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Cour de récréation

2k. Courette.

i4a LES ECOLES PUBLIQUES EN BELGIQUE.

dans les ateliers, dans les vestiaires, que dans les cours et les classes.

Une grande porte ouverte sur la rue donne accès (fig. 57) à un vestibule, sous lequel les parents viennent attendre rheure de la sortie des élèves. Le bureau du conseil d'administration est à droite; cette pièce sert en même temps de parloir; au delà de cette pièce sont des classes et un dépôt. Du vestibule, les élèves passent dans un préau vitré ouvert sur une de ses faces (fig. 8) et servant de cour d'exercices, de lieu de réunion générale; sous ce préau se trouvent les privés et les lavabos (fig. 13); Teau est distribuée dans toutes les parties de la maison; chaque atelier est muni de lavabos particuliers, afin que les élèves puissent constamment trouver à leur portée, durant les heures de travail, le moyen de remplir leurs devoirs de propreté.

Dans les privés, Teau est distribuéed*après un procédé en usage dans les écoles d'Angleterre et que nous avons déjà eu loccasion de décrire.

Les ateliers de couture, de confection et les salons d'essai, occupent toute la partie gauche du rez-de-chaussée; une entrée spéciale est réservée au public, car ces ateliers travaillent pour les clients de la ville : les maîtresses n'ont aucun bénéfice à réaliser sur le travail de leurs élèves, et celles-ci reçoivent intégralement le prix des vêtements qu'elles confectionnent ou qu'elles raccommodent. La question de l'apprentissage, continuel danger pour les jeunes filles, se trouve ainsi heureusement résolue; car ces jeunes filles apprennent, en même temps qu'elles gagnent de quoi subvenir en totalité pu en partie aux dépenses de leur entretien.

Une autre section de classes, également très-sujvîfi et

très-féconde en heureux résultats, est celle consacrée au commerce. Là se forment des demoiselles de magasin expertes, des caissières probes et habiles, des employées chargées de la correspondance commerciale, de la tenue des livres, etc., toutes situations jusqu'alors trop exclusivement abandonnées aux hommes et dans lesquelles les femmes peuvent rendre de tels services que, depuis la création de l'école professionnelle, la direction ne peut suffire aux nombreuses demandes qui lui sont adressées par les chefs de maisons belges.

Les cours de dessin industriel, ceux de peinture sur faïence et sur porcelaine, ont moins de succès que les précédents ; celui de modelage a dû être supprimé.

Voici, du reste, comment se répartissaient, en 1874, les 287 élèves de Técole :

Commerce 83 \

Confection 93 I

Lingerie 28 > 268

Fleurs artificielles 19 1

De38in industriel 4^ ;

Peinture sur faïence et sur porce- 18

laine } 19

Peinture sur éventails i

Total 287

Cette répartition renferme un utile enseignement : elle montre combien la direction de Técole tend à donner aux élèves un enseignement pratique, propre aies mettre à même de gagner leur vie par l'exercice d'un métier qui n'a rien de brillant, qui n'a pas l'attrait qu'offre un art, mais dont les résultats solides et sérieux marchent droit au but à at-

teindre ; pas de faux artistes, pas d'encouragements maladroits donnés à des enfants qui font de bonnes ouvrières et qui feraient de détestables peintres ou dessinateurs. Le dessin qu'on leur enseigne, c'est le dessin industriel, celui dont elles ont besoin pour tracer les dispositions à donner aux dentelles, broderies, étoffes^ tapisseries, coupes de robe ei confections, et qui leur sert à préparer les ouvrages qu'elles exécutent elles-mêmes.

En résumé, sur 287 élèves, 268 apprennent un métier, une profession manuelle, ip seulement cherchent à pratiquer un art; mais ces dernières montrent par leurs œuvres • qu'elles sont capables d'atteindre ce but difficile.

On pressent ainsi que, loin à! encourager chez leurs élèves le désir d'être artistes, les maîtres les ont découragées de tentatives de ce genre et ont préféré former des ouvrières, des femmes de ménage, sachant élever leur famille, raccommoder leur linge, aider leur mari à gagner le pain des enfants, plutôt que créer de prétendues artistes, incomplètes, déclassées, lourd fardeau pour elles et pour les autres.

L'enseignement général comprend la langue française, la langue flamande, l'arithmétique, l'histoire nationale, la géographie, des notions d'histoire naturelle, d'hygiène, d'économie domestique, l'écriture et le dessin élémentaire, le chant et la gymnastique.

Les cours spéciaux comprennent :

Le commerce, le dessin industriel, la peinture sur faïence, la peinture sur porcelaine, la confection, couture et lingerie, la fabrication de fleurs artificielles, peinture sur éventails et sur étoffes.

Une bibliothèque met chaque semaine à la disposition

de celles des élèves qui l'ont mérité, un certain nombre de livres choisis avec soin. Cette bibliothèque contient en outre tous les ouvrages techniques pouvant être utiles aux élèves dans leurs travaux et qu'elles peuvent consulter pour la préparation des cours et leçons.

Les élèves entrent à Técole professionnelle à l'âge de 12 ans, au sortir de l'école primaire; l'enseignement dure 3 ans. Des certificats de capacité sont délivrés à la suite des examens de sortie, et les élèves, munies de ces certificats, trouvent toutes très-facilement à se placer comme caissières, comptables, coupeuses, confectionneuses, dessinateurs pour dentelles, etc., dans les plus grandes maisons de Belgique.

En général, les élèves sont admises gratuitement, les fiais de l'enseignement, de l'entretien, du matériel et des locaux étant couverts au moyen des bourses créées par des dons volontaires, par la subvention de la commune et par celle de TÉtat.

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