‹ Les écritures figuratives et hiéroglyphiques des différents peuples anciens et modernesChapitre 52 sur 61 · MET · texte numérisé non relu

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(Xercès).

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- cA - d.

Quelques années plus tard, l'attention du monde savant se porta sur un vase

d'albâlre du Cabinet de France* qui renfermait plusieurs courtes légendes cuuéïformes et un cartouche royal. Ce vase allait sans doute fournir une

piquante occasion de contrôler réciproquement les résultats obtenus dans les

études à peine naissantes des hiéroglyphes et des caractères cunéiformes.

^ Yoy. sur ce vaie : Recueil d*Àntiquitéêf du comte de Caylut, t. V ; Saint-Martin, dans le Journal asiali- 91M, févr. 1823, et dans les Mémoires de l'Acadimie des Inscriptions et Belles- Lettres^ U XII ; Toy. également les Ànn^dephiLchrét.f tomeX, 1835 ; Grotefend, dans

Tonvrage de Heeren, intitulé : Ideen ueber die PoUtik und den Handel der vomshmslen Voeiker der alten Welt ; SeyflTarth, Àlphab, yenuin, £g\jpt, num. ips, hiérogl,^ hierat.^ démotisqus conservât*^ etc. (Li^si», 1840); Puathier, Sinico-jEffyptiaca,

68 ËGRITTJRES CUNÉIFORMES.

La légende cunéiforme était ainsi conçue :

elle întlne: Kh ' ch' h ' è ' r ' ch' é b - eh i - é - r - é .

et traduite par : Xerxès pur «t puissant.

L'inscription égyptienne reproduite ci-contre présente un cartouche hiéroglyphique, dans lequel GhampoUion le jeune reconnut le nom de Xerxès écrit phonétiquement de la manière suivante :

I tiî H i^ jha tu iw

iC-cA- h ' a- r - ch - a.

Quant aux hiéroglyphes placés dessous le cartouche, ils répondent aux mots perses qui suivent le nom écrit : Khchhêrchê^ (lu aujourd'hui Khchayârcha).

L'épreuve était décisive. Ou savait désormais qu'on pouvait compter sur la solidité des premiers résultats acquis. Toutefois, l'inscription des portes de Pei*sépolis n'avait pas encore été entièrement déchiffrée.

Grotefend avait pensé que la langue des inscriptions cunéiformes du premier système était celle du Zend-Âvesta ou livre religieux des sectateurs de Zoroastre. 11 n'était pas loin de la vérité.

Gependant, le progrès du déchiffrement se ralentit bientôt après, et ce ne fut guère que vingt ans plus tard, c'est-à-dire en 1826, qu'un savant norwégien, Rask, rectifia la valeur de deux signes >-^>^ et ^^ qu'il lut m et n ^

Eu 1836, Eugène Burnouf, en France, et Ghristian Lassen, eu Allemagne, réalisèrent simultanément de nouveaux progrès dans le déchiffrement des inscriptions cunéiformes perses ^. Plusieurs essais d'interprétation furent tentés à l'aide du lexique sanscrit, du zend et du persan.

En 1838, Béer et Jacquet introduisirent quelques modifications dans les lectures de leurs prédécesseurs, modifications dont on a depuis reconnu l'exactitude'. Dans un nouveau travail publié en 1845 \ Lassen rétablit la valeur précise de plusieurs signes ; et la même année , M. Holtzmann fixa celle de quelques lettres encore assez inexactement expliquées.

1 Voy. R. Rask, UtUr das Aller wnd Er.ktheU dtr Zend tprache und des ZendavettOy tradact. allemande de Heinr. von der Hagen (Berlin, 1826); in-8o.

2 Burnouf, Mémoire tur deux intcriptions cunéiforme» trouvée* pris d'Hamadan^ Paris, 1836; in- 4. ^Lasaen,

Diê altpersichen Keilinêchriflen von Penépolit, Bonn, 1836; in-80.

' Béer, dana VAUgemeine Ballieche Liieratur-teitung^ de 1838; Jacquet, dans le Journal asiatique de la même année.

* Dans le Zeittchrift fur die Kunde des Morgenlandeê

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Le Vase de Xerxès .

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ÉCRITURE [PERSE

La science paraissait condamnée à s'arrêter là, faute de documents assez étendus pour exercer de nouveau la sagacité des philologues européens, lorsque la découverte, par le major H, C. Rawlinson, de la célèbre inscription trilingue gravée en 400 lignes par ordre de Darius, fils d'Hytaspe, sur le rocher de Béhistoun, vint ouvrir aux investigations un nouveau champ bien digne d'exciter toute l'ardeur des savants désireux de participer aux conquêtes successives des divers alphabets cunéiformes, des idiomes qu'on écrivait avec ces alphabets, et enfin des précieux documents historiques dont ces langues antiques restaient jusqu'alors les muettes et sans doute les uniques receleuses.

Non-seulement Sir Henry Rawlinson fournit au monde savant une copie de l'inscription de Béhistoun, sculptée à 300 pieds au-dessus du sol, mais il lui soumit encore la première interprétation de cet inappréciable document^. Le grand nombre de noms propres que renferme cette inscription, noms propres que nous ont en partie fait connaître les auteurs anciens, a permis de constater, une nouvelle fois, que les labeurs des savants avaient abouti à des résultats dont il était désormais impossible de contester la solidité et la valeur.

Aujourd'hui, la lecture des inscriptions cunéiformes anariennes est un fait acquis pour la science. Â très-peu de signes près, les savants sont d'accord sur la valeur des lettres de l'alphabet perse; et la traduction même des textes n'offre plus de difficultés insurmontables. M. Jules Oppert, en France , s'occupe avec succès du déchiffrement des inscriptions cunéiformes, et peut déjà profiter de la connaissance des textes perses pour aborder l'interprétation des monuments bilingues, en assyrien et en perse ^.

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