EMPLACEMENT, ORIENTATION
Lorsqu'il s'agit d'élever une maison d'école, la première question à résoudre est le choix de l'emplacement ; lui donner une solution entièrement favorable est une entreprise aussi importante que difficile. En efFet, si dans les campagnes il est presque toujours possible de trouver un endroit sain, salubre, éloigné de tout voisinage bruyant, auquel on ne demande que d'être situé en bordure d'un chemin assurant aux élèves un accès facile et sûr en toutes saisons, il n'en est pas de même dans les villes : là, la situation est différente ; il faut d'abord et avant tout que l'école soit à
proximité de la demeure des élèves; que pour y arriver ils ne soient pas astreints à une longue course, mais au contraire qu'ils puissent y entrer de bonne heure le matin et retrouver leur famille dans le milieu du jour pour y prendre leur repas.
L'éloignement de tout établissement industriel, de toute usine bruyante ou incommode n'est pas toujours, en pareil cas, un résultat qu'il faille chercher à obtenir, et un tel voisinage, quelque désagréable qu'il soit, ne doit pas, dès le premier abord, être repoussé d'une façon absolue. Un quartier peuplé d'ateliers et de manufactures a autant, sinon plus qu'un autre, besoin d'école, et celle-ci ne doit pas redouter le voisinage des ateliers dans lesquels travaillent les parents de ses élèves, près desquels ils logent et dans lesquels ces élèves eux-mêmes travailleront sans doute un jour.
Les prescriptions auxquelles est soumis le choix de l'emplacement d'une école n'ont donc rien d'absolu, et on peut dire, en thèse générale, que partout où s'élèvent des habitations humaines doit en même temps s'élever une école.
La bonne orientation de 1 école, bien que plus facile à déterminer que son emplacement, est cependant soumise aux mêmes conditions; ainsi, dans les villes, il est rarement possible d'avoir les fenêtres des classes dans la direction qui serait préférable; parfois, il est vrai, la forme et la disposition permettent une solution favorable, mais alors c'est une heureuse exception dont il faut profiter. Dans les campagnes il n'en est pas ainsi, et souvent le bâtiment peut être orienté de la façon la plus convenable.
En pareil cas, le bâtiment scolaire est placé de façon à ce que les fenêtres se trouvent exposées à l'est ; le nord est
trop froid, le sud trop chaud, et de l'ouest soufflent les vents de pluie.
Les écoles rurales comprennent en général non-seulement l'école proprement dite, mais encore les services annexes de la mairie et le logement du maître.
Les dispositions adoptées en pareil cas (fig. i), varient à Tinfinî, suivant Timportance de la commune et les formes du terrain, suivant la nature de l'école si elle est mixte, c'est-à-dire recevant dans le même local des garçons et des filles, ou si elle est, au contraire, spéciale pour chaque sexe, et si enfin elle est laïque ou congréganiste.
Dans les écoles urbaines les édifices, bien qu'uniquement consacrés au service scolaire, offi'ent des dispositions moins simples et se composent de l'agglomération d'un certain nombre de bâtiments différents début et d'usage; le plus souvent les écoles de filles et les écoles de garçons sont comprises dans la même enceinte, mais non sous le même toit, et, tout en étant réunies, restent séparées de façon à former un groupe dont les figures 2 et 3 peuvent faire connaître les dispositions générales. Ces deux groupes renferment chacun une école de filles et une école de garçons : l'un, celui du boulevard du Midi (fig. 3), est élevé sur un plan irrégulier dont l'architecte* a su tirer un heureux parti; Tautre, situé rue du Canal (fig. 2), occupe un terrain parfaitement rectangulaire, mais d'une surface trop restreinte, qui a obligé l'architecte * à résoudre des difficultés d'une autre nature.