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FAÇADE

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NOTRE-DAME DE LORETTE i6i

avec fronton, de style antique, précédant la vaste coupole abritant la chapelle.

L'intérieur de cette chapelle dessine une croix dont les trois branches se terminent en hémicycle; la décoration en est très sobre : un autel en marbre blanc, incrusté de bronze doré, quelques bas-reliefs dans les pendentifs de la coupole et les deux groupes célèbres de Bosio et de Cortot. Le premier montre Louis XVI et son confesseur, au moment suprême. Le second évoque Marie-Antoinette implorant, à Theure fatale, le secours de la religion.

Un caveau souterrain renferme des cénotaphes, érigés à Tendroit même où les dépouilles royales furent découvertes.

Aux pieds de la butte Montmartre, s'étendait jadis le hameau des Porcherons ; des laboureurs étaient venu s'y établir, au XVI* siècle, autour de la ferme de la Grange-Batelière qui appartenait à Tévéque de Paris. Ce hameau ne tarda pas à s'agrandir et les habitants, qui se trouvaient éloignés de l'église Saint-Pierre de Montmartre, obtinrent, en 1645, l'érection d'une chapelle de secours qui fut affectée à une confrérie fondée en l'honneur de Notre-Dame de Lorette.

Cette chapelle fut vendue et démolie sous la Révolution. Lorsqu'on constitua, après le Concordat, la nouvelle paroisse de Notre-Dame de Lorette, on ne trouva d'autre siège à lui donner que la petite chapelle de Saint- Jean de Porte-Latine, élevée

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en 1780, dans la rue du Faubourg-Montmartre. C'est là que furent célébrées en grande pompe les obsèques du général Foy.

Cet édifice était très insuffisant. Dans cette région, autrefois déserte, de magnifiques hôtels s'étaient élevés, dès le règne de Louis XVI. Et le quartier de la chaussée d'Antin devint bientôt un des plus élégants et des plus mondains de Paris. A ces riches demeures il fallait une église de belle apparence.

La Ville de Paris s'en inquiéta. Elle mit au concours, entre dix architectes, la construction d'un vaste monument.

Une observation, jointe au programme, informait les concurrents a que la Ville, ayant à distribuer des travaux d'encouragements aux artistes peintres ou sculpteurs, pour ensuite en orner les églises, il serait à désirer, pour le bien de l'art, pour l'avantage des artistes, enfin pour l'harmonie et le bon ordre dans la décoration de nos temples, que les tableaux ou statues fussent faits exprès pour les places destinées d'avance, et non accrochés comme de simples expositions et comme n'appartenant en rien à l'édifice ».

On recommandait donc fort prudemment aux concurrents de réserver la place des sculptures et des peintures dont ils jugeraient convenable de décorer l'édifice, afin de guider l'administration dans son choix.

Cet avis n'a pas été inutile et il faut convenir que la décoration de l'église est en parfaite harmonie avec les dispositions du monument. Parmi les divers projets qui lui furent soumis, le jury adopta celui d'Hippolyte Lebas : il le préféra notamment aux plans de Caristie qu'on trouva trop grandioses.

Les travaux, commencés eti 1828, furent achevés en i836. La dépense s'était élevée à 2.o5o.poo francs. C'est dans cette église que furent célébrés, en 1878, les funérailles de Thiers.

Notre-Dame de Lorette est l'édifice religieux le plus impor-

tant qui ait été bâti sous la Restauration. Sa construction marque une date nouvelle dans l'histoire de l'architecture religieuse. On renonce à l'essai d'adaptation en bloc de l'art antique, tel qu'il se trouve réalisé dans le Panthéon et dans la Madeleine. On adopte décidément le style des basiliques chrétiennes, inauguré à Saint- Philippe du Roule ; cette combinaison trouve, à Notre-Dame de Lorette, une forme plus franche, plus accentuée, plus décorative en même temps.

Cette église, bien que ses dimensions soient beaucoup plus réduites, rappelle assez bien, par son plan et par son caractère, la basilique de Sainte-Marie-Majeure à Rome, dans laquelle l'art chrétien a trouvé un moment l'expression de ses aspirations et de ses tendances : Hippolyte Lebas avait ce modèle présent à la mémoire lorsqu'il dressa les plans de la nouvelle église.

Un seul détail, dans l'aspect extérieur, contraste avec l'ordonnance générale du monument : le portique, qui est élevé suivant les règles de l'art antique, et qui n'a rien de commun avec le porche bas qui précédait les basiliques anciennes. (PI. 42) . Il faut voir dans cette disposition une concession aux partisans de l'antiquité. On ne voulait pas admettre un abandon absolu du style classique, encore fort en honneur. C'est grâce à cette combinaison transactionnelle que le projet d'Hippolyte Lebas prévalut sur les plans de quelques-uns de ses concurrents qui écartaient résolument toute réminiscence gréco-romaine.

L'église Notre-Dame de Lorette se dresse au centre d'un rectangle formé par les rues de Châteaudun, Bourdaloue, Saint- Lazare et Fléchier.

Elle a 70 mètres dans sa plus grande longueur, mais sa largeur ne dépasse pas 33 mètres.

Le portique, qui fait saillie sur la partie centrale de la façade

principale, est porté par quatre colonnes d'ordre corinthien, d'aspect assez grêle : on y accède par un perron de huit marches qui occupe toute la largeur de la façade. Le porche est surmonté d'un fronton triangulaire sur lequel se développe un bas-relief, sculpté par Lebœuf-Nanteuil, qui figure les anges adorant l'Enfant Jésus que leur présente la Vierge. Aux angles et au sommet du fronton, se dressent trois statues : V Espérance^ par Lemaire, la Charité par Laitié, la Foi^ par Foyatier.

L'ordonnance sobre et sévère de l'extérieur contraste avec l'éclat, la magnificence "et l'élégante recherche qui se retrouve dans les moindres détails delà distribution intérieure. (PI. 42). L'aménagement de l'église marque la prédominance d'une préoccupation toute nouvelle, on peut le dire, dans notre architecture religieuse : c'est le goût du confort. Désormais, on veut être à Taise pour prier et se mouvoir sans peine à travers de larges galeries. Puis, c'est un luxe de sculptures, de dorures et de peintures, parfois un peu lourd dans cet édifice aux dimensions assez restreintes. Tout attire et charme la vue : la pensée s'élève avec peine jusque vers le ciel.

Les marbres, aux nuances variées, qui composent le pavement des chapelles, l'or des moulures, le stuc des colonnades, les pierres sculptées avec art et sur lesquelles se développent, en savantes mosaïques, des peintures ingénieusement groupées et richement encadrées, les ornements des frises où sont retracés les instruments de la Passion, tout forme un assemblage décoratif, pittoresque et raffiné, qui donne à cette église un caractère luxueux et mondain, d'où l'austérité religieuse, il faut bien l'avouer, semble résolument bannie.

On pénètre dans l'église par un vaste vestibule intérieur, encadré de pilastres et de colonnes ioniques. Quatre rangées de colonnes, du même ordre, revêtues de stuc, bordent la nef et

les collatéraux. Enfin, dernier vestige gênant de la tradition religieuse, la voûte disparaît : elle fait place, comme dans certaines églises d'Italie, à un simple plafond plat qu'enrichissent des boiseries, des rosaces argentées ou dorées.

Le chœur s'ouvre en arrière d'un arc triomphal, avec des entrelacements dorés. Il forme une belle perspective, avec la coupole qui le domine, les peintures qui couvrentses murs et son maître-autel pittoresque que surplombe un haut baldaquin porté par quatre colonnes monolithes en granit d'Ecosse.

Toute cette architecture s'agrémente de peintures murales, d'un eflPet souvent très heureux. L'attention se portera surtout sur la belle décoration des chapelles ménagées à l'entrée des bas côtés et sur les transepts. Les murs sont ingénieusement découpés en fresques et en médaillons, où l'artiste a retracé des scènes et des symboles bibliques.

On trouve, à gauche, en entrant, une suite de peintures de Blondel, où se détachent des figures de saints et de saintes et des sujets religieux inspirés de l'idée de la mort. Ce sont, en face, à la droite du vestibule, des allégories consacrées au baptême et dues au pinceau d'Adolphe Roger. On voit, dans cette même chapelle des fonts baptismaux, une très belle cuve en marbre, dessinée par Hippolyte Lebas. La cuve, sur laquelle courent des guirlandes et des festons, porte une petite statuette, en bronze, de saint Jean-Baptiste, œuvre de Francisque Duret.

Mais la décoration la plus brillante est certainement celle du transept gauche, avec la chapelle de la Vierge. Les pilastres, les pendentifs, la coupole, sont revêtus de médaillons et de peintures murales, disposés avec beaucoup de goût. La plupart de ces allégories ont été exécutées par Orsel dont le travail fut achevé par plusieurs peintres, notamment par Alphonse Périn et Gabriel 1 yr.

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C'est l'œuvre la plus vaste et la plus remarquable d'Orsel qui fut le représentant autorisé de Técole religieuse de Lyon, pendant toute la première moitié du xix® siècle. On retrouve, dans ses litanies de la Vierge, cette belle sincérité d'artiste, ce style large et profondément chrétien qui s'affirment dans ses meilleures compositions.

Parmi les scènes nombreuses qu'il a tracées sur les murailles de cette chapelle, on remarquera, dans la coupole, les quatre fresques qui évoquent la Vierge reine des patriarches, reine du ciel, reine des martyrs, et reine des vierges.

Au fond de la chapelle, se dresse un autel, encadré de colonnettes corinthiennes, avec des chapiteaux dorés et un fronton triangulaire: entre les colonnes apparaît une statue de la Vierge, par Augustin Dumont.

Le transept droit et la chapelle du Sacré-Cœur sont ornés de sujets inspirés de l'Eucharistie qui ont été peints par Alphonse Périn. Un Christ, sculpté par Desbœufs, décore l'autel. Le reste de l'église a reçu d'ailleurs une décoration assez importante. Malheureusement plusieurs des toiles, placées dans les différentes parties de l'édifice, ont beaucoup souflFert du temps. Presque toutes d'ailleurs ont été disposées à contre-jour et sont difficilement visibles.

De grandes peintures murales couvrent les trumeaux qui séparent les croisées delà nef de scènes de la Vie de la Vierge. On voit une Présentation au temple^ de Vinchon, un Mariage de la Vierge, deLanglois, unQ Adoration des bergers, d'Auguste Hesse, une Adoration des mages, de Oranger.

Dans l'arcade qui s'ouvre sous la tribune des orgues, se détachent les figures des prophètes /y^i'e et Daniel, peintes par Schnetz.

Le chœur renferme une composition bien ordonnée de Heim :

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