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OBSERVATIONS GENERALES

La construction des écoles primaires publiques a, dans ces dernières années, pris en Angleterre un développement considérable; on comptait en 1873, à Londres, cinquante écoles en construction, devant recevoir chacune de sept à huit cents élèves; c'était donc en une seule année un nombre total de trente-cinq à quarante mille élèves nouveaux qui allaient être admis à prendre part à la vie scolaire 1 ; on comprend de quels progrès et de quelles études un tel accroissement a été le point de départ et la conséquence forcée.

Ce qui s'est fait à cette occasion en Angleterre, rapproché de ce qui se fait chez nous, offre un sujet d'étude digne d'appeler l'attention de tous ceux que préoccupe à

(1) Population du district scolaire de Londres 3,577,000 habitants. Surface en ares (l'are vaut 40 ares, 467 centiares) 75,490 soit 30,5490 soit 30,548 hectares 54 ares.

Valeur des immeubles scolaires en livres sterlings (25 fr.) 23,584,728 soit en francs 589,618,200.

Nombre officiel des places que contiennent les différentes écoles 466,678.

Nombre d'enfants inscrits sur les rôles scolaires 432,924.

Nombre moyen d'enfants présents à l'école 342,837.

Il n'est pas sans intérêt de rapprocher de ces chiffres ceux qui sont connus sur la situation des écoles de Paris.

La population de Paris est de 1,818,710 habitants la surface 7,804 hectare. Le nombre des places que contiennent les écoles et les asiles est de 108,326. Le nombre d'enfants inscrits est de 1 1 5,684.

un titre quelconque cette grave question de l'enseignement populaire.

Avant d'aborder les appréciations et les discussions qu'entraîne ce sujet, il nous faut entrer dans quelques courtes explications propres à faciliter au lecteur l'intelligence des textes et des descriptions qui en sont la conséquence.

Les écoles ne sont pas chez nos voisins toujours élevées aux frais d'une commune ou d'une congrégation religieuse ; presque toujours, au contraire, elles sont dues à l'initiative privée d'un groupe d'habitants, noblemen, traders, ou clergymen ; l'architecte est choisi sans autre préoccupation que celle de savoir s'il justifie la confiance qu'on lui témoigne ; son œuvre, par suite, se ressent de la liberté qui lui est laissée ; la solution qu'elle apporte se trouve en dehors de toute idée préconçue, de toute tradition de coterie, et, bien que le programme soit forcément peu varié, ces solutions diffèrent toutes entre elles. Une telle situation développe ou le cemprend une constante émulation parmi tous les architectes, un échec a pour eux des conséquences fatales, aussi s'efforcent-ils d'améliorer et de perfectionner l'œuvre de leurs devanciers, certains de voir leurs efforts favorablement accueillis et, si elles le méritent, leurs tentatives approuvées sans restriction.

L'initiative privée prend volontiers en main les intérêts de tous : c'est elle qui reconnaît que dans tel quartier, dans telle paroisse, une école peut être utile. Elle réunit les fonds au moyen de souscriptions volontaires» et de collectes paroissiales ; si les ressources sont insuffisantes, le comité de l'instruction publique vient à l'aide ; puis une société s'organise, construit l'école, l'ouvre, la surveille et assure les

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recettes nécessaires à son existence régulière, à son fonctionnement légal.

Nous ne savons pas si nos mœurs, nos habitudes pourraient s'accommoder des traditions anglaises ; nous ne savons même pas si, transplantées dans notre pays, les solutions favorables là-bas le seraient également chez nous : des différences trop profondes séparent la civilisation éminemment aristocratique de l'Angleterre, de notre démocratique société française, pour faire supposer qu'une institution populaire puisse également convenir aux deux pays ; ce n'est donc pas la transformation de nos écoles françaises en écoles anglaises que nous venons proposer, mais dans tout ce que nous avons vu, dans tout ce que nous avons étudié, il y a beaucoup de bonnes choses à prendre, beaucoup de bons côtés à nous assimiler, et c'est à ce point de vue seulement qu'il faut se placer pour examiner et approfondir sans parti pris les détails dans lesquels nous allons entrer.

Tout d'abord, indiquons brièvement le mode d'administration et d'enseignement en usage dans les écoles anglaises.

L'école est dirigée par un head teacher, maître principal, ayant sous ses ordres un ou plusieurs teachers, maîtres, et un certain nombre de pupils teachers, élèves-maîtres 1.

Le maître principal a la direction et la surveillance générale de l'école, du personnel élèves, et du personnel maîtres2;

(1) Le head teacher reçoit un traitement annuel de 120 à 150 livres. (3,000 à 3,750 francs).

Le teacher reçoit 80 à 10» livres (2,000 à 2,joo francs).

Le pupil teacher (enfant de douze à seize ans) reçoit 40 à 60 livres (1,000 à 1,$ 00 francs).

(2) Les enfants, filles et garçons, restent jusqu'à l'âge de huit ou dix ans sous la direction des institutrices ; après cet âge les garçons passent aux mains des maîtres, les filles restant dans celles des maîtresses.

les maîtres sont chargés de la surveillance et de l'enseignement d'une ou de plusieurs classes, et les élèves-maîtres de la surveillance et de l'enseignement d'un groupe.

Ainsi la school-room (école) s'entend de la réunion de plusieurs classes et se divise en un certain nombre de classrooms (classes) subdivisées à leur tour en groups (groupes).

La corrélation entre le titre et les fonctions des instituteurs se trouve de cette façon rendue sensible : le maître principal est le chef de l'école (head teacher, school-room), le maître dirige une classe (teacher, class-room), et enfin l' élève-maître enseigne un groupe (pupil teacher, group).

Par conséquent une école de 1,000 enfants, par exemple, serait divisée en dix classes comprenant chacune quatre groupes et aurait un maître principal, dix maîtres et quarante élèves-maîtres.

Le bâtiment contenant l'école doit donc aider et faciliter l'accomplissement de ces diverses obligations : il faut — pour la surveillance du maître principal, des passages, et des dégagements commodes ; — pour les maîtres, des classes vastes divisées en groupes séparés, mais faciles à réunir ; — pour les élèves-maîtres, des compartiments nombreux ne pouvant recevoir qu'un nombre restreint d'élèves.

Les deux dernières exigences des programmes sont celles dont la réalisation rencontre le plus de difficultés : le moyen le plus généralement adopté est la division d'une vaste salle en un nombre déterminé de compartiments. La moitié de la salle environ reste libre et est consacrée aux exercices communs, aux promenades des enfants quand ils quittent leurs bancs : c'est dans cet espace libre que se placent les chevalets, les tableaux et les modèles ; c'est là que

se tiennent les maîtres quand ils font des leçons générales. Les divisions de la salle en groupes sont faites au moyen de tentures, de cloisons fixes ou de cloisons mobiles ; ce dernier procédé est le plus fréquemment adopté dans les constructions nouvelles.

Bien que toujours régi par le même principe de séparation en class-room et en groupes et de réunion en schoolrooms, il existe pour les installations d'écoles anglaises un système autre que celui dont nous venons de parler.

Cet autre système porte le nom de système prussien. Les élèves sont en ce cas répartis dans des classes distinctes, closes et séparées les unes des autres, mais ils sont réunis, à l'occasion de certains exercices dans une salle commune sur laquelle s'ouvrent en général les portes des classes. Nous aurons, du reste, par la suite l'occasion d'examiner plus en détail ces différents systèmes.

Les règlements auxquels est soumise en Angleterre la construction des écoles sont précis et formels ; ils sont en plus petit nombre que ceux qui régissent les nôtres et moins sujets à interprétation.

Le comité du conseil de l'instruction publique a réuni, depuis quelques années, l'ensemble des conditions qui forment la base fondamentale de la législation scolaire ; ces conditions sont, en ce qui concerne l'installation et la construction des bâtiments, l'objet d'une publication annuelle ou à peu près, faite par le School Board de Londres (conseil des Écoles) sous le titre : Règles à observer pour construire et installer des Écoles dans la ville de Londres (Rules to be observed in planing and fitting up schools, considered in référence to schools of large size, to be erected in London).

L'intérêt de ces documents, une fois le point de départ admis, consiste surtout à faire connaître toutes les améliorations tentées, réussies pendant le temps qui s'écoule entre deux publications.

Nous donnons plus loin celle de ces publications, sorte d'annuaire des écoles publiques anglaises, qui a paru en 1874 et qui résume les précédentes ; nous donnons également un extrait des règlements du comité de l'instruction publique et une étude très remarquée, publiée récemment sur ce même sujet dans le Building news. Ces textes paraîtront peut-être à première vue se répéter en quelques pages, mais ces répétitions, plus apparentes que réelles, sont si peu importantes que nous avons préféré ne pas les retrancher de crainte de nuire à la clarté de l'ensemble. Leur réunion, du reste, forme comme le résumé de la législation scolaire en Angleterre, et c'est à ce titre qu'elle offre un intérêt auquel eût certainementnui une suppression même partielle.

Rappelons aussi, afin d'éviter des répétitions fréquentes et monotones, que le yard vaut 0,83 ; lefoot (pied) vaut 0,304 ; le inch (pouce) 0,025 '■> l&pound (livre) 2$ fr. 00; le shilling ifr. 25 et le penny o, 10.

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