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DES MAISONS D^ECOLES

27 novembre 1874.

Art. i*'. — Emplacement. — Le terrain choisi pour la construction de l'école doit être sec, bien aéré, pourvu d'eau de bonne qualité; à la campagne, il sera, autant que possible, dans une position élevée, isolée, et, dans les villes, séparé des habitations voisines. Il doit être à Tabri de toute influence malsaine et situé de manière que les bruits du dehors ne puissent troubler Tordre et le silence. Les abords doivent en être faciles et dégagés de tout ce qui pourrait l'obstruer, le rendre humide ou malsain, ou présenter du danger pour les enfants.

A moins d'impossibilité bien constatée, il sera distant de 150 mètres au moins du cimetière.

Art. 2. — Exposition et étendue du terrain et des bâtiments, — L'étendue du terrain et des bâtiments sera en rapport avec leur destination. La population scolaire sera calculée à raison de 1 5 «/o de la population actuelle ; il sera en outre tenu compte des besoins de l'avenir.

Il y aura des préaux distincts avec entrées séparées pour chaque sexe, et, dans les campagnes, un jardin de 10 ares au moins, attenant, autant que possible, aux bâtiments.

Les dimensions du préau seront calculées à raison de 3 mètres carrés par élève, sans qu'il puisse avoir moins de 2 ares.

Art. 3. — Mode de construction. — Les bâtiments doivent être d'un aspect simple sans être dépourvus de style.

Les salles d'école seront, autant que possible, disposées au rez-de-chaussée.

Lorsqu'il y aura des classes à établir à Tétage, elles seront construites sur voûtes ou sur voussettes entre poutrelles.

On évitera soigneusement tout ce qui pourrait engendrer ou entretenir l'humidité. Dans ce but les façades exposées au sud-ouest seront garanties intérieurement par un contre-mur d'une demi-brique, isolé de 5 centimètres et rattaché au mur principal par des crochets en fer. ^

Les salles seront pavées en carreaux de ciment. Il y aura v. *' • * ''^ ' en outre des lambris en bois ou en ciment de i mètre à *'• • ' ■ ' '^ i" 30 de hauteur.

S'il y a un étage, on apportera un soin tout particulier à la construction de l'escalier. On évitera de le faire déboucher directement en face d'une porte ou d'un corridor. Les marches seront droites et auront, autant que possible, ' '^ 30 centimètres de laigeur, 16 centimètres d'élévation, et i"5ode longueur. La rampe sera solidement fixée àhau- p

teur d'appui des enfants et construite de façon à empêcher les élèves de l'enjamber, de glisser sur la main-courante ou de passer entre les barreaux.

Il y aura un palier pour quinze marches, au plus.

Les corridors auront au moins a mètres de largeur.

Si le bâtiment comprend des pièces pour le service de l'administration communale, chaque local aura une entrée distincte. *

Lorsque, sur un même emplacement, on construira à la fois une école de garçons et une école de filles, on séparera le logement de l'instituteur et celui de l'institutrice, soit par les classes, soit par les préaux. Si le terrain est suffisant, on isolera complètement les habitations.

Chaque habitation comprendra au minimum les pièces suivantes :

i^ Parloir ou cabinet d'étude';

a*" Cuisine servant aussi de salle à manger;

3® Lavoir contigu à la cuisine avec cheminée et pompes, si c'est possible, pour deux sortes d'eau * ;

jÇ Cave avec voûte maçonnée et escalier en pierres ;

5° Trois chambres à coucher;

6° Grenier planchéié ;

7® Un refuge avec petit bâtiment annexé contenant des lieux d'aisance pour l'instituteur, un fournil au besoin, et, dans les communes rurales, une étable, s'il y a lieu.

La cuisine aura au minimum 20 mètres carrés de superficie.

Les pièces du rez-de-chaussée auront au moins 3" 60 de hauteur, et celles de l'étage 3™ 50 de plancher à plancher.

Aucune communication intérieure ne pourra exister entre l'habitation et la salle d'école.

Art. 4. — Distribution intérieure ^ séparation des sexes ^ division des classes. — Il y aura une salle séparée pour chaque classe de 70 élèves au maximum.

Dans les écoles mixtes, la séparation des sexes se fera uniquement par la disposition des bancs-pupitres.

Art. 5. — Dimension des salles. — On calculera la

z Eau à boire et eau destinée aux besoins domestiques.

surface à raison de i mètre par élève, y compris l'espace à laisser pour les couloirs, Testrade, les armoires-bibliothèques, etc.

La capacité ne pourra être inférieure à 4"*= 500 par enfant, ce qui suppose une hauteur minimum de 4"" 50.

Art. 6. — Distribution de la lumière. — On donnera aux salles la forme rectangulaire, avec angles légèrement arrondis; les fenêtres seront placées latéralement.

Celles-ci seront pratiquées, autant que possible, dans la direction du sud-est et du nord-ouest.

S'il Y a impossibilité de disposer les fenêtres de deux côtés, on en établira au moins à la gauche des élèves ; on en pratiquera en outre, s'il est possible, dans le mur opposé à Testrade.

Le nombre représentant la surface vitrée des fenêtres sera au moins égal au vingtième du nombre représentant la capacité cubique de la salle.

Les carreaux inférieurs pourront être en verre dépoli.

La partie supérieure des châssis sera disposée de manière à pouvoir s'ouvrir à volonté.

Les côtés et l'appui des baies des fenêtres seront évasés.

Les fenêtres seront garnies de stores disposés de manière à se déployer de bas en haut, au lieu.de se développer de haut en bas.

Dans les écoles où l'on emploie la lumière artificielle (classes du soir, classes d'adultes, etc.), on aura soin d'expulser au dehors les produits viciés de la combustion en plaçant, au-dessus des appareils d'éclairage, des tuyaux fumivores mis en communication avec une cheminée d'appel et disposés de façon à activer la ventilation. On réservera

entre les tables de travail et les réflecteurs une distance d'environ i^î^io, afin de protéger la tête des élèves contre un excès de température.

Art. 7. — Ventilation et chauffage. — La ventilation et le chauffage seront combinés de manière à maintenir dans les salles une température moyenne de 14* à 16** centigrades (constatée à l'aide de thermomètres à demeure) et à renouveler au moins deux fois par heure l'air contenu dans chaque classe.

Art. 8. — Tréaux ou cours d'exercice. — Les préaux ou cours d'exercice seront clos de murs de 2 mètres à 2*", 50 de hauteur et garnis de quelques arbres.

Le sol battu, tassé et drainé, s'il en est besoin, sera recouvert d'une couche de scories ou de gravier.

On pourvoira à l'écoulement des eaux pluviales.

Il est à désirer qu'il y ait dans chaque préau une fontaine ou une pompe.

Il sera réservé un local spécial pour les exercices gymnastiques. Au besoin il y aura un large auvent ou hangar exposé, autant que possible, au midi, pour servir de lieu de récréation pendant les jours humides et froids.

Art. 9. — Vestiaires^ lavoirs et lieux d'aisance. — Il convient d'établir en dehors des classes et pour chaque sexe un lavoir ainsi qu'un vestiaire bien aérés. Ce vestiaire sera muni de porte-manteaux et de porte-parapluies avec crochets numérotés, ainsi que de planches ou de casiers servant à dépoiser les paniers des enfants.

Les lavoirs seront pourvus de robinets en quantité suffisante pour servir aux ablutions des élèves et développer ainsi chez eux les habitudes de propreté.

Il y aura un siège d'aisances par 15 filles ou 25 garçons, et un urinoir pour 15 garçons.

Les lieux d'aisances seront séparés pour chaque sexe et divisés en compartiments distincts pour chaque enfant.

Les urinoirs seront divisés de la même manière; les séparations et les revêtements seront en grès vernissé.

La toiture sera établie de manière à mettre les sièges et les urinoirs à l'abri de la pluie et de la neige. Elle aura au moins o'",85 de saillie.

Les sièges seront proportionnés à Tàge des enfants, et les portes établies de façon à ce que la tête et les pieds restent visibles.

Les fosses d'aisances seront construites sous forme de citernes étanches, à fond concave, et munies d'un tuyau d'aérage, que Ton adossera à un des murs principaux de Técole et qui dépassera le faîte du toit le plus élevé.

Pour établir les lieux d'aisances inodores, sans être obligé d'y adapter des conduites d'eau, on aura recours aux systèmes dits à évent*

Art. 10. — oârrangement et ameublement. — Les bancspupitres seront à deux places et munis d'un dossier à hauteur des reins.

Ils seront appropriés autant que possible à la taille des élèves.

On adoptera un modèle spécial pour les filles en âge de s'occuper des travaux de couture.

L'estrade aura environ 25 centimètres de hauteur sur i",5o de largeur. On la placera contre le mur auquel les enfants font face et, autant que possible, dans toute la longueur de ce mur.

Outre les bancs-pupitres, la table-bureau de Tinstituteur et Testrade, les objets indispensables dans toute école primaire sont :

i^ Un buste ou un portrait encadré du roi.

2° Un christ.

3*" Une ou deux armoires-bibliothèques.

4® Une planche noire fixe qui s'étendra, autant que possible, sur toute la longueur de Testrade. Elle aura au moins i'",25 de hauteur.

Il y aura, en outre, un tableau mobile par division d'élèves.

5« Un poêle à air chaud ou calorifère-ventilateur.

6** Une collection de poids et mesures, y compris une balance à plateaux, une balance à bascule et une chaîne d'arpentage.

7*' Deux collections, au moins, de tableaux propres à renseignement par intuition (histoire naturelle, histoire sainte, histoire nationale, etc.).

8** Une carte d'Europe, une carte de la Belgique, une carte de la province, un globe et le plan cadastral de la commune.

9® Une petite collection d'objets d'histoire naturelle composée, autant que possible, de spécimens recueillis dans la localité ou dans les environs ,

lo® Une horloge.

11° Quelques instruments de physique.

120 Une collection des principales formes géométriques.

ly Des cadres pour afficher le programme des leçons et le règlement de l'école.

i4<> Des thermomètres dont un au moins sera placé à demeure dans chaque classe.

La peinture ou le badigeonnage des salles d'école doit être de couleur gris-clair tirant de préférence sur le bleu ; le blanc mat sera évité, sauf pour les plafonds.

7 mai 1875.

Aux termes du règlement du 35 novembre 1874, les conseils communaux, après avoir arrêté les plans, devis et cahiers des charges pour la construction des maisons d'école, doivent transmettre ces documents au gouverneur qui, après instruction, les soumet à la députation permanente.

Afin de mettre ce collège à même de j uger s'ils réunissent les indications imposées par le programme du 27 novembre 1874, il faut que les administrations communales fournissent les pièces nécessaires à la parfaite intelligence des locaux et notamment les suivantes :

1^ Un plan d'ensemble dressé d'après le cadastre sur un rayon de 200 à 300 mètres et indiquant : a le lieu d'emplacement ; b les dépendances de l'école y compris le jardin de l'institution; c les rues, les jardins et les constructions qui se trouvent dans le voisinage ;

2® Un extrait de la matrice cadastrale en ce qui concerne la superficie du bâtiment et de ses dépendances ;

3"* Le plan détaillé du bâtiment et de ses annexes, y compris les lieux d'aisances ;

4"* Le devis estimatif de la dépense ainsi que le procès-* verbal d'adjudication des travaux;

5^ Un état de renseignements conforme au modèle A,

annexé à la circulaire du 26 novembre 1874, explicative du règlement du 25 novembre;

6"" Enfin, une note [faisant connaître Tétat des chemins conduisant au local d'école.

Les propositions de subsides en faveur des constructions scolaires, pour chaque commune séparément, doivent comprendre un double des pièces énumérées ci-dessus.

Lorsqu'il s'agira soit d'ameublement, soit de travaux d'agrandissement ou d'amélioration, le double des plans et du devis suffira.

3 juin 1875,

Diverses observations ont été faites concernant l'exécution du nouveau programme pour la construction et l'ameublement des maisons d'école. Ces observations portent principalement sur l'exécution des articles 3, 8 45 7^ S 4> 9, S 5, et 5, § 8, dudit programme.

En réponse à ces observations, j'ai l'honneur de faire remarquer :

i* Art. 3, S 4. — En ce qui concerne les contre-murs, la commission d'hygiène a entendu appliquer cette disposition aux façades et pignons exposés à l'ouest et au sudouest.

Il avait d'abord été question de réunir le contre-mur au mur principal au moyen de briques placées à o»,6o Tune de l'autre, mais ce système a été écarté comme défectueux, et le mode d'attache au moyen de crochets en fer a été adopté. On a fait observer que les murs de refend, les côtés

des baies, les bois des planchers sont suffisants, concurremment avec les crochets en fer, pour consolider les murailles entre elles.

2* Art. 7, S 4. — Il a été entendu que la surface vitrée des fenêtres comprendrait la partie formant l'intérieur de la baie, c'est-à-dire que les montants des traverses et des châssis ne seront pas déduits de la surface totale.

3" Art. 9, S 5. — Le grès vernissé n'a pas, comme la fonte, l'inconvénient de s'oxyder, il résiste bien autrement à l'action des gaz délétères et satisfait beaucoup mieux aux exigences de l'hygiène ; c'est pour ce motif qu'il a été proposé. Il ne conserve pas non plus l'humidité comme la pierre ou l'ardoise polie. Seulement le prix en est élevé quelque peu (60 à 70 fr. par compartiment), parce que la fabrication en est encore assez restreinte dans le pays.

6* Art. 9, S 8. — En prescrivant un nouveau mode de construction de citernes étanches, la Commission d'hygiène n'a pas entendu abroger la prescription d'après laquelle la fosse et les lieux doivent se trouver à 10 mètres au moins des salles de l'école. Elle a seulement décidé que l'on pourrait établir les fosses sous les sièges en adoptant le système de cuvettes inodores à évent.

L'aérage de ces fosses doit se faire au moven d'un petit canal communiquant à une cheminée ou à un tuyau que l'on adossera à l'un des murs principaux de l'école.

2 septembre 187J.

L'article 13 derarrêlé royal du 25 novembre 1874 porte que les subsides de TÉtat sont liquidés, la première moitié, sur la production de certificats constatant que les travaux ont été mis en œuvre ; la seconde moitié, sur la production du procès-verbal de réception définitive.

L'application de cette disposition pouvant donner lieu à quelques difficultés dans la pratique, il importe que l'époque à laquelle la réception définitive doit se faire soit déterminée le plus exactement possible, puisque c'est d'elle que dépend le règlement des comptes des entrepreneurs.

Il est à désirer que l'on fasse précéder la réception définitive d'une réception provisoire, lorsque la carcasse du bâtiment est construite et qu'il n'y a encore de plâtre sur aucun mur intérieur, afin qu'on puisse voir si la maçonnerie est bien conditionnée.

Au moment de cette réception, les agents chargés de la faire s'assureront que tous les objets de menuiserie, non encore recouverts d'une première couche de couleur, sont construits dans les conditions requises, avec le bois prescrit par le devis et réunissant les qualités inscrites dans le cahier des charges.

Cette réception terminée, rien n'empêche, dans des circonstances exceptionnelles, lorsque les communes ne peuvent satisfaire à leurs obligations envers les entrepreneurs, de délivrer le troisième quart des subsides alloués par la province et par l'État.

Je ne puis admettre que l'on procède à la réception

définitive aussitôt la construction terminée. On ne saurait entourer de trop de garanties la bonne exécution des travaux, car, malgré toutes les mesures de précaution que Ton prend, il est rare qu'une fois le bâtiment occupé depuis quelque temps, on n'y trouve des défectuosités qu'une surveillance plus sévère pendant 1 exécution ou qu'un examen plus attentif lors de la réception aurait pu faire éviter. Il importe que les travaux ne soient définitivement reçus qu'après le relevage des planchers, cinq ou six mois, si c'est nécessaire, après l'achèvement de la construction.

Je saisis cette occasion pour signaler à votre attention la manière dont on pratique la réception des objets mobiliers. Si mes renseignements sont exacts, on ne tiendrait compte que d'une manière approximative et des dispositions adoptées pour les bancs-pupitres et surtout des dimensions de ceux-ci. 11 importe de rappeler aux divers agents chargés des réceptions, principalement aux inspecteurs de l'enseignement primaire, que les bancs-pupitres qui n'auraient pas exactement la forme et les dimensions des modèles récemment approuvés et publiés par le gouvernement doivent être impitoyablement refusés.

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