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OBSERVATION XXXI

(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Bégouin.)

Amputation traumatique de jambe par écrasement chez un alcoolique. — Conservation. — Septicémie. — Amputation tardive. -— Mort.

En 1895, entre à Saint-André un homme, alcoolique invétéré, qui vient d'être pris sous une roue de camion. Il a perdu beaucoup de sang.

J'arrive choqué, présentant une ampuütation traumatique de la jambe gauche. Le genou est ouvert et scu'es quelques fibres relient encore la jambe à la cuisse On complète la section et on lie la fémo-

rale à l’anneau.

Les jours suivants, la septicémie et la Suppuration apparaissent. Devant l’altération rapide de l’état général, on pratique le dixhuitième jour l’amputation de cuisse pour supprimer le foyer d’infection.

La fièvre tombe mais trois jours après le blessé succombe avec phénomènes de dyspnée croissante et albumine dans les urines. A la nécropsie, on trouve un foie chamois, un rein très graisseux. Le blessé est mort d'urémie favorisée par l'infection. Il eut été préférable d'amputer d'emblée chez cet homme taré par l'alcool, dont le foie

et le rein étaient insuffisants.

Les tuberculeux aussi paraissent relever des mêmes indications. Sans doute l'opération est un grave trauma pour un bacillaire mais une résection pour tumeur blanche l’est aussi ce qui ne l'empêche pas de donner de bons résultats.

Loison a publié en 1904 dans le Marseilie Médical, Vhistoire d’un écrasement ayant atteint un soldat tuberculeux. Il voulut tenter la conservation mais le blessé s’épuisa peu à peu et mourut; il regrette . somme toute, de ne pas lavoir amputé primitivement; l'opération faite en temps et lieu lui aurait probablement sauvé la vie. Voici d’ailleurs cette observation résumée.

OBSERVATION XXXII (résumée) (Loison. Marseille Médical, 15 janvier 1901.)

Ecrasement des deux pieds par roue de wagon chez unbacillaire à la deuxième période. — Tentative de conservation. — Infection et altération rapide de l'état g$éaéral. —

Amputation. — Mort.

Il s’agit d’un brigadier d'artillerie coloniale, âgé de vingt-sept ans, fatigué par deux séjours coloniaux et atteint de tuberculose pulmonaire à la seconde période.

Le 31 juillet 1903, en voulant monter dans un train en marche, il tombe sous les roues d’un wagon qui lui écrase les deux pieds. On

le porte à l'hôpital militaire. Il arrive choqué.

RS ue

Le lendemain, l’état général s’est relevé. Le docteur Loison.se contente d’enlever les parties du pied complètement détruites puis après lavages antiseptiques, il pratique l’'embaumement à la Reclus.

A partir du 2 août l'infection et la septicémie s'installent. Le G août, l’avant-pied droit étant momifié, on sépare le mort du vif au niveau du Chopart. Mais l’état général s'aggrave rapidement. Jugeant le blessé trop affaibli par sa tuberculose pulmonaire pour espérer le voir résister à une longue suppuration, le docteur Loison pratique le 13 août l’amputation de la jambe droite au lieu d'élection.

L'infection continue au niveau de ce moignon et du pied gauche. Les lambeaux se sphacèlent, l’état général s’altère de plus en plus, les lésions pulmonaires progressent rapidement. Le 24 août, on ampute la jambe gauche à son tour. Mais l’état général n’en continue pas moins à s’aggraver. Le blessé est trop intoxiqué, et il meurt le 3 septembre.

L'Age avancé. — II ne faut pas non plus trop se fier à la conservation chez les vieillards. En effet, tous les organes sont plus ou moins fatigués ou usés, le foie et le rein sont des émonctoires devenus insuffisants el par conséquent incapables de fournir une fonction utile lorsque l'infection menace l'organisme. Il en résulte que la septicémie ,la gangrène ont une prise énorme sur ces constitutions précaires. D'autre part, en supposant que l’organisme sorte victorieux de cette lutte contre l'infection, la restauration chez le vieillard a moins de chances d’être rapide et parfaite par suite d’une vitalité inférieure et la consolidation osseuse lorsqu'elle se produit n'apparaît que tardivement.

Répondent aussi à la même contre-indication, les écrasements amenés au chirurgien, plusieurs heures, un où deux jours après l'accident, donc très infectés. Chez ces blessés, le foyer de lécrasement est resté souillé ou a été mal désinfecté. Les phénomènes de septicémie sont fatals et ils s'annoncent comme très graves. Mieux vaut résolument dus des cas semblables en finir tout de suite par une am-

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