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Un des fails les plas saillants de rhlstolre moderne est le mouvement qui a rapproché de plus en plus de la bourgeoisie les classes aristocratiques , et favorisé cette tendance à l'égalité qui semble demeurer, à travers les évoluttions les plus contradictoires, le trait le plus persistant de l'écrit français. Ce rapprochement a été, indépendam^ ment des causes politiques si admirablement développée^ par le grand historien du Tiers-Etat, M. Augustin Thierry, un des résultats les plus notables de la culture devenue de plus en plus générale, des sciences, des arts et des lettres. La haute protection qui leur fut accordée par les princes de la maison de Valois les avait mis en grand honneur. Grâce aux libéralités de cesprincesy le génie de la Renaissance brilla d'un éclat assez vif, pour que les sa* vants, les artistes et les poètes se trouvassent tout-à-coup en possession de cette haute considération, dont la profes^ sion militaire et la noblesse de naissance avaient été presqu'iexclurivement entourées. Mais lorsque, vers le com-
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mencement do XTIP siècle, les classes supérieures de la société, attirées Tcrs les arts et les lettres, par curiosité d'abord , pois , par une noble émulation , eurent enfin cédé à la séduction irrésisiilile qu'exercent sur les ftmcs bien nées les charmes attachés à la culture intellectuelle, les grands seigneurs et les gens de lettres, entraînés par les mêmes besoins, s'unirent dans une plus étroite communauté de goûts et d'études. Quoique les auteurs ne pnsseot se maiiitenir dans la spbère âerée 0k les confiait finlimiié des grands, qo'en continuant I se oMtre li leur «ridc, leur éUMiên prk on tout a«tre aspect Après vo demi rfècle de guerres, te progrès des lumières «t 4e la richesse, malgré tant de désastres, on besoin génénd de commonieirtioas ptus intimes, bâtèrent le dévéloppeflient
de cet instinct sodal qui devait se manifester stcc one puissance toujours croissante. Les gens de lettres entrèrent dans des rapports plus étendus avec la nation, devenue elle-même plus capable de les comprendre ; et à mesure que s'éleva le théâtre sur lequel ils eurent à se produire, ils grandirent et se respectèrent eux-mêmes de plus en plus,
Iji littérature devint ainsi peu à peu la grande affaire de la société, qui subit son influence, tout en lui imposant plus d'une fois la sienne,
La première partie do XYII* siècle, celle dans bqoelle Henri lY a cessé d'être l'aventureux roi de Navarre, pour
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devenir Yéritableoieat le roi de la Framce; où. Ricbeliea assma le trône en l'élevant plus, haut enoore ; où se poiursuivit, au nûllen des obstades, la tuf bideuie mais féconde régence d'AoBe d'Autriche que dominaât le génie de Ma-zario, présente un caractère distinct deceluique Louis XIV a imprimé à la seconde nu3itié, smr laquelle seulement se aumifeste son influence personneMe, Toute la première « soit dans la politique» soU dans la giaeire, soit dans le mouvement des espriis, soit dans le développement de la société , brille par des mévites qui lui 9ont propres et a merveilleusement préparé la seconde,
Biais le progrès accompli dans la sodétén l'épuration du goût» le perfectionnement de la langue^ un besoin général d'ordre et de régularité, un sentiment plus profcmd de la justesse, ayant alors généralement répandu plos, de respect pour la forme et un plus vif sentiment de l'art» ce fut d'abord par une réaction excessive contre les grand» écrivains qui venaient de s'illnsti'er» cpie se manifesta l'entrée sur la scène littéraire d'autres génies, dont les écrits se modelèrent insensiblement sur le caractère de noblesse» d*élégance et de discipline que Louis XIV introduisit <1 la fois dans son admimstration et dans sa brillante cour»
En cherchant à me rendre compte de l'esprit général qui inspira les deux moitiés de ce siècle fameux, j'ai été frappé de Timportance du rôle qu'y ont joné les hommes célèbres que la N^rmandiey par un heureux privilège, a
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produits en foule à cette époque. Il semble qu'il ne manque rien à la gloire de ces personnages illustres, sur lesquels une pieqse admiration n*a pas cessé, depuis deux siècles, de rassembler les plus minutieux détails biogra-* pbiqucs. J'ai cru néanmoins que Ton pourrait essayer de réunir en un faisceau toutes ces gloires, en se plaçant à un point de Tue général, d'où il serait permis d'apprécier les échanges mutuels'qui se sont établis entre les écrivaing de la Normandie et la société française, à une des plus brillantes époques de notre histoire nationale.
La langue française qui, au XII» siècle, s'était dénouée et avait pris son premier essor sous l'influence des poètes normands, allait recevoir des grands hommes sortis de la même province, son caractère propre et essentiel Mais là ne devait pas se borner leur action : de quelque côté que se portent nos regards , nous ne pouvons nous empêcher de voir, planant an-dessus de ce siècle fameux entre tous les antres, le génie de la race normande.
Au moment où vont se clore les cinquante années de guerres civiles qui ont désolé le XVI* siècle, nous voyons auprès de Henri IV, qui a trouvé dans' le Parlement de Normandie et son président, l'héroïque Groulard, un utile appui, accourir le cardinal Du Perbon» dont l'éloquence achèvera une conversion fortement aidée par les conseils d'une sage politique. L'évêque Jean Bertaut seconde son compatriote comme orateur et poète, et devient aumônier