DÉPENSES
La dépense à laquelle donne lieu en Belgique la construction des maisons d'école est sensiblement plus élevée qu'en France.
Dans les villes, la suppression des grands préaux et des Ic^ements de maîtres est compensée et au delà par l'installation des gymnases, par les classes plus nombreuses et moins
vastes, les prix de la main-d'œuvre et des matériaux restant à peu près les mêmes dans les deux pays.
Dans les campagnes, l'installation plus complète des cours et bâtiments avec gymnase, cours couvertes, vestiaires, classes de petites dimensions, jardins et annexes, augmente également les proportions admises chez nous * .
En résumé, les écoles urbaines coûtent en moyenne environ 550 à 600 francs par élève, et les écoles rurales 200 à 250 francs.
I. Architecture communale^ par Félix Narjoux. Librairie Morel, Paris.
L'école professionnelle de filles de la rue des Marais est installée dans un vieil hôtel approprié à sa nouvelle destination ; ce n'est donc pas comme modèle à reproduire que nous le présentons ici, mais comme renseignement utile à connaître pour la préparation d'un programme, et comme point de départ propre à faciliter l'intelligence des explications suivantes.
La création de Técole professionnelle des jeunes filles * a satisfait à un besoin légitime de la classe ouvrière; elle est venue combler dans Tenseignement^une lacune importante. En effet, les femmes qui demandent leurs moyens d'existence au travail se trouvent souvent dans les conditions les plus difficiles. Soumises à un long apprentissage, n'ayant, trop souvent, pour diriger leurs premiers pas dans la carrière professionnelle, que des patrons peu intelligents ou intéressés à maintenir leurs ouvrières dans une position inférieure et dépendante, les femmes n'obtiennent en général qu'un salaire insuffisant en échange d'un pénible travail.
C'est pour améliorer leur sort, combattre leur ignorance
I . Rapport sur VEcoU professionnelle des jeunes filles, Bruxelles, Lesigne, 1874.
et leur dénûment, sources de toutes les misères et de tous les avilissements, pour leur offrir enfin de meilleures chances dans la vie, qu'a été fondée Técole professionnelle des jeunes filles.
Le but de Tinstitution n'est pas exclusivement de fournir un enseignement professionnel, c est-à-dire de familiariser la jeune fille avec la pratique de la profession ou du métier qu'elle veut embrasser. Elle a, en outre, pour objet de conserver et de développer les avantages de l'instruction reçue à l'école primaire* C'est pourquoi des cours généraux ont été établis à côté des cours professionnels.
Il a paru aux fondateurs que toutes leurs élèves ne devaient pas rester confinées dans un état déterminé, et qu'il fallait songer à en faire non-seulement des ou\Tières habiles, mais encore des épouses instruites, capables d'assister l'homme qui les choisira pour compagnes, des mères dignes d'être les premières institutrices de leurs fils; il leur a semblé, enfin, qu'une main plus ou moins habile ne fait pas l'artisan, et que la valeur du travail augmente à mesure que s'élève le niveau intellectuel du travailleur.
L'école a été créée en 1865 par l'initiative privée ; en i868, l'administration voulut la transformer en établissement communal, et, à la même époque, le gouvernement lui accorda un subside, grâce auquel elle acquit le développement actuel.
Les locaux laissent à désirer, cependant il est incontestable qu'on en a su tirer le meilleur parti possible. Les classes sont assez vastes, sufiisamment aérées et ventilées. On exige des élèves l'accomplissement des soins de la plus méticuleuse propreté. Ces jeunes filles contractent bien vite l'habitude de soigner leurs vêtements et leur personne, aussi
l'établissement a-t-il une apparence d'ordre et de bonne tenue qui fait plaisir à voir et qu'on retrouve aussi bien
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