SAINT-EUGÈNE
Le fer apparaît, pour la première fois, à Saint-Eugène, dans notre architecture religieuse : et Ton est tout d'abord un peu surpris de le voir aussi largement utilisé dans un pastiche gothique. Les baies ogivales, les voûtes élancées, les ingéniosités et les dentelures de la décoration de nos vieilles cathédrales pouvaient-elles donc se combiner avec l'emploi d'un dur métal ? L'abbé Coquand, curé de la nouvelle paroisse, le pensait. Il posa ce problème aux architectes : construire une église, dans le style de la fin du xiii* siècle, mais en employant la fonte et le fer pour les piliers et les nervures. Le problème était d'autant plus ardu que la plus stricte économie était recommandée aux architectes; les maigres crédits dont on disposait semblaient donc exclure à l'avance les fantaisies et les élégances de notre art gothique.
Lusson, puis Boileau, s'attachèrent à cette œuvre. En i855, l'église était debout : Elle avait coûté 65oooo francs. Napoléon la plaça sous le patronage de saint Eugène, en commémoration de son mariage avec l'impératrice Eugénie.
L'essai est intéressant : il faut reconnaître que Lusson et Boileau se sont joués avec beaucoup d'habileté et d'audace des difficultés qu'ils rencontraient. Mais l'effet est plus étrange que pittoresque. L'extérieur est d'une simplicité qui touche à la nudité. Point d'arcs-boutants, point de ces hautes voûtes qui se croisent au-dessus de nos anciennes églises gothiques : l'emploi du fer, en supprimant la pesée des voûtes, en réduisant les