‹ Les édifices religieux de la vieille GenèveChapitre 6 sur 64 · LAURENT · texte numérisé non relu

LAURENT

nous n'irons pas plus loin sur ce terrain ; car^ si nous l'y suivions^ notre chroniqueur nous ferait bien vite marcher sur des charbons ardents.

k . Nous risquons d'y être exposés, et sérieusement cette fois, avec St-Laurent, auquel, sur le chemin de Ghesne, a au-delà d'un potier de « terre *■ , » nous dit le même historien , est érigée une chapelle. Il ne nous est pas donné de détails sur la nature et la destination spéciale de cet édifice ; mais, parce que nous sommes à Genève, oublierons-nous ceux que l'Eglise de Rome nous a transmis sur la fin du noble martyr dont la chapelle porte le nom? Aucunement; des chrétiens, où qu'ils soient, ne doivent pas être ingrats.

C'était en 359, au moment de la persécution ordonnée par l'empereur Valérien ; l'évêque de Rome, Sixte II, était conduit au supplice lorsque le diacre Laurent s'attache à ses pas en lui disant : « Où vas-tu, père, sans ton fils ? où cours-

1 Bonivard, Ibid. Il nous apprend que cette localité était encore à son époque appelée les Crez sainct Laurens, - En parlant de la chapelle, De la Corbière ajoute : « Elle était hors la ville au chemin de Chesne, au haut des hutins, au delà du potier de terre, suivant la désignation que fait Bonivard, sur un cret ou motte et à 350 pas du Temple. « Msc, des Archives de tÉtat, p. 56. (Voy. à la fin du prés. ouvr. la note I.)

6 I. LES CHAPBLLB8.

« tu, saint prêtre, sans ton diacre ? Jamais jusce qu'ici tu n'avais offert le sacrifice sans celui « qui doit le servir? Quelque chose en moi t'a- « t-il déplu? » — Et révoque lui répond que de plus grandes épreuves l'attendent, mais qu'il le suivra dans trois jours. Bientôt, en effet, le préfet païen ordonne à Laurent de lui livrer les trésors de son Eglise, et, pour les réunir, le diacre demande trois jours ; puis, quand le moment est venu, il va chercher le préfet, qui, en arrivant auprès du lieu destiné au culte, ne voit que pauvres, malades, boiteux, aveugles et infirmes de toute espèce ; le préfet lui demande où sont les richesses qu'il a annoncées. « Voilà, répond-il, « les trésors de l'Eglise. Car ce sont de vrais « trésors que ceux dans lesquels habite Jésus- « Christ, dans le cœur desquels on trouve la foi. m Christ n'a-t-il pas dit : J'ai eu faim et vous « m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous « m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous « m'avez recueilli. ..• Tout ce que vous avez « fait à l'un de ces petits, vous l'avez fait à moi- « même? Quels trésors meilleurs Jésus peut-il « donc avoir, que ceux dans lesquels il aime qu'on « le reconnaisse ? i> Mais cela ne suffit pas à l'avide et cruel préfet.

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