S^* CATHERINE OU CB. DE BRANDIS
née suivante où il subit le sort des autres chapelles.
Pénétrons maintenant dans Tintérieur de la ville où les édifices religieux ne font certes pas défaut.
6. Voici, au Molard, sous le vocable de S**- Catlierine * une chapelle qui a été fondée par un Vaudois, par Noble Jacques de Rolle. Ses fils, Jean et Guy, dont le premier a été six fois syndic à Genève, ont, en 1457, confirmé la dotation qu'il a faite au moyen de 350 florins d'or*, ou de de 9 livres, soit 1 5 florins d'or ' de revenu annuel assigné sur les boutiques. Une grosse tour, à ce qu'il parait, était adjointe à la chapelle sur laquelle on a, du reste, peu de renseignements, et tour et chapelle sont plus tard la propriété du
1 On vient d*abattre, en 1862, au sud-ouest de la cour du collège et pour agrandir cette enceinte, un petit bâtiment qui portait le nom de chapelle de Ste-Catherine ; mais il paradt que c'était d'une manière tout-à-fait impropre, car, au genre de construction qui le caractérisait, il y a tout lieu de penser que c'avait été uniquement une poudrière. î\ y avait aussi non loin de notre ville, entre St-Julien et Viry, un fort du nom de Ste-Catherine ( Gaudy-Le Fort. Promenades historiques etc., 1. 1, p. 153). Cette sainte avait donc une vertu spéciale pour protéger les constructions militaires.
2 6300 francs en valeur actuelle.
3 270 francs de notre monnaie.
comte de Monlmajeur. Puis, comme ce Comte est seigneur de Brandis^ château baillival de TÉmmenthal, détruit en i79B, la chapelle prendra et gardera jusques à la fin le nom dé chapelle de Brandis. Il y a, à la dite tour, une horloge ; mais n'allons pas croire que ce soit celle que plus tard on nommera Tour de Fhorloge, car, sur la requête du syndic Duvillard, à la famille duquel appartient la chapelle depuis la Réformation, l'horloge sera, en 1591, transférée au bout delà place où l'on construira une fois le bâtiment entre les Greniers et l'Arcade * .
7. Au delà du Molard, et en se dirigeant vers le Sud-Ouest, est une chapelle dite des Florentins. Il en est question à propos d'un incendie survenu en 1506, qui consuma la maison de Brandis et à l'occasion duquel on voit, dans une histoire manuscrite S que la chapelle des ("lorentins
1 Registres des Conseils.
^ Histoire manuscrite de 1616. Dans un travail sur la Restauration des stalles hautes de f ancienne cathe'drale de Genève que renferme le tome VI des Mém. et Doc, de la Soc, d^hist. et d'archéoL, Genève, 1849, p. 143. M. Blavignac identifie la chapelle des Florentins avec celle dont nous allons parler, Notre Dame du Pont Mais il est évident que si les deux n*en eussent fait qu'une, l'incendie qui consuma la chapelle de Brandis n'aurait pas noirci une chapelle si*
LES FLORBinriNS BT If . D. DU PONT. 15
en ftit tonte noircie. Si la chapelle et la maison de Brandis étaient au Molard, il y a tout Keu de croire que la chapelle des Florentins n'en était pas éloignée.
È. La place du bas de la Gté était encore, au siècle dernier, appelée par les paysans savoyards du nom de Place Notre Dame. G*est qu'il y avait là, sous l'invocation de la Vierge Marie, une chapelle qui était peut-être la plus ancienne de Genève. On l'appelait Notre Dame du Pont, « étant « à présumer, dit Bonivard, que c'était pour lors « le bout du pont du Rhône en çà et qu'elle étoit « au bord de la rivière, d'amont Sua Elle exis- « fait déjà, nous dit La Corbière, avant qn'eus- « sent été faites les rues basses de dessous, c'est-
tuée au bas de la Cité. Nous croyons que celle des Florentins était située sur remplacement de la maison qui, dans la rue du Marché^ porte le N** i3. On voit encore dans l'allée de cette maison une partie des voûtes.
1 Bonivard, Chron. L U, ch. 2.'- « Les rues basses de des- « sus (magna carreria Ripparie superiorj commençaient < au bas de la rue de la Cité par la chapelle de Notre Dame « fcapella béate Marie) qu'une ruelle séparait de la prec mière maison de la rue. > Etat matériel de Genève pen^ dant la seconde moitié du XY"* siècle. Mémoire lu par M. le Doct Chaponniére. Voy. Mém, et Doc, de la Soc, dhist. et darchéol de Genève, 1852, t YIII, p. 293.
<K à-dire avant Tan 1300. )> Elle remonte ainsi au XIIP*» siècle.
Elle servait d'hôpital aux pauvres malades et devait probablement ses vertus curatives à des reliques de St-Sébastien qui y étaient déposées. Les reliques du saint martyr n'étaient pourtant pas appelées à déployer dans ce lieu la vertu spéciale dont elles étaient douées, celle de guérir la peste. Il y avait, pour cette épidémie, à Plainpalais, un hôpital qui tombait en ruines, ou qui était devenu insuffisant et que, vingt ans environ avant la fin du XV"*® siècle, on sentit la nécessité de reconstruire. La première pierre fut posée le 9 Avril 1482, et, soit que Ton restât longtemps à le bâtir, soit que Ton comprit un peu tard, et sous l'empire du danger seulement, la nécessité de le mettre sous un patronage efficace, on y transporta sept ans après, le 6 Janvier 1489, les reliques de St-Sébastien, dès lors affectées à cet établissement.
9. En montant la Qté, nous arriverons maintenant à la Maison de ville, où nous trouverons aussi une chapelle : « Le 20 Mars 1 504 , dit « Bonivard, fut faicte une chapelle en la Maison « de ville * , Malheureusement il ne nous en dit
^ Bonivard, Chr<mqu,eSf i. II, ch. 18.