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SAINT-EUGÈNE

combles, a fait disparaître ces accessoires. Mais l'église n'a-t-elle pas perdu par là même tout le cachet du gothique rayonnant ? Représente-t-elle autre chose qu'un schéma appauvri des modèles les plus gracieux de notre architecture française ?

L'extérieur rappelle les dispositions de quelques-uns de nos plus vieux monuments, comme l'église Saint-Paul ou l'abbaye de Sainte-Geneviève. Des contreforts divisent la façade en cinq parties. Au centre, la porte principale, avec voussure, couronnée d'un gable bordé de crochets. Au-dessus s'inscrit une rose que domine le pignon de la grande nef. De chaque côté, une petite porte, surmontée d'une galerie à jour.

Les façades latérales présentent une série de pignons, semblables à ceux qui accusaient les chapelles latérales, dans nos anciens édifices : chaque pignon est percé de deux fenêtres et d'une rosace.

Le plan de l'église est fort simple : la nef, sans transepts, est flanquée de collatéraux, surmontés de tribunes, en fonte, peintes et dorées.

L'emploi de la fonte et du fer a donné à l'intérieur une physionomie plus curieuse et plus originale (PI. 48). Les forts piliers de nos vieilles cathédrales font place ici à de minces et élégantes colonnettes dont le modèle paraît emprunté à l'ancien réfectoire de Saint-Martin-des-Champs, aujourd'hui Bibliothèque du Conservatoire des arts et métiers, remarquable par la hardiesse de ses voûtes et la gracilité de ses supports.

Les matériaux employés semblaient commander à Saint- Eugène cette légèreté de base à laquelle l'architecte de Saint- Martin-des-Champs n'avait atteint que par un prodige d'audace. Les colonnettes et les arcs sont en fonte. Les nervures et les arêtes des voûtes sont en fer.

Dans un édifice de petites dimensions, cette disposition ne

manque pas d'attrait. Elle eflPace la division des nefe qui s'accuse même dans les vaisseaux élancés de nos cathédrales. L'œil embrasse d'un seul coup les différentes parties de l'édifice et, de quelque côté qu'on se place, le jeu des colonnes laisse entrevoir le maître-autel.

La décoration est d'un goût assez heureux. De belles verrières, enluminées avec art, distribuent dansTéglise une lumière, plus pâle dans la nef, plus vive dans le chœur : combinaison inverse de celle qui fut adoptée à Sainte-Glotilde et qui paraît d'un effet plus pittoresque. Les vitraux de la chapelle Saint- Eugène ont été peints par Lusson.

Une riche polychromie couvre le monument, sans parvenir, d'ailleurs, à dissimuler la maigreur des motifs d'ornementation. Les voûtes sont semées d'étoiles: les colonnes, aux teintes bronzées ou bleuâtres, sont revêtues, ainsi que les murailles, de rinceaux et d'arabesques relevés d'or.

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