouragement ; je puis promettre la sympathie officielle du gouvernement. Je voudrais vous laisser un souveair tangible du bon vouloir du gouvsrnement à l'égard de votre institution : ce sera le parlare visibile dont parle un poète,

On a vanté avec raison la beauté de votre École dont l'architecture est admirable. Mais lorsque je parcourais ce matin, les corridors de votre école modèle et que Mgr l’archevêque me faisait remarquer la pauvreté de l'édifice, je pensais que le gouvernement Pourrait faire quelque chose pour améliorer Ja situation, qu'il devrait être en état de faire mieux pour les élèves de l’École normale Jacques-Cartier,

Aussi, au risque de mécontenter mes collègues du gouverne- ment, je vous promets qu'une année ne se Passera pas sans 49e VOUS ayez une école modèle digne de l'École norwrle (appl. prolongés). En finissant. je vous dis que la promesse que je viens de vous faire sera respectée, pour le bien du pays et l'honneur de la province de Québec.

Après l'hon. Gouin, ce ne fut Pas une surprise peu agréable de voir l’évêque : de Valleyfeld, Mgr Émard, se lever pour adresser la parole à l'assistance, et malgré l'avis de son médecin et les craintes de ses amis sur l’état de sa santé, pro-. noncer avec une sincérité qui nous fait beaucor, d'honneur, une éloquente improvisation. Son acte de courage lui mérita la reconnaissante affection de tous nos normaliens, qui Je considèrent depuis comme un des meilleurs amis de leur

institution. Nous regrettons de ne pouvoir donner qu'un bien -*

pâle résumé de sa belle et vibrante allocution,

Mgr Émard dit d'abord que malgré les conseils de son médecin et les nombreux discours déjà prononcés, il ne peut résister au plaisir d'adresser quelques mots aux nombreux . instituteurs, anciens élèves de l'École normale Jacques-Cartier. Il parla du caractère religieux <ssentiel à toute éducation digne de ce nom, loua le zèle et la piété de nos instituteurs séculiers qui, formés en très grand nombre par l’École normale, concourent avec nos Religieux instituteurs à la grande œuvre de l'éducation dans notre pays. ‘

“A l'école plus qu'ailleurs, dit-il, il faut employer #nutes les énergies de son âme pour réussir : c’est la condition essentielle de toutes les grandes entreprises. Dans l’accomplissement de vos devoirs d'éducateurs, vous devez mettre tout votre cœur : mais rappelez-vous aussi que le sentiment du devoir accompli sera, dans bien des cas, votre seule récompense. Et cependant grande est votre responsabilité, Car je vois en vous des instruments de l'autorité enseignante de l'Église catholique. On a quelquefois abusé du mot laïque afin de lui conserver son sens équivoque et souvent odieux. Et pourtant rien n'est plus religieux que ce mot qui signifie membre actif de la sainte Église. C'est pour cela que je voudrais que ce mot, puisqu'il peut tromper sur sa signification, disparaisse pour être remplacé par le mot séculier ”.

Puis Monseigneur fait valoir la portée presque indéfinie de l'influence exercée sur la société tout entière par l'intermédiaire des écoles. :

Il s'appliqua à faire comprendre que l'instituteur, guidé par

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une véritable vocation et rer 1lissant son devoir avec tout le

dévouement dont il est & e, accomplit un apostolat qui ressemble à celui du prêtre. ,

“Peut-on mesurer l'œuvre accomplie par des centaines de professeurs qui ont travaillé sur des milliers de jeunes âmes ! Grâces à Dieu, dans notre Pas, on peut se féliciter de n’avoir pas douné prise à la division de nos forces scolaires et diminué dans le cœur du peuple le sentiment d'union si nécessaire à son existence, Même aujourd’hui nous avons gardé intactes, sous ce rapport, nos saines traditions nationales ”

L'orateur ajouta quelques mots sur l'action sociale des instituteurs, disant qu'elle paraissait bien comprise, puisqu’en ce moment même, on voyait les représentants attitrés du monde politique sans distinetion de partis, unis à ceux de

l'autorité religieus+ pour offrir à l'École normale, l’'Alma Mater des instituteurs catholiques séculiers, le double tribut de l'admiration et de la reconnaissance.

* Instituteurs chrétiens, dit-il en terminant, gardez fidèlement le dépôt de nos traditions nationales. Les belles inscriptions que je voyais dans la salle de réception, ce matin — - In Domino confido — Rendre le peuple meilleur — résument bien l'œuvre des cinquante années d'existence de votre institation, Je souhaite done que vous soyez dans l'avenir ce que vous avez été dans le passé : des hommes de cœur et des

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Il appartenait à un ancien élève de clore la série des discours. En résumant en quelques phrases toutes les émotions de ces inoubliables fêtes jubilaires, l'hon. P.-E. Leblanc, se faisait l'interprète des sentiments de tous les normaliens, On avait rappelé avec tant de joie sincère et d’orgueil tout un passé plein de charmes et de souvenirs D'ailleurs, si on avait célébré magnifiquement la mémoire des grands disparus, si l'œuvre normalienne mieux connue espérait se développer encore et prospérer, l'hon. Leblanc ne pouvait-il pas s'en réjouir tout particulièrement. Dans l'organisation des fêtes du cinquantenaire, n'a-t-il pas apporté, avec le prestige de ses hautes fonctions politiques, une grande assiduité aux délibérations des comités, un conseil sûr et pratique, un enthousiasme qui ne s’est pas ralenti un-seul instant ? D'autres ont tourné leurs regards vers le pâssé ; lui, il a songé surtout à l'avenir de l'institution qu'il aime tant. Aussi, ne faut-il pas s'étonner qu'il ait fait ressortir de préférence, dans son allocution, les résultats pratiques et tangibles des fêtes jubilaires. :

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DISCOURS DE L'HON. P.-E. LEBLANC, M. P. p.

M. le Président,

Messeigneurs,

M. le Premier ministre,

- Messieurs,

en parler, surtout après Mgr de Valleyfield qui à recueilli de si beaux épis dans le champ glané par les orateurs qui l'ont précédé.

Toutefois, je ne Puis reprendre mon siège sans offrir à NN. SS. les évêques, en mon nom et au nom de mes confrères, de vifs sentiments de reconnaissance pour avoir mis l'instruction et l'éducation élémentaires à la place d'honneur qu'elles ; doivent occuper. Je remercie également M. le Premier ministre “4

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pour la promesse qu'il vient de nous faire de parachever l'œuvre de ses prédécesseurs. Mais je crois qu'il a laissé entendre qu'il ne faudrait pas seulement bâtir une école modèle, mais aussi ajouter une chapelle à l'usage de l’École normale, et ainsi terminer l'École telle qu'elle a été comprise sur le plan primitif de l'architecte.

Je lui promets d'avance le concours de la loyale opposition dans l’accomplissement de ce projet, et je puis lui donner l'assurance que je serai toujours prêt à le seconder de toutes mes forces chaque fois qu'il sera question de promouvoir les intérêts de l'instruction publique.

Mais je veux être bref. Il y a pourtant encore un mot à ajouter : c'est un remerciement qui s'adresse au personnel de l'École normale actuelle pour l'accueil si cordial qu’il nous a fait aujourd'hui. Il n’a rien épargné pour rendre cette fête digne des grands souvenirs qu’elle évoque et rappeler la mémoire des professeurs éminents qui se sont süccédé ici depuis cinquante ans. Je remercie tout spécialement les organisateurs de l’intéressante séance littéraire d'hier au soir. Ce n’est pas sans une profonde émotion que nous avons entendu l'exposé historique de notre École normale et l'éloge de ceux que nous avons connus et aimés.

Mais ce témoignage d'affection et de reconnaissance rendu à la mémoire de ceux qui ne sont plus, ne doit pas nous faire oublier leurs successeurs. On vient de dire que le sentiment du devoir accompli forme souvent la plus grosse part de là récompense de l’instituteur. Sans doute, mais nous ne sommes pas seulement des âmes, des esprits, nous sommes aussi des corps, et il n'est pas déplacé dans une fête comme celle-ci

sa promesse.

Le banquet mettait fin aux fêtes du cinquantenaire. Déjà

bon nombre d'anciens élèves s'étaient dispersés dans les allées

du jardin, quand les convives se levèrent de table. 11 était

3 heures. Un groupe d'anciens se posta sur les degrés du . grand escalier extérieur et fut Photographié par M. Quéry.

Pendant ce temps, une dernière réunion du comité général d'organisation des fêtes jubilaires se tenait à l’école d'application, L'hon, PE, Leblanc en fut l'inspirateur et l'âme. L'union se tit bientôt sur les quelques résolutions suivantes :

lo Les anciens élèves de l'École normale Jacques-Cartier réunis en convention désirent présenter à Votre Sainteté, (le pape Pie X) l'hommage de leur profond attachement à votre personne sacrée, et protestent de leur entière soumission aux enseignements de l'Église catholique romaine, leur mère.

20 Il est résolu de prier les membres du gouvernement et du Conseil de l'Instruction publique d'adopter les mesures nécessaires pour assurer aux instituteurs primaires un salaire convenable,

30 Attendu que l’hon. Lomer Gouin, Premier ministre de cette province s'est engagé à effectuer le parachèvement des édifices de l'École normale, tel que déterminé sur le plan primitif Gressé par M. Lévêque, architecte, il est résolu que les anciens élèves de l'École normale Jacques-Cartier désirent offrir à l’hon. Premier ministre leurs plus sincères remerciements pour sa généreuse promeëse, laquelle réalisera leurs plus chères espérances.

40 Il est aussi résolu que les anciens élèves se forment en association et qu’un comité provisoire formé par elle s'abouche avec la Conférence des Instituteurs de la circonscription de l'École normale Jacques-Cartier, et lui offre son concours pour réaliser le projet de l'érection d'un monument à la mémoire

.de feu l'abbé Verreau, premier nn de l'École normale Jacques-Cartier.

5o Il est résolu d'adopter des remerciements à M. l'abbé N. Dubois, principal de l'École normale Jacques-Cartier, pour la large hospitalité offerte aux anciens élèves pendant les présentes fêtes du cinquantenaire de fondation de l'École normale Jacques-Cartier. -

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À cinq heures, les fêtes jubilaires de l'École normale Jacques-Cartier étaient terminées, laissant dans le cœur et dans l'esprit de tous ceux qui y avaient pris part, les meilleurs souveuirs. Et ces souvenirs ne sont pas près de s'éteindre, surtout parmi les normaliens. Ils ont assisté avec une indici. ble joie à l’apothéose du Célèbre abbé Verreau, à la gloritication de leur A/ma Mater, mieux connue désormais, mieux appréciée et plus sincèrement aimée.

Aussi bien, le récit des fêten jubiaires ne s'adresse pas aux anciens professeurs et élèves, qui ont &:ané à l'œuvre normale, la place d'honneur qu'elle occupe dans notre système d'instruction publique. Il n'a que !a légitime ambition de Proposer des modèles aux

ons mis en relief le travail que se sont imposé les Organisateurs de la fête, et l'éclatant succès de la Célébration du jubilé.

C'était la meilleure manière de glorifier l'œuvre normaliste avec toute son histoire, avec tout le patrimoine de son passé, Car après tout, le succès des noces d'or de l’École normale Jacques-Cartier, est sorti tout entier de la vitalité de l'insti. tution, de la solidarité vigoureuse qui unit les membres de la famille normalienne, et de l'assurance de sa pérennité, Il a été une sorte d'approbation des services rendus, une consécration de la haute valeur de l'École normale, une reconnaissauce de sa néc:ssité et de son influence sociale grandissante, Certes, l'équivoque contre lequel s’est longtemps’ heurté l'instituteur laïque dans notre province n'existe plus. Sa réhabilitation comme excellent éducateur chrétien n'a plus besoin de

328 LES VÊTES JUBILAIRES défenseur, Aussi la errrière de l'enseiynement s'ouvre-t:elle plus large et plus engageante devant nos élèves-maitres. Elle offre à ceux qui s'y consacreront désormais, sinon de brillantes perspectives, du moins l'heureuse médiocrité rêvée par les normaliens des premières années. Par contre, elle impose des devoirs de plué en plus rigoureux, à mesure que les problèmes de notre vie sociale se multiplient et s'entremélent. Les normaliens d'aajourd’hui s'élèveront-ils à la hauteur de la tâche qui leur sera confiée demain ? Nous l'espérons fermement, s'ils reçoivent la formation chrétienne, intellec-

tuelle, morale et pédagogique, qui, a été la sauvegarde et la force de leurs aînés.

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