‹ Les Ecritures CunéiformesChapitre 14 sur 33 · F.CRI TIRES CL.NE1E0RSES · texte numérisé non relu

F.CRI TIRES CL.NE1E0RSES

d’un principe dunl on a formulé la loi? C’est ce qu'il serait téméraire d'affirmer. Toutefois, si quelques principes inaperçus sont encore enveloppés dans les inscriptions déjà traduites, l'ignorance dans laquelle on était a rendu plus laborieuses et plus pénibles les traductions déjà acquises; mais elles n’en ont pas moins été solides. On peut en juger par le passé : avant que le syllabisme ait été reconnu comme un principe fondamental de la lecture des textes assyriens , nous avons vu des traductions assyriennes, et la découverte de ce principe n'a apporté aucun changement aux traductions de ceux qui ne l'avaient pas encore reconnu. Il en sera de même pour l'avenir; quels que soient les principes nouveaux que les recherches futures permettront de constater, les traductions déjà faites n'en subsisteront pas moins avec leur valeur réelle; seulement les traducteurs nouveaux auront moins de difficultés à vaincre, à mesure que les travaux de chaque jour aplaniront la route à ceux qui s’occuperont les derniers de ces textes.

Ce que nous disons ici des bases du déchiffrement s’applique au caractère général de l’idiome. On soupçonna d'abord qu’il était sémitique ; puis il se caractérisa par un mot, puis par les terminaisons de certains groupes qui firent connaître les inflexions grammaticales ; et on eut de plus en plus la certitude de son caractère à mesure que les découvertes firent connaître un plus grand nombre de mots et de formes grammaticales. La grammaire et le dictionnaire sémitiques se sont présentés comme un cadre , qui a été de plus en plus se remplissant , mais dont la disposition n’a pas changé.

II serait prématuré sans doute de formuler d’une manière définitive les règles de cette grammaire; les fragments qui serviront un jour à la composer sont encore disséminés dans les travaux des

ÉCRITURES ANCIENNES

Iraducteurs. Ils rendent compte, il est vrai, de tout ce qu’ilyade véritablement sémitique dans l’assyrien. Mais ce qu’il y a de caractéristique dans cette langue est précisément ce qu’il y a de plus contesté. Ainsi, dit-on , il n’v a pas de langue sémitique où dans ne se rende par 3, a par ^ , tout par j> d , etc.; et , sur ces observations, M. Renan s’est cru autorisé à déclarer qu’une langue sémitique où dans se rend par ina , ù par ana , tout par gab , serait un phénomène presque aussi difficile à admettre pour le philologue, que l’eùt été pour Cuvier un carnassier à dents plates, ou un mastodonte ailé (1). C'est aller bien loin, et ces affirmations sont peut-être de celles que l'avenir pourrait bien démentir. Car ces formes et leur signification paraissent déjà incontestables; et si, malgré ces formes, la langue assyrienne est définitivement sémitique, il faudra bien admettre ces étranges exceptions qui formeront, au milieu du caractère général des idiomes sémitiques, la différence spécifique de la langue assyrienne.

En 1850, sir II. Uawliusun estimait que les inscriptions qu’il avait alors déchiffrées |>ou\ aient comporter cinq nulle mots, et qu’il en connaissait sûrement un dixième , soit cinq cents des plus usuc's. Aujourd’hui, M. Oppert estime à plus de six mille (0,300) les faits qui peuvent être comptés comme assez sûrs, et les nouvelles traductions qui se préparent de tous côtés témoignent suffisamment de la rapidité des progrès. Aussi, tandis que le Dictionnaire se remplissait , les exemples des formes grammaticales devenaient de plus en plus nombreux , et permettaient de plus en plus de généraliser les principes. Déjà quelques essais

(!) Voir l'orliclr d«* M. limon dons le Journal dis Savants. Atril 4859, p. 24fi.

ECRITURES CUNEIFORMES.

loi

de grammaire avaient été tentés par sir U. Rawlinson ( I } et par le D r . Hincks (2); mais M. Oppert (3) est celui qui a [toussé le plus loin les investigations dirigées de ce coté , et grâce à lui on peut déjà sc faire une idée assez exacte des différentes parties du discours de la langue assyrienne.

Article. — M. Oppert a remarqué que l’assyrien , de même que l’arantéen, n'a pas d’article. Mais il a comme lui un état emphatique (tel qu’il se trouve aussi dans les langues Scandinaves), qui n’est que le reste d’une ancienne déclinaison sémitique, conservée dans la nvnnation des Arabes. Chez les Assyriens, il y a une mimmation qui est restée intacte pour les substantifs féminins et pour les masculins qui se terminent en T.

Plus tard , les formes um pour le nominatif, am pour l’accusatif et im pour les autres cas obliques, se sont changées en iu>, a v, i v, et cette dernière désinence s'est altérée en u, a, i ; c’est ainsi que l’arabe littéral nous l’a conservée dans les substantifs précédés d'articles.

Exemple: Bilit, souveraine.

Bilitum , et par contraction bililu ,

Bilitam, — bilita,

Bililim, — biliti.

Adjectifs et Substantifs. — En général, le T marque le féminin dans les substantifs ; le pluriel masculin sc forme en M , N et T indifféremment ; mais le véritable pluriel féminin parait être toujours en AT.

(p Journal of the royal usiatic Society, vol. XII, p. 2. 1850.

(î) Journal of sacred literature , 8'. série, I. II. 1855.

(5) Voyei l'article de M. Oppert dans la Zeitschrift der deuisehen morgrulandisehen Geselhchafts ; — mu Études assyriennes . — et enfui son Expédition en Mésopotamie, Passim.

ECRITURES ANARIENNES.

Les noms abstraits sc forment, d’une manière très-sémitique, par l'addition de la terminaison out aux formes primitives ; les exemples en sont très-nombreux:

Malik , roi ; Sarrou, roi; Gai, esclave; Hou, dieu; Rabou , grand.

Malik-out , royauté ; Sarrou-out, royauté (1); Gal-out , esclavage ; llou-out, divinité; Rabou-out , grandeur.

Les noms verbaux se forment par la préfixe T.

Enfin, le signe du régime qui indique le rapport de deux

substantifs se traduit par le signe èïîT sha, qui correspond

pour ainsi dire identiquement au t? des üébrcux.

Pronoms. — Nous avons déjà eu occasion de remarquer le sémitisme du pronom personnel assyrien Anaku, je ou moi. Le tableau des suffixes est très-complet. M. Oppert en a présenté les formes suivantes :

Singulier. pers. des i genres , Fa, moi;

2*. pers. masc. Ko, fém. Ki, toi ;

S*. — Chou, — Cha, lui , elle.

Pluriel. 1 ,c . pers. des 2 genres , Ni, nous;

2*. pers. masc. Koun, — Kin, vous;

3*. — Choun, — Chin, eux , elles.

Ces formes ont été confirmées par la découverte queM.Oppei l a faite à Londres d’un fragment qui contient, d'un côté, les formes pronominales d’une langue encore inconnue et qu’il nomme le

(1) Sarrau l'applique aux rois d'Assyrie; Afalik aux rois tributaires de l'Assyrie..

KCRITCRES r.l NEIEORJtES.

Catdo-scylhique , et de l'autre, celles de l'assyrien ; le mot choisi

« avec » t

en scythique Ai (1).

CASDO— SCYTHIQUE.

ASSTRIEFt.

Kini

ta

ittichou,

avec lui.

Kinanni

ta

ittichounou.

avec eux.

Kimou

ta

ittya ,

avec moi.

Kimi

ta

ittini ,

avec nous.

Kizou

ta

itlitka.

avec toi.

Kizounnanni ta

ittikounou,

avec vous.

Verbes. — Les formes verbales assyriennes se sont dessinées, dès l'origine des recherches, avec une apparence sémitique que les découvertes ultérieures n'ont fait que confirmer. Il y a un kal, niphal , pael, ifta'al (avec la seconde redoublée) , saphel , istaphcl , aphel, iflal , comme dans tous les idiomes de la même famille. M.Oppert donne, à l'appui, un exemple du paradigme du verbe régulier zakar, « te souvenir », dont toutes les formes ont pu être observées (2).

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