‹ Les édifices religieux, XVIIe, XVIIIe, XIXe sièclesChapitre 28 sur 84 · CHAPELLE EXPIATOIRE · texte numérisé non relu

CHAPELLE EXPIATOIRE

L'ancienne église de la Madeleine était entourée d'un cimetière que la Révolution respecta. C'est dans cette enceinte que furent enfouies, sous la chaux vive, les victimes de Téchafaud de la place de la Révolution; c'est là que furent inhumés Louis XVI et Marie-Antoinette.

Un des premiers soins de Louis XVIII fut de faire rechercher les dépouilles de son frère et de sa belle-sœur. Un acteur, Sevestre, qui avait été témoin de l'inhumation, indiqua l'emplacement exact où les corps avaient été déposés. Et, tandis que les ossements découverts étaient solennellement transportés à Saint-Denis, le roi décidait l'érection d'une chapelle élevée à leur mémoire. Fontaine et Percier se mirent à l'œuvre, en 1 8 1 6 ; en 1826, la chapelle était bâtie.

Le mot a expiatoire » ne se trouve inscrit, ni sur la façade, ni dans l'intérieur du monument ; pourtant il s'est gravé dans le souvenir public et il a été le prétexte des passions politiques que la dédicace de cette chapelle n'a pas manqué de soulever.

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Dès 1871, des membres de la Commune proposaient un décret ordonnant la démolition. On ébaucha même un commencement de destruction qui ne fut interrompu que par l'arrivée des troupes de Versailles. Depuis, on a réclamé maintes fois la ruine de Tédifice et ce mouvement d'opinion a trouvé un écho au Parlement.

Heureusement, nous avons appris à respecter le passé. La sollicitude archéologique qui s'est emparée de tous les esprits paraît devoir nous préserver enfin des vendettas monumentales. La chapelle de Louis XVI est encore debout, après l'orage, et les rancunes se sont apaisées, autour de ces pierres, aux lignes sévères, où sont venu s'inscrire des pages sanglantes de notre histoire nationale.

L'aspect même du monument semble être une leçon de tolérance (PI. 41). Ce n'est pas une architecture aux lignes tourmentées, se dressant comme une œuvre de menace ou de vengeance. Les constructions, aux dispositions simples et harmonieuses, abritent pieusement des souvenirs de grandeur et de mort et la douleur d'un règne qui sombra dans le drame. Les adversaires de cette chapelle en ont trouvé le style ridicule. Il est difficile de partager ce sentiment. Si l'œuvre de Fontaine ne brille ni par son éclat, ni par une invention originale, elle a pour elle sa sobriété triste et cette ordonnance classique qui lui imprime un cachet de nécropole gréco-romaine.

La même simplicité se retrouve dans les différents bâtiments qui forment l'enceinte de cette chapelle : au premier plan, sur la rue de l'Arcade, une façade d'entrée, sans prétention, qui n'a reçu qu'une ornementation très réduite ; sur les côtés, encadrant un préau, deux galeries parallèles, avec des arcades en forme de tombeaux, où l'on a enfoui les ossements découverts dans l'ancien cimetière. Au fond, les lignes sévères d'un portique

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NEF ET CHŒUR

Photo Neurdein.

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