‹ Les Ecritures CunéiformesChapitre 8 sur 33 · HA R · texte numérisé non relu

HA R

(1) Recueil «f antiquité s «lu comte de Caylus, L V. — Saint Martin, dans le Journal asiatique, fét. 4823, et dans les Mémoires de t’Aead, des lnscr. et Belles- Lettres, t. XII. — Grolefcnd dans Hccrcn, Ideen ueber die politik , Ole. — Scifîart , Alphttb. gamin Ægypt. Leipsig, 4840; — PaulUier, Sinico-Ægyptiaca , etc.

(2) Grammaire égyptienne, ou principes généraux de récriture sacrée égyptienne appliquée d la représentation de la langue parlée , cli. T, p. 142,

Écritures cunéiformes.

Que ce nom soit écrit en perse hhscharscha, en égyptien Kchharcha , avec des hiéroglyphes ou des pointes de (lèche, c'cst bien le même nom que le grec et le copte l)vyHpuj ont beaucoup moins estropié que la transcription hébraïque «nrroro^qui l'avait caché depuis Joseph jusqu'à nos jours.

Enfin, si la connaissance de cet idiome est démontrée , on peut encore se demander quel a été le résultat de cette laborieuse découverte.

La connaissance de l'antique idiome des Perses a fourni des données historiques d'une précision incontestable et d'une importance qu’on ne saurait méconnaître. L'n des pointssur lesquels ces inscriptions jettent le plus de lumière , c’est l'état religieux dans lequel sc trouvait la Perse au VI*. siècle avant notre ère. Les inscriptions nous montrent en effet le culte d’Ormusd dans toute sa splendeur , sous le règne de Darius , et il est désormais impossible de confondre le puissant roi Gustasp , qui a reçu IM resta des mains de Zoroastrc , avec le père de Darius qui n'a jamais régné. Ces inscriptions ne permettent pas non plus de confondre Gustasp avec Darius lui-méme ; car s'il eut accompli les grands événements qui accompagnent la fondation d’un culte, il n'eùt pas manqué d’en consigner le récit dans ses titres de gloire ; mais non, si les mages, au moment de la rédaction de ces documents, ont pu un instant troubler la religion de la Perse, Darius a rétabli le culte d'Ormusd comme il était avant lui : il a relevé les autels que Gaumatas,le mage, avait renversés pour rétablir la religion de ses pères.

Tout ce qui a été découvert jusqu'ici a été traduit. Les nombreuses copies , depuis Corneil Le Bruyn et Niebuhr , jusqu'aux copies les plus récentes de M. Tcxier et de MM. Cosleet Flandin, ont permis de comparer les différents textes , et les moulages de

f.t'.RltlRE AftlENS'E.

Si

Ni Lottin de Laval n'ont plus laissé de doutes *sur la Forme des caractères et l'exactitude des transcriptions.

La plus ancienne des inscriptions trilingues est gravée sur les ruines de Mourgab ; elle appartient au règne de Cyrus, et parait avoir été tracée vers l'an 630 avant J.-C.ËIiea été copiée pour la première Fois par Morier, qui l'a publiée dans la relation de son Voyage. La plus importante appartient au règne de Darius ; elle est gravée autour d’un bas-relieF, sur le roc de Bisiloun , à quelques lieues au nord de Kcrmancha » sur la route de Bagdad à Ilamadan. La position que le monument occupe dans un angle rentrant de la montagne, à une hauteur considérable, l’a mis à l’abri des injures des hommes, il n’a subi que l'outrage du temps. Le bas-relieF représente Darius Foulant à ses pieds le Faux Smerdis et ayant devant lui enchaînés neuF rois vaincus; deux officiers se tiennent derrière Darius; au-dessu3 de cette scène plane la grande figure d’OrmUsd. Celle longue inscription trilingue est tracée sur des tables préparées autour du bas-relieF. Le texte perse occupe à lui seul plus de quatre cents lignes d'écriture ; c’est l’inscription la plus considérable en étendue, c’est celle qui donne te plus de renseignements historiques. Les inscriptions ont été copiées par le colonel Rawlinson ; elles sont conçues dans les trois langues que nous avons indiquées. Le texte perse nous Fait connaître les principaux événements des premières années de Darius. Il raconte scs dix-ncuF victoires et les circonstances qui ont accompagné la prise, la déFaitect le supplice des rois menteurs, insurgés ou rebelles. Viennent ensuite les inscriptions de Darius, sur les murs de Persépolis et les rochers de Nacki-Roustam ; enfin les inscriptions que Darius et Xerxès ont laissées sur les rochers de Vân , et dans les gorges de l'Elvcnd. Les inscriptions de Darius sont les plus étendues et les plus nombreuses : le style en est

écritures cunéiformes.

pur ; tout annonce la prospérité de l'Empire, malgré les secousses qui se font sentir dans les provinces et qui sont promptement réprimées. La foi au culte d'Ormusdest dans toute sa splendeur; rien, dans le régne de Darius, n'annonce ces combats dont l'établissement du culte de Zoroastre a été marqué; au contraire, on peut lui supposer déjà une longue existence que l'usurpation du mage avait pu troubler un instant , mais qui reçut une répression exemplaire et terrible.

Après les inscriptions de Darius viennent celles de Xerxés , beaucoup moins nombreuses , beaucoup plus courtes que celles de son père. Il n’y a plus de grands exploits à enregistrer ; il continue dans Pcrsépolis l’œuvre de Darius ; il grave sur des tables préparées par son père des inscriptions qui témoignent de sa piété filiale ; mais on sent déjà que la gloire est dans les souvenirs. Ormusd ne suffit plus pour protéger l'Iran. Le roi semble appeler sur son œuvre la protection de divinités nouvelles. Viennent ensuite quelques inscriptions d'Arlaxcrxès et de scs succes.-eurs; elles sont de plus en plus restreintes, de moins en moins importantes.

Enfin nous arrivons à la dernière inscription trilingue : elle appartient au règne du dernier des Darius , et ne peut avoir précédé de beaucoup les conquêtes d’Alexandre ; « elle atteste , dit M. Opperl(l), un étal de l’idiome qui devait inévitablement pencher vers sa perle. On se demande, à juste titre, s’il est même probable que la langue des Achéménidcs existât encore dans le peuple à cette époque. Le document nous montre une orthographe qui témoigne ou de l’ignorance du peuple, ou de la décadence rapide de la langue, ou peut-être de ces deux circonstances réunies ». Pour la première fois, 'dans ces inscriptions, le nom de

(1) Les Inscription» achéménidcs , p, 298.

ECRITURE ARIENNE

Milhra apparaît à côté du nom d’Ormusd ; c'est alors sans doute que surgit, sous le nom de ce dieu , un culte nouveau, qui fit de nombreux prosélytes dans les différentes provinces de l'empire d’Alexandre ; mais alors le règne des Achéménides est passé ; les palais de Persépolis s'écroulent au milieu des flammes, et la langue de Darius fait place- à un nouvel idiome , le Pehlvi.

Il nous reste à faire connaître les différentes valeurs qui ont été attribuées aux 22 signes dont Niebuhr avait signalé la présenco dans les écritures de la première colonne de Persépolis. Nous en donnons ici un tableau, sur lequel il est facile de suivre les progrès de la lecture. Nous avons marqué par des lettres maigre s les valeurs douteuses ou abandonnées; les lettres grasses indiquent les valeurs qui ont été considérées comme définitives.

Voilà donc de précieux documents pour l’histoire, mais n’oublions pas que les inscriptions de la Perse sont tracées en trois langues; que nous n’avons encore rien dit du déchiffrement de deux d'entre elles, et que c’est précisément la lecture de ces inscriptions qui doit conduire à l'intelligence de ces milliers de textos assyriens de Ninivc et de Babylonc, qui s'entassent dans. dos musées.

ECRITURES CISEITORHES.

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