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SAINT-DENIS DU SAINT-SACREMENT

Sur remplacement occupé par Téglise s'élevait, au xvii* siècle, l'hôtel de Turenne, où s'installèrent, en 1684, les religieuses bénédictines du Saint-Sacrement.

Leur monastère disparut sous la Révolution. Mais la chapelle fut conservée et devint, après le Concordat, une des paroisses de Paris. Elle ne tarda pas à paraître insuffisante pour la population du quartier et l'architecte Godd^ fut chargé de construire un monument de plus vastes proportions. La nouvelle église, achevée en i835, a coûté i 847 000 francs. On avait décidé de la consacrer à saint Denis ; mais l'ancien titre de la chapelle s'étant maintenu dans la tradition populaire, on réunit les deux vocables en un seul.

C'est encore une basilique, mais une basilique imposante, d'une exécution soignée et assez heureuse. Elle offre une architecture massive, pittoresque, bien qu'un peu lourde. L'édifice s'ouvre par un ample, portique, encadré de colonnes ioniques et surmonté d'un fronton où se développe un bas-relief de Feuchères qui symbolise les trois vertus théologales.

L'ordonnance intérieure est correcte, mais froide (PI. 44). Des colonnades, revêtues de stuc, supportent un large vestibule, une nef voûtée en berceau. L'entablement de la voûte, les rosaces des plafonds, les chapiteaux des colonnes sont rehaussés de dorures.

Certaines dispositions rappellent la distribution classique des temples grecs : ainsi les chapelles pratiquées aux extrémités des bas côtés, dans l'épaisseur du chœur et du vestibule, et la

sacristie ménagée à l'arrière du chœur, à Timitation deT «opisthonaos » antique.

On remarque, dans la nef, une chaire à prêcher, d'un beau travail, ornée de bas-reliefs en bois sculpté.

La Ville de Paris a doté cette église de quelques œuvres d'art de valeur. On s'arrêtera devant la Pieta qui décore la chapelle Sainte-Geneviève. C'est une des œuvres les plus célèbres de Delacroix. Les personnages y apparaissent, groupés dans des attitudes expressives et dramatiques ; on admirerait davantage l'éclat et la rareté des colorations, si cette peinture était mieux éclairée. On avait songé à la transporter ailleurs; mais on a dû renoncer à cette idée, car elle a été exécutée sur la paroi même du mur qui est faite de briques.

Une grande frise règne dans le chœur, sur laquelle Abel de Pujol a représenté, en grisaille. Saint Denis prêchant dans les Gaules. D'autres sujets, exécutés par le même artiste, dans la partie supérieure, figurent le Père Éternel^ Jésus-Christ et la Vierge.

Signalons encore, dans la sacristie, un Baptême du Christ^ peint au xvii* siècle, un Saint Jérôme^ de l'école flamande, et une Sainte Cécile^ de 1 école italienne, qui datent de la même époque.

La chapelle des catéchismes, qui a été construite sur le flanc droit de l'église, renferme une toile du xvii® siècle qui représente V Adoration de l'Agneau pascal.

SAINTE-MARIE DES BATIGNOLLES

Cette église, commencée en 1829, a été achevée en 1 835. Au

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cours des fouilles entreprises pour les fondations de l'édifice, on exhuma une petite statuette de la Vierge assise tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus : c'est en souvenir de cette découverte que l'église fut placée sous l'invocation de la Vierge.

Les plans primitifs ne comportaient qu'un édifice, de dimensions fort restreintes, qui n'excédait pas l'emplacement occupé aujourd'hui parle chœur. Il parut bientôt nécessaire de donner au monument de plus vastes proportions.

Molihos fils fut chargé de cette restauration.

L'architecture de l'église est fort pauvre. Ses murs sont revêtus de plâtre. Du moins l'ensemble est bien conçu et d'une exécution correcte (PI. 43).

C'est, dépouillé de toute ornementation, un petit temple grec, avec Un porche réduit, d'ordre dorique, que couronne un fronton triangulaire ; les ailes de la façade sont légèrement en retrait et s'encadrent de pilastres doriques.

A l'intérieur, on trouve un vestibule, une nef assez large, avec des piliers rectangulaires, dans lesquels sont engagés des pilastres doriques.

Au-dessus s'étend un plafond plat, divisé en compartiments, suivant la mode qui régnait à Tépoque.

On rencontre, dans cette église, d'une architecture très nue, quelques toiles modernes et quelques copies de tableaux anciens.

On remarquera, dans la première travée du bas côté droit,, une statue en bois, du xvi® siècle, qui figure le Christ en croix^ et, dans le transept gauche, deux toiles du xviii" : le Buisson ardent et Jésus guérissant les aveugles.

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