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LE COUTENT DE PALAIS

triompher, ne tardèrent pas à fonder le monastère dont nous avons parlé, et cela, semble-t-il, d'abord dans la ville même* Ils y furent aidés par les seigneurs d'Allinges, qui, au dire du curé Besson * , donnèrent considérablement pour cette fondation. Ce fut en 128^ environ que, selon toute apparence , on commença à construire l'église de Palais ; car, par un acte daté du i 6 février, le prieur de Genève reconnaissait avoir reçu, dans ce but, du père provincial de France une somme de 63 livres, équivalente à 6950 francs de notre monnaie ' . Deux ans plus tard, le 10 mai 1386, il fut donné quittance à frère Pierre, archevêque de Gosenza, de 1 1 4 onces et 1 obole de bon or, soit au moins 750,000 francs, valeur actuelle, qu'il avait envoyées au couvent des frères prêcheurs de Genève ', et si l'on ajoute que, d'après dix-sept actes divers, publiés parmi les Chartes inédites qu'a recueillies M. Edouard Mallet, les moines avaient acquis, en moins de treize ans, dans la localité de Palais, soit par

la preuve dans une bulle da 5 Mai 1265 où Clément VI excommunie ceux qui persécutent les Dominicains. Chartes inédites, p. 75.

^ Mém. pour ïhist eccl des diocèses de Genève, etc., p. 96.

2 Chartes inédites, p. 177.

3 Ibid. p. 189,

80 II. LES COUTENTS.

dan, soit par achat, une valeur d'au moins 85 livres 16 sols ou neuf mille sept cents francs en propriétés on reconnaîtra qu'avec près de 800, 000 francs depuis 1286, ils avaient largement de quoi se construire un splendide couvent. Depuis 1232, les frères prêcheurs avaient donc quelque peu oublié la défense de s'enrichir que leur avait faite Grégoire IX. Mais l'observation de leurs vœux et même de leur vœu d'obéissance au pape n'était pas ce dont les bons moines prenaient le plus de souci.

Avec d'aussi grandes richesses, les frères de Palais avaient pu largement pourvoir aux besoins du culte; leur église était somptueusement décorée, on y admirait de riches peintures, et, dans ses Actes et gestes merveilleux de la cité de Genève, Froment parle d'un tableau, qui avait été donné par un florentin du nom de Pierre Foysscau, et qui avoit cousté èept à huit cens escus^. L'horloge de l'église était ornée d'une sphère d'or ', et, au commencement du XV"® siècle *, Jean de Brogny donna au couvent pour

1 Voyez à la fin du volume la note III, g B.

2 Froment, ibid, ch. 33.

^Savyon, Annales manuscrites, Senébiér, Journal de Genève du S octobre 1789, p. 162.

^ En 1405, voyez Gautier et Senebier.

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