LA MADELEINE. NEF ET CHŒUR
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colonnade ionique, où s'encadrent des peintures sur fond d'or, forment un cadre décoratif à cette heureuse composition.
L'or, le marbre rehaussent, dans toutes ses parties, l'architecture de l'église. L'ensemble est éclatant, mais un peu surchargé de moulures et de dorures. Les frises, les entablements, les chapiteaux et les nervures des colonnes sont dorés. Les revêtements des murs, le maître-autel, la balustrade du pourtour sont en marbre. Les colonnes, ioniques qui encadrent les petites chapelles sont également revêtues de marbre et d'or.
Les peintures de l'église avaient étéconfiées, lors de l'achèvement de l'édifice, à Paul Delaroche. Cet artiste avait arrêté un ensemble de compositions empruntées à la vie de sainte Marie- Madeleine. Il revenait d'Italie, où il était allé s'inspirer des œuvres des maîtres italiens, quand il apprit que d'autres peintres avaient été appelés à collaborer à cette œuvre de décoration. Il refusa d'accepter le partage et conserva ses esquisses.
L'unité et l'harmonie de la décoration ont souffert de ce changement. Quelques-uns seulement des sujets imaginés par Delaroche ont été repris par ses successeurs.
De belles peintures murales décorent les travées de scènes empruntées à l'histoire de la sainte. C'est la Conversion de la sainte^ par Schnetz ; \q Repas che{ Simon^ de Couder ; la Sainte témoin de la mort de Jésus ^ par Bouchot ; la Sainte au sépulcre, par Cogniet. Abel de Pujol a peint Sainte Marie Madeleine en prière et Signol la Mort de la sainte.
Paul Delaroche avait eu l'idée d'exécuter, dans l'abside, une Assomption de la sainte qui aurait heureusement complété l'ensemble de la décoration qu'il projetait. A cette conception première, qui avait au moins l'avantage d'être claire et logique, Ziegler a substitué une œuvre touffue, étrange, presque ihex-
plicable. C'est comme une histoire synthétique du christianisme, où Ton voit se mouvoir, au-dessous d'un groupe céteste, des phalanges de confesseurs, de rois, de papes. Au centre, se détachent Napoléon I^^ et Pie VII signant le Concordat.
Cette œuvre ne se recommande ni par une inspiration féconde, ni par ses qualités d'exécution ; il faut ajouter d'ailleurs qu'elle est fort mal placée dans cette coupole, où règne une demi-obscurité qui ne laisse entrevoir qu'avec peine quelques fragments de peinture.
La sculpture a laissé dans l'église de la Madeleine des morceaux remarquables. On y admire deux œuvres importantes, placées à l'entrée, de chaque côté du vestibule : un groupe gracieux, de Pradier, qui figure le Mariage de la Vierge^ et le Baptême du Christ, œuvre vigoureuse de Rude, où se révèle une inspiration sincère et grandiose (PI. 40).
Cet artiste a exécuté les figures énergiques des apôtres Simon, Paul, Jude et Mathias qui ornent les pendentifs de la première coupole. Les décorations des deux autres coupoles sont dues à Foyatier et à Pradier.
De grandes statues se dressent dans les niches creusées sur les côtés, en forme de chapelles. On remarque une œuvre d'une belle inspiration, de Francisque Duret, qui évoque, avec un réalisme saisissant, le Christ ressuscité ; une statue de Sainte Clotilde, sculptée par Barye.
Les bénitiers de l'église ont été ciselés, avec beaucoup de délicatesse, par Antonin Moine. Ce sont de belles vasques, en marbre blanc, qui portent de gracieuses statuettes d'anges.
On trouve dans les sacristies quelques toiles anciennes.
La sacristie des messes renferme les Pèlerins d'Emmatis, de l'école italienne du xvi® siècle, une Vierge adorée par des anges, qui date du xviii®, une Descente de croix, d'après Le Brun, et
trois peintures du xvii* qui représentent : Moïse dans le désert^ le Songe de saint Joseph et la Vierge.
Dans la sacristie des mariages, deux toiles du xvii" siècle figurent Moïse frappant le rocher et Samson trouvant du miel dans la gueule du lion.
Une peinture de Louis de Boullongne, placée dans la crypte de gauche, représente la Vierge, sainte Marie-Madeleine et saint Jean aux pieds du Christ mort.