F. DESTIN
mission des Affaires Etrangères, son vif étonnement de l'apathie manifestée par le gouvernement et nos représentants diplomatiques à l'heure où les belligérants attendaient de nous le geste médiateur.
Cette remarque, qui reçut l'approbation quasi-unanime de la Commission, amena M. Blampié, ministre des Affaires Etrangères, à exposer sommairement sa politique extérieure. Il déclara, aux applaudissements des membres présents, que le (( Gouvernement entendait suivre de près les négocia- (( tions en cours » ; il déclara aussi que « le rôle de la France (( devait être actif, et non passif ; que des instructions étaient « d'ores et déjà données à nos agents à l'étranger, etc.. « etc.. »
La nouvelle nous parvient que les postes diplomatiques de Caracas et de Revel, provisoirement occupés par des consuls à prérogatives limitées, vont recevoir de nouveaux titulaires qui seront respectivement MM. de la Mirlourette et Lampeigne, désignés comme chargés d'affaires.
Le premier appartient à la Carrière : Secrétaire d'ambassade à Tokio en 1901, puis ministre plénipotentiaire au Kamtchatka et au Groenland, il représente, si nous en croyons Le Radical, le type achevé du fonctionnaire méticuleux, d'une rare étroitesse d'esprit.
Il eût fallu, dans ce poste délicat de Caracas, un homme éminent, sans marottes ni oeillères, rompu aux questions économiques et sociales, capable en un mot d'élaborer un programme moderne et de le réaliser.
La France ne doit pas suivre sur les bords de rOrénoque une politique de myopes !
Mais il y a lieu de croire que M. de la Mirlourette, favori des bureaux du quai d'Orsay, soutenu de façon outrecuidante par les exaltés de droite et d'extrême-droite, appliquera au Venezuela les méthodes du Kamtchatka, comme il avait implanté dans ce dernier poste les habitudes diplomatiques de Tokio.
En quelque point du glo^e, où sa fortune l'envoie, M. de la Mirlourette continue avant tout sa carrière.
Voilà en somme un choix qui nous semble paradoxal ! Il n'en va pas de même en ce qui concerne M. Lampeigne. Bien au contraire ! M. Lampeigne, depuis huit ans, représente au Parlement avec une indiscutable autorité la circonscription de Toulouse.
L'intelligence vive, brillante de ce jeune parlementaire fera merveille sur les bords de la Baltique, au milieu des cerveaux embrumés des Slaves, glissant sur la planche savonnée du bolchevisme.
Qui en France pourrait ignorer la promotion de M. Lampeigne à la dignité de vénérable de première classe au dernier Convent du Grand-Orient ? Cette distinction honorifique n'était somme toute que la juste récompense de son zèle avisé et de son attitude hautement républicaine dans maint débat de politique intérieure.
Lorsque sa désignation pour Revel fut officielle, M. Lampeigne reçut la viçite du rédacteur en chef de La Dépêche de Toulouse, auquel il fit les déclarations suivantes,