BANC-TABLE HOLLANDAIS
Nous avons cependant trouvé un modèle de banc-table, spécial à la Hollande, modèle qui montre combien son constructeur connaissait les difiicultés de la question qu'il cherchait à résoudre.
Ce banc est entièrement en sapin (fig. 113) ; la distance
ï4» LES ECOLES PUBLIQUES EN HOLLANDE, entre le banc et la table est nulle, miis, comm; le siège n'est qu'à deux places, l'élève peut se tenir debout dans l'intervalle latéral de deux lignes de bancs. La table est pourvue d'une barre de pieds et le banc est muni d'un dos-
sier qui forme pupitre pour le banc précédent. Dans ce dossier estriservée une retraite occupée par les vêtements.
On reconnaît bien vite les avantages de ce meuble qui a profilé de tous les perfectionnements et de toutes les simplifies lions apportées par la pratique et rexpérience ; le seul inconvénient qu'il offre est de rendre solidaires tous les bancs d'un même groupe. Puis, la forme en parait lourde et massive, mais les peuples d'origine germaine n'ont pas à cet égard notre manière de voir'.
Le prix de ces bancs-tables est de 8 florins, soit i6 fr. 80
I. Naitt dt yoyage d'an arekUeeUj ei AHtmagnt. Félix Narjoox.
MOBILIER SCOLAIRE
pour deux places, prix peu élevé et qui permet de les employer dans les écoles rurales les plus modestes.
ESCABEAL'.
Par suite du mode d'enseignement adopté et dont nous n'avons pas à nous occuper ici, les enfants ne récitent pas leurs leçons de leur place ; tes classes sont, du reste, si vastes que souvent le mailre ne pourrait entendre la voix des élèves placés aux extrémités. A l'appel de leur nom, ceux-ci quittent leur siège, viennent en avant de la classe et montent sur un petit escabeau qui les met en vue et du haut duquel ils répondent aux questions qui leur sont adressées. Ce petit escabeau (Jig. 1 14} est en sapin très-léger, par conséquent.
très-mobile; il va et vient dans la classe, suivant les besoins du moment. Chaque groupe en possède ordinairement un. Le maître parfois s'en sert comme d'un siège ; dans les classes ou il tait défaut, l'élève y supplée en montant sur son banc. Le bon ordre et les convenances ne doivent pas gagner à cette dernière combinaison, mais maîtres et élèves y sont habitués et n'en sont point choqués.
La Hollande a résolu la question du logement des maîtres de la même façon que la Belgique.
Certaines écoles urbaines n'ont pas même de logement pour un gardien ; une fois la classe finie, des serviteurs spéciaux viennent aérer la salle, épousseter les murs, balayer ou laver le sol, préparer les poêles; puis ils ferment la porte et ne la rouvrent que le lendemain un peu avant Theure de la classe.
Dans d'autres écoles, le directeur seul habite l'établissement, mais son logement a toujours une entrée distincte, un escalier séparé de celui des élevés ; très-rarement, et dans ce cas c'est une disposition déclarée mauvaise, le maître peut aller directement de chez lui à sa classe. Ces logements occupent le plus souvent une construction à part complètement indépendante de l'école; on leur donne, par suite, le caractère et l'aspect d'une halMtation ordinaire. Nous avons vu (fig. 80) le plan général d'une école dans laquelle le logement du directeur est placé dans un petit bâtiment élevé en bordure de la voie publique et composé d'un vestibule, d'une salle suivie d'une cuisine, avec une laverie et un petit escalier descendant au sous-sol.
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Fig. 11$.
Le premier et le deuxième étage (fig. 115) comprennent chacun deux chambres à coucher. Ce logement, on le voit, est très-suffisant^ pour un maître et une famille même nombreuse.
Les façades (fig. n6) de cette maison ne se distinguent en rien des maisons voisines : c'est toujours la même petite maison hollandaise qu'on voit se reproduire à l'infini sur toute la longueur d'un canal ou d'une rue, avec ses deux ou trois fenêtres de face, son même nombre d'étages, ses briques brunes aux joints noirs ou ses briques noires aux points blancs avec les encadrements de ses fenêtres peints en jaune, en bleu ou en rosfe; le pignon seul permet de reconnaître entre elles toutes ces petites habitations propres et toujours closes, aux vitres brillantes derrière lesquelles on aperçoit au milieu des massifs de fleurs la tête d'une jeune femme figée à sa place, suivant pendant des heures la feuille qui tombe ou Teau qui coule.
Dans les écoles rurales, le logement du maître est placé à côté de l'école ; mais il faut bien remarquer que c'est presque toujours à côté et rarement au-dessus. Ce logement se compose d'une cuisine avec ses dépendances et de trois pièces; il est souvent accompagné d'un jardin et précédé d'une cour. Dans les provinces du Nord, le logis du maître emprunte un caractère particulier aux habitudes locales,
I. Les directeurs de cette catégorie sont logés et touchent un traitement de 2,300 à 2,500 florins (4,830 fr. à $,250 fr.).
244 LES ECOLES PUBLIQUES F.N HOLLANDE, aux vieilles traditions du pays. C'est d'abord la salle, pièce importante (tig. 117), celle qui sert à la réunion des membres de la famille. C'est là que se tient la ménagère, c'est là
que sont préparés et servis les repas, c'est là que, le soir, le père lit à haute voix un chapitre de la Bible à tous les enfants réunis. Cette pièce, dans toutes les habitations de la Nord-Hollande, est tenue avec une propreté dont le raffinement nous est inconnu. Le mobilier se compose d'un haut
fourneau adossé au mur, d'une grande table, d'un bahut plein des plus riches faïences, de chaises à haut dossier; puis, accrochés aux murs, un miroir, une horloge en bois, de grands plais, un baromètre, un thermomètre, des instruments d'arpentage ou d'agriculture, des livres sur des
Fig. 117.
rayons; tout respire iin air de bien-être, de parfait contentement et de pleine satisfaction répandu sur les êtres et sur les choses.
A droite de celte salle, une laverie, qui en est la dépendance indispensable, sert aux usages domestiques de nature à compromettre la méticuleuse propreté de la salle; au fond, deux chambres à coucher, et, à gauche enfin, la chambre d'honneur, celle réservée aux actes importants de la vie de famille, celle qui ne s'ouvre qu'aux grands jours pour un
mariage ou un baptême. C'est là que se conservent^ dans un vénérable bahut, la robe de fiançailles de la jeune fille et la layette du nouveau-né. La porte de cette chambre donne directement sur le chemin ; elle ne s'ouvre que pour laisser passer un baptême, un mariage ou un enterrement * .
Nous en avons fini avec notre description des écoles publiques de Hollande; nous n'avons insisté que sur les points principaux, ceux dont nous pouvions faire notre profit, soit pour les imiter, soit pour les éviter, et sur les détails qui offraient avec nos propres écoles des points de rapprochement ou des différences saillantes. Dans notre prochain volume, nous étudierons les Écoles publiques en Suisse,
i. If oies de voyage en Hollande, Félix Narjoux,
(Voir la Table des Ckapitres, page I à VIII,)