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d'où il tirait son nom primitif^ le Temple avait encore pour objet les infldèles, car on y enterrait^ dit LétiS les enfonts morts sans baptême^ auxquels^ pour la vie à venir^ l'Eglise catholiqcfô n'assigne pas d'autre demeure que le département des limbes.
En tant que les chevaliers de Rhodes ou de StrJean de Jérusalem avaient jadis concouru à
« étoit enrichi de Gisternes et de Fontaines^ lesquelles ten- < doient tant vers le lac que devers un Pont, nommé le Pont € de Jargonnant > Ce renseignement nons avait fait suppo* ser qu'il était situé dans l'espace compris entre le Pré l'Evèque> la route de Frontenex et les Eaux-Vives; et notre supposition se trouve confirmée par deux anciens actes de vente que M. Ed. Mallet a publiés dans les Mém. et Docum. de la Soc. dhist, et éCarchéol. de Genève, i853; t. IX, pp. 209 et 210. — L'un, du 8 Mars 1305, porte ce qui suit : Carreria tendenie a r^a Uwus usque ad Crestum S. LaurencH per rétro domum Templi; — L'autre, du !•' Août 1306, nous offre ces mots : c prope ripariam lactés versus Templum Geb, »
Ces deux citations, pour le dire en passant, nous montrent dans quelle erreur sont tombés successivement Leti (Historia genevrina, Amstelod, 1686, in-12, i II, p. 556) et l'abbé Besson (Mémoires pour^ Vhist. ecclés. des diocèses de Genève^ Tarantaise, Aoste et Maurienne, Nancy, 1659, 4% p. 97) quand ils prétendent que cet édifice date de Jean de Bertrandis (1409-1419).
1 Gief. Leti, Bstoria genevrina. Amstetod., i686| in-12, U n, p. 555.
la construction du Temple dont je parle, ce fut à eux, une fois que les Templiers eurent été supprimés, que le Temple d'Aygues-Vives fut dévolu, et, à ce titre, il relevait de Ck)mpesière, commanderie de l'ordre de St-Jean de Jérusalem ^ . Mais, Tabbé commendataire de Compesière étant mort dans le premier tiers du XVP** siècle sans avoir été remplacé, les syndics de notre ville se réservèrent le possessoire du Tempie jusqu'à ce qu'il vint quelqu'un à qui ils remissent la clef et les droits. Le 3 Mars 1555, Noble Claude Faulcon, de St-Julien, se présenta pour les réclamer et il renouvela sa demande onze jours plus tard ; mais, on peut le croire, sans succès, car, le 1 S Septembre, un des religieux de St-Jean vint de la part d'un nouveau conunandeur pour les demander encore, offrant de payer à Jean G)nte, qui en était le détenteur, les frais qu'il avait faits pour faire garder le Temple pendant une année et pour rémunérer le prêtre qui y avait ofScié *. Les choses s'arrangèrent ainsi, et le Temple subsista jusqu'à Tan-
1 Gaudy-Le Fort, Promenades historiques dans le canton de Genève. Genève et Paris, 1849, 1. 1, p. 128. .
3 Floornois, Extraits des Registres publics, 3, 14 Mars et 12 Septembre 1533.