LS COUTENT DE PALAIS
la même église une cloche S qui y resta, ainsi que rtiorloge, jusqu'au moment où l'on détruisit le couvent. En 1539, on plaça l'horloge et la cloche sur lé pont du Rhône qui fut malheureusement incendié en 1670 '.
J'ai d'ailleurs oublié de dire que, selon toute apparence, l'église dont je parle était entièrement construite en 1289, puisque le monitoire lancé cette année-là par l'évêque Guillaume de Conflans contre Amédée V, comte de Savoie, fut publiquement lu, le 13 Novembre, dans l'église des frères prêcheurs '. Et, quant au couvent même, comme on li{, dans Spon, un acte qui fut passé, en 1293, à Palays*, dans le jardin des
1 On lisait en effet sur cette cloehe Tinscription suivante:
Reverendissimus Dns. lo. de Brogniaco, Eps. Ostien, et S. Roman. Ecce. Gardinalis, Et Yicecaneelerius me fieri fecit, Anno Mcccc quinto, Die XX mensis Decembris. Ave Maria Voy. Spon, Hist de Genève, t H, p. 347.
2 Spon, I, 530. Senebièr.
3 Voy. Mémoires et docum. de la Société d^hist et d!archéoL (1841), 1. 1, 2"*» partie, pp. 33-35.
* Datom apud Palays in orto Fratrmn Predicatoram Gebennensium, anno 1293 die sabbathi antè carnispreninm vêtus, indictione sexta. Voyez Spon, Hist. de Genève, t. H, pp. 70-77. Mémoires et documents de la Soc, éthist, Ibid. pp. 115-121.
frères prêcheurs , il est à croire que c'est d'un jardin adjacent à leur couvent qu'il est question là^ et qu'ils étaient déjà alors établis en Palais.
Dans un couvent aussi richement doté que le leur, il ne faut pas s'étonner que demeurassent fréquemment des étrangers de distinction. Etienne, abbé de Luxeuil, qui mourut à Genève le l®"" août 1314, et dont le tombeau se trouvait dans l'église du couvent, s'y était probablement arrêté, et, quand les ducs de Savoie venaient à Genève, c'était souvent là qu'ils séjournaient * ; ce fut le cas, par exemple, de Charles III, qui y vint avec sa femme, Béatrix de Portugal, en août 1523', et, le 2 décembre de la même année, la duchesse y donnait le jour à un fils que l'on nommait le duc Charles ' .
On se tromperait toutefois si l'on pensait que le couvent dût à son architecture le nom de Patois. On n'a jamais, dit La Corbière, appelé Pa-
1 Besson, Mémoires, p. 96.
2 Voyez le récit des fêtes célébrées à Toccasion de leur entrée à Genève dans les Mémoires et documents de la Soc. dhist.y 1. 1, partie I, p. 135-203 et dans le récent ouvrage de M. Merle d'Aubigné, Hist, de la Réformation en Europeau temps de Calvin, Paris, 1863, 1. 1, p. 318-327.
* La Corbière, Lityre des Spectables, Pasteurs, Professeurs, etc. (Msc. de la Yen. Comp.) p. 28.