‹ Les écoles normales primaires de la province de Québec et leurs œuvres complémentaires [microforme]Chapitre 34 sur 53 · PREMIER MINISTRE PROVINCIAL · texte numérisé non relu

PREMIER MINISTRE PROVINCIAL

M. le Président,

Je lisais hier, une dépêche racontant qu'il y avait eu grande fête à Windsor pour récompenser les vainqueurs dans une Course et pour recevoir Mark Twain le grand humoriste américain. Le prince de Connaught, ayant à remercier le roi, dit tout simplement que s'il avait à faire un discours, il s'évanouirait, Par bonheur, Mark Twain vint à son secours et il remplaça avec avantage le prince de Connaught. Après un repas Comme celui-ci, je ne peux m'évanouir ; mais je ne dis

guée. Je voudrais savoir quelque chose de l’École normale afin de parler de son but, de ses moyens d'action, et de son influence qui grandit sans cesse. i

que je ne le pourrais faire.

Je me sens embarrassé quand je parle d'éducation devant les professionnels de l'enseignement, devant. uno classe de citoyens qui se dévouent à cette œuvre avec une compétence universellement reconnue, Je le faisais autrefois avec courage devant des profanes, mais je me méfie de mes connaissances

318 LES FÊTES JUÜBILAIRES

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devant ceux qui constituent la classe des instituteurs ; je vous parlerais plus volontiers de notre beau pays, puisque nous sommes encore dans l'octave de la Saint-Jean-Baptiste ; je pourrais vous parler des richesses nationales qui attirent sur notre sol un flot toujours grossissant de colons. Mais nous sommes ici pour célébrer le cinquantenaire de l'École normale, et pour rappeler ce qu’elle a accompli pour le progrès de l'instruction dans notre province. Ce que je dois faire avant tout, c'est de vous féliciter de tout mon cœur. d'avoir montré à la province ce que vous êtes, et l'œuvre que vous accomplissez pour le bien de tous. En vous voyant, on peut dire : ces hommes ont fait beaucoup pour leur pays. Ils ont répandu les lumières de la science et de la religion ; ils ont affermi dans le peuple la fidélité aux traditions nationales et la foi dans un avenir prospère. Je vois autour de vos têtes une auréole d'intelligence. Ce que nous avons acquis dans le passé, nous avons le devoir de le conserver et de le multi-

‘ plier en vue de l'avenir. Car je n'ai jamais rencontré de gens plus intelligents que ceux que l'École normale a formés, des hommes de meilleures mœurs, des citoyens plus patriotes, que les anciens élèves de cette maison. Vous formez une famille qui forme la classe le plus instruite de la société canadienne. D'aucune autre institution, il n’est sorti de plus saints prêtres, des médecins plus habiles, des avocats plus instruits. Mais, en regardant mon ami M. Leblanc, le chef de l'Opposition, je ne

. dirai pas que les meilleurs politiciens sont sortis de cette école normale (hilarité générale).

Je ne voulais pas, messieurs, vous parler d'éducation. J'attends plutôt des conseils de ceux à qui je m'adresse : mais si je ne puis leur donner des conseils, je puis au moins leur

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