SAINT-BERNARD
cette entreprise : la Ville de Paris vota un crédit supplémentaire de 600.000 francs.
Ce monument, de forme agréable et d'aspect pittoresque, se recommande par ses proportions heureuses et par son exécucution soignée. C'est un pastiche gothique, mais élégant et réussi, qui reconstitue d'une façon curieuse la physionomie d'une église du XV® siècle (PL 5i).
Cette architecture n'a pas la raideur et l'austérité froide de Sainte-Clotilde : ses lignes s'infléchissent et se brisent sans effort, relevées de contreforts, d'arcs-boutants, de gargouilles et de motifs d'ornementation, dessinés avec beaucoup de goût et de fantaisie.
L'église occupe un très vaste emplacement. Elle se dresse sur une petite élévation, en arrière d'un square dont les verdures encadrent sa silhouette gracieuse et finement découpée.
Le monument s'annonce par un fort beau portail, agrémenté d'un petit porche, d'un dessin élégant, de clochetons et de galeries ajourées, que couronne une flèche en plomb, d'un style très pur, qui s'élève à 60 mètres de hauteur.
Les niches de la porte d'entrée renferment des statues de sainte Geneviève et de saint Bernard, œuvres de Perrey.
Les transepts dessinent de faux portails, avec des sculptures simulant des portes. Des bas-reliefs se développent sur les tympans et figurent, à gauche, Iq Couronnement de la Vierge, adroite, la Résurrection du Christ. Ces sculptures ont été exécutées par Perrey, ainsi que les statues des saints qui les encadrent.
Le chevet présente trois constructions polygonales. Celle du centre est surmontée d'un petit campanile.
A l'intérieur, on pénètre dans une nef, d'une belle élévation, qui s'étend entre des arcades et des murs percés de triforiums {PI. 5i).
Des tribunes régnent dans la nef et dans le chœur. La chapelle de la Vierge s'ouvre derrière le chœur. Elle est décorée de panneaux peints qui alternent avec des vitraux.
L'ensemble de cette architecture est d'un bon effet et d'une ornementation très sobre.
On remarque la chaire à prêcher, toute en pierre et en menuiserie, d'un dessin gracieux; la balustrade de l'escalier, sculptée à jour, n'a que 7 centimètres d'épaisseur.
Dans le fond de chaque transept, se dresse un retable en pierre, d'un beau travail, qui se divise en compartiments encadrés de motifs d'ornementation dans le style du xv® siècle. Sur ces retables se développent des scènes de la vie de sainte Geneviève et de saint Bernard.
Saint-Bernard possède une composition de Le Brun : La Flagellation, et un tableau, peint par Jeaurat, en 1789, qui évoque Saint Bernard et ses compagnons.
Parmi les toiles modernes qui décorent les murs de l'église, il faut signaler, dans la chapelle des Ames-du-Purgatoire, deux toiles de Tony Robert-Fleury : le Sacrifice offert pour les morts d'Israël, par ordre de Judas Macchabée, et Saint Bernard disant la messe pour les trépassés.
La population du quartier de Clignancourt augmenta beaucoup, au cours du xix^siècle. L'église Saint-Pierre de Montmartre se trouvait à la fois trop petite et trop éloignée : aussi se décida-
t-on à construire, dans ce quartier, une église nouvelle dont les plans furent fournis par Lequeux. Les travaux, entrepris en i SSg, ont été achevés en i863.
L'église Notre-Dame-de-Clignancourt, conçue dans le style roman, occupe une vaste superficie. L'architecture en est correcte, mais sans grande originalité (PL 5i).
La façade principale, qui comporte deux étages, d'un dessin très simple, est décorée de quelques sculptures. Sur ses côtés, un peu en retrait, se détachent deux petites constructions pentagonales qui abritent des chapelles.
Les transepts et le chevet sont également construits sur un plan pentagonal.
L'édifice se termine par un bâtiment polygonal dans lequel est ménagée la chapelle de la Vierge.
Entre cette construction et le chevet, se dresse une tour à trois étages, coiffée d'une flèche pyramidale.
L'église, à l'intérieur, affecte la forme d'une croix très allongée. L'architecture ne présente aucune particularité remarquable. Le chœur, qui s'ouvre par un arc triomphal, est décoré de peintures murales. Les bas côtés qui entourent le chœur donnent accès, au fond, à la chapelle de la Vierge dont la voûte, semée d'étoiles sur un fond bleu, est couverte d'ogives, avec des nervures et des colonnes peintes.
Dans les travées de cette chapelle se développent des peintures de Félix-Joseph Barrias : V Annonciation ^ la Visitation^ la Glorification de la Vierge^ V Assomption^ la Vierge au pied de la Croix.
SAINT-JOSEPH
La paroîsse de Saint- Joseph eut d'abord pour siège une modeste église en bois, construite en i852 dans la rue Corbeau,
La nouvelle église, bâtie en 1860, sur les plans de Tarchitecte Ballu, est un vaste et bel édifice, traité dans le style des églises du XII* siècle. La façade qui ne manque pas de caractère, est précédée d'un large porche dans lequel s'ouvrent des baies plein cintre. L'ensemble est surmonté d'une tour carrée, avec une flèche octogonale en pierre, flanquée, à sa base, de quatre clochetons cylindriques (PI. 5i).
Les tympans des portes d'entrée sont ornés de peintures, sur lave émaillée, exécutées par Paul Balze, en 1874. On voit, dans la porte centrale, la Glorification de saint Joseph.
Les façades latérales, épaulées par des contreforts, présentent, à la hauteur des transepts, des murs pignons flanqués de clochetons, dans lesquels se découpe une grande rose.
L'architecture intérieure paraît lourde et massive; elle manque d'élévation.
La nef s'étend entre des arcades basses qui reposent sur d'énormes piliers, en pierre noire de Belgique, dont les chapiteaux sont sculptés de feuillages. Au-dessus des arcades, règne un étage detriforiums.
La décoration de l'église est intéressante par ses nombreux cuivres et ses bois peints, d'origine ancienne.
Un banc, placé dans la chapelle des fonts baptismaux, porte, sur son dossier, deux peintures sur cuivre : un Saint Jérôme j de Técole byzantine du xvii® siècle, un Hérodiade^ de l'école fla-
Photo Neardeia.