‹ Les Écrivains normandsChapitre 1 sur 57 · LE RESVEUR · texte numérisé non relu

LE RESVEUR

(Sonner)

Quand Phebus de l'azur descend au fond de Tonde, Quand le monde s'endort en le paisible soir, Il me convient aller près le Robec m'asseoir Pour écouter le chant de son eau vagabonde !

Lors, resvant, j'aperçoy quelque Nayade blonde, Qui se mire en le fleuve, ainsi qu'en un miroir. Et, la paupière close, il me semble entre-voir La béate splendeur de quelque nouveau monde.

Lors, amy Jean Baudoin, (1) il ne me souvient plus Estre un fol Dom-Quichot en disette d'écus. Contraint de rimailler pour vivre à grande peine,

Et, l'esprit envolé dans un songe lointain, J'oiblie en ce moment que vide est ma bedaine Et qi'en faict je ne suis qu'un pauvre purotin...

(i) Poui cviler toute confusion sur le sieur Jean Baudoin, auquel le poète a dédié ce sonnet, nous croyons utile de reproduire ici la notice de Ch. I,ivet, commentateur de Saint-Amant : « Jean Baudoin ; t( l'n (les pcmiers îuenihres de l'Académie l'ran(;<)ise, était de Pract délies, dais le Vivarois. Non moins fécond traducteur que l'abbé (c de Maroll(s, il a laissé un nombre considéral)le d'ouvrages. Il est « mort en i6o ». (Note de l'éditeur).

Malherbe

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