BIBLIOTHEQUE
Dans toutes les classes est placé un petit corps de bibliothèque qu'il ne faut pas confondre avec celui destiné aux bibliothèques communales, car il ne sert pas au même but. Les bibliothèques dont il s'agit ici contiennent les livres nécessaires à la classe, ceux dans lesquels le maître iàit une lecture; elles renferment aussi les dictionnaires d'un prix trop élevé pour que les élèves puissent les acquérir et dont l'usage est général, etc., et enfin, la réserve du petit matériel scolaire vendu aux élèves au fur et à mesure de leurs besoins.
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La figure 74 montre la forme et les dispositions adoptées en général pour les meubles de ce genre.
Ces bibliothèques en sapin verni coûtent en moyenne 250 francs.
La question du logement des maîtres est une grave question très-controversée chez nous, et que les Belges ont résolue négativement- En principe, ils ne logent dans leurs écoles ni maîtres ni directeurs.
Il faut, toutefois, établir une distinction sur le parti pris à cet égard, suivant que les écoles sont des écoles urbaines ou des écoles rurales.
ECOLES URBAINES
Dans les écoles urbaines, le concierge et un directeur sont seuls logés àrécole, encore la concession faite en faveur de ce dernier tend-elle à disparaître. Quand un groupe eomprend une école de garçons et une école de filles, il ne contient néanmoins qu'un seul logement, celui du directeur. Ce directeur a la haute main sur les deux écoles. Dans les écoles gardiennes, dans les jardins d'enfants, dans bien des écoles de filles et de garçons même, on ne trouve d'autre logement que celui des gardiens. Quant aux maîtres, aux sous-directeurs et tous autres fonctionnaires, aucun n'est logé officiellement. Ils viennent le matin à l'heure de la
leçon, retournent chez eux prendre un repas, s'il y a lieu, et reviennent à l'école. Cest exactement, du reste, ce que font les professeurs de nos lycées; quant aux écoles possédant jusqu'à sept logements de directeur, de directrice, de sous-directeurs, de sous-directrices, d'inspecteurs et de concierge, il n'existe pas chez nos voisins d'exemple de cette nature. Le principe qui préside à la construction des écoles belges est de les construire pour les élèves et non pour les maîtres.
Afin de remédier aux réclamations relatives à la cherté des loyers, à la difficulté de trouver une installation convenable, toutes récriminations que pouvaient soulever les maîtres, la ville de Bruxelles a fait construire dans un de ses quartiers une cité scolaire qui abrite tous les maîtres, professeurs, sous-directeurs, etc., désirant vivre sous le toit administratif. En multipliant les cités de cette nature, de façon à éviter à leurs habitants le parcours de trop grandes distances, toutes les grandes villes pourraient réaliser une solution de ce genre.
Mais pourquoi se préoccuper, comme nous le faisons, du logement des maîtres ou des directeurs d'une école primaire? pourquoi en faire des fonctionnaires à part, que l'Etat ou les villes doivent loger, pendant que tous le autres pourvoient eux-mêmes à ce soin et s'en acquittent où et comme ils l'entendent? pourquoi cette ingérence de l'administration dans une question essentiellement privée? Voilà toute une série de questions auxquelles il n'est pas facile de faire une réponse satisfaisante et raisonnée.
On comprend bien que le proviseur, le censeur d'un lycée, le principal d'un collège, demeurent dans l'établissement qu'ils dirigent, leur présence y est nécessaire à toute
heure du jour et de la nuit, leur surveillance doit être incessante, et le meilleur moyen de l'assurer est de la faciliter en leur évitant tout déplacement gênant ou incommode.
Mais un directeur ou une directrice d'école publique ne sont pas dans le même cas ; ils n'ont qu'à se trouver le matin à l'ouverture de l'école, y prendre leur repas du milieu du jour comme les maîtres anglais, et rentrer le soir chez eux après la clôture des classes : c'est là, en somme, la manière de vivre, l'obligation imposée aux employés administratifs de tout ordre.
Loger, à l'intérieur d'une école, les directeurs et directrices d'une école publique est sans doute leur accorder un avantage, mais cet avantage se traduit, en fin de compte, par la naissance d'une foule d'abus regrettables. Certains maîtres peu soucieux de leur devoir se retirent dans leur appartement aux heures de classe, aux heures oh leur surveillance devrait être des plus actives ; d'autres en profitent pour adopter une tenue fâcheuse.
Ils n'ont pas besoin de s'habiller pour venir à l'école, celle-ci n'est qu'une dépendance de leur chambre à coucher. N'a-t-on pas vu parfois des maîtres convertir leurs élèves en domestiques et les charger du soin de balayer leur appartement; d'autres, faire des cours de récréation une véritable basse-cour, ou consacrer à leur usage personnel des provisions de bois, de charbon et d'huile, destinées à l'école?
Il ne faut pas non plus oublier le mauvais effet que produisent aux yeux des élèves les querelles intestines pouvant survenir .^oit à l'intérieur des ménages, soit entre deux ménages voisins. Ces abus sont inconnus en France, dira-t-on, mais enfin ils peuvent y prendre naissance. Ne vaut-il pas mieux les éviter, les prévoir de loin?
lya LES ECOLES PUBLIQUES EN BELGIQUE.
Une dernière considération non moins sérieuse que les précédentes, et qui plaide en faveur de la séparation de Técole et du logement des maîtres, est l'élévation de la dépense qu'entraîne une installation de cette nature, dépense résultant non-seulement des frais de construction première, mais encore de ceux d'entretien, de ceux de chauffage, d'éclairage, etc.
La suppression des logements à l'intérieur des écoles remédie à ces inconvénients si graves que, dans quelques années, quand cet abus aura disparu, on s'étonnera qu'il ait pu subsister aussi longtemps.
Dans les écoles contenant un logement de directeur, ces logements sont simples et nliodestes; ils sont toujours desservis par un escalier distinct de celui des élèves, et comprennent une cuisine avec sa laverie, des privés, une salle à manger, deux chambres à coucher et un cabinet de travail. C'est le strict nécessaire, et cependant, c'est le logement de fonctionnaires occupant une situation honorable et productive*.
ECOLES RURALES
Dans les écoles rurales, le principe, bien que restant le même, est cependant soumis à certaines modifications, justifiées par les exigences d'une situation différente.
L'article 3 du programme du 2^ novembre 1874 porte,
I. Uii directeur, quand il est logé, chauffé et éclairé, reçoit un traitement de 5 à 6,000 francs; s'il n'est ni logé, ni chauffé, ni éclairé, il reçoit de 1,000 à a^ooo francs en plus.
Un maître reçoit en moyenne 1,500 à 4,000 francs.
Une maîtresse reçoit en moyenne 1,200 à 3,000 traucs.
comme condition expresse : t Si le terrain est suffisant, on isolera complètement les habitations. • Puis un peu plus loin : • Aucune communication ne pourra exister entre l'habitation et la salle d'école. » Cest, on le voit, aller audevant des observations développées plus haut, c'est tacitement reconnaître les inconvénients qui peuvent amener une situation fâcheuse, et prendre à l'avance les mesures nécessaires pour y porter remède.
Dans les campagnes, il serait souvent difficile au maître d'école de trouver à se loger; en outre, dans la plupart des écoles rurales, la mairie fait partie intégrante de Técole, le maire en est le secrétaire. Les registres de Tétat civil, les actes officiels de l'administration, sont déposés à la mairie et ne peuvent rester abandonnés; installer un garde spécial, serait imposer à la commune une dépense souvent hors d'état avec ses ressources ; de là découle naturellement la nécessité de charger le maître d'école de ce double soin et, par conséquent, de le loger à ou près de l'école.
Mais on voit de quelle restriction est entourée cette concession : f Aucune communication intérieure ne devra exister entre les logements et l'école. •
Le maître ne pourra ainsi faire venir ses élèves chez lui; il ne pourra, au lieu d'être à sa classe, rester dans sa chambre, sans qu'aussitôt l'attention des voisins ne soit éveillée; il ne pourra venir à sa classe sans se trouver astreint à une tenue convenable, son intérieur gardera ses mystères, et la gêne, s'il en résulte pour lui de cette situation, sera largement compensée par la considération dont il jouira et le sentiment de sa dignité qu'il sentira s'accroître.
Les figures 37, 40, font connaître ce qu'en général sont ces logements de maîtres d'écoles rurales, quelle importance
leur est donnée et de quelle façon, en pareil cas. la prépondérance est toujours laissée aux services de la mairie et surtout à la salle du conseil communal.
Le logement, un peu plus important qu'ils ne le sont en général, et qu'indique la figure 43, se compose d'une cuisine, d'une salle à manger, de trois chambres à coucher (l'une peut être convertie en cabinet de travail), et d'une chambre pour un maître adjoint; un bureau servant de parloir est, en outre, réservé au maître au rez-de-chaussée et lui sert à recevoir les parents des élèves, à déposer les registres de comptabilité, ceux d'inscription des élèves, età faire appeler les élèves auxquels il doit adresser des reproches en particulier.
La mairie comprend une salle pour la réunion du conseil communal, et une petite pièce placée à côté pour servir de dépôt aux archives.
Quand le terrain destiné à l'école est assez vaste pour que la demeure de l'instituteur soit séparée, distincte de
récole, et que les ressources communales permettent une semblable disposition, la solution ainsi obtenue est bien préférable à toutes les autres, à tous les points de vue. La figure i indique le plan général jifT d'une école rurale conçue dans cet ordre ^rr^ — fe u*k d'idées. A l'angle d'une rue et d'une place Fig. 7S. s'élève le bâtiment scolaire. La mairie est