SALLES DE DESSIN. — SALLES DE MUSIQUE
Il n'existe pas, à proprement parler, de salles spécialement consacrées à l'enseignement du dessin *; chaque maître enseigne le dessin à ses élevés dans sa propre classe. Les ardoises disposées au pourtour de la salle servent en partie à cet usage, mais ne sont pas, semble-t-il, assez commodément disposées pour atteindre leur but. Aux heures de la leçon les élèves quittent leur place et vont reproduire sur ces ardoises les modèles désignés par le professeur.
Ce mode d'enseignement peut-il suffire? Le doute est permis; mais il ne faut pas perdre de vue que le but des maîtres belges n'est pas de former des artistes : ils veulent seulement apprendre à leurs élèves à savoir regarder et voir,
I. Le congrès des instituteurs belges a cependant demandé, en 1877, « que des écoles primaires mixtes remplacent les écoles réservées eiclusivement à l'un ou à Tautre sexe. »
a. La médiode d'enseignement du dessin en usage en Belgique est la méthode Hendrickx. On commence aussi à mettre en usage la méthode tP enseignement par Us solides^ de MM. Sauvageot et Chéde-
à se rendre compte de la forme et des contours des objets. Ceux qui font preuve d'une aptitude spéciale entrent plus tard dans les écoles professionnelles ; leur goût, leur sentiment se développent alors ; mais, à l'école primaire, l'instruction la plus élémentaire seule a droit de cité : il ne s'agit que de faire atteindre aux enfants un certain niveau de connaissances, de leur inculquer des principes, de développer leur intelligence et leurs facultés. Ceux qui sont mieux doués et ceux à qui ces éléments nesufiisentpas, vontplustard dans un établissement d'un degré supérieur acquérir une plus grande masse de connaissances. En suivant cet ordre d'idées, l'enseignement du dessin tel qu'on a voulu essayer de le répandre dans nos écoles de Paris n'a plus sa raison d'être ; les écoles belges le réduisent aux limites qu'il ne doit pas dépassera l'école primaire, et l'installation prévue à cet effet répond aux exigences et aux nécessités du programme.
Il n'en est pas de même à l'égard de la musique; si les écoles belges n'ont pas de salle de dessin, beaucoup, en revanche, possèdent des salles de musique. Le goût de la musique est très-répandu dans les provinces qui forment la frontière des pays allemands. Dès leur bas âge, les enfants contractent ce goût dans le sein delà famille, ils le développent à l'école et l'exercent ensuite dans les nombreuses sociétés chorales, si répandues dans toute la contrée ; c'est un excellent dérivatif aux excitations de la jeunesse, une puissante distraction pour l'âge mur, et l'on comprend l'intérêt qu'il y a, au point de vue moral, à entretenir et à développer ce penchant durant le séjour de l'enfant à l'école.
La salle de musique est une pièce de plus ou moins grande étendue, entourée d'armoires ou simplement de rayons sur lesquels sont déposés les instruments; elle e^t
SERVICES INTÉRIEURS. 8j
meublée de bancs, de pupitres et d'une estrade pour le chef d'orchestre.
Dans quelques localités, la salle de musique prend les proportions dhine salle de concert avec scène, amphithéâtre et gradins; mais, alors, elle sort des conditions habituelles et n'a plus aucun des caractères qui la font rentrer dans le cadre de l'installation spéciale d'une école publique.
Rappelons que» vers 1850, la création de salles de musique avait été décidée dans les écoles primaires de Paris, et que cette innovation n'a obtenu aucun succès ; espérons que les salles de dessin, si en faveur en ce moment, auront un meilleur sort.