SAINT-JEAN L'ÉVANGÉLISTE
Cette église, bâtie entre 1894 et 1904 par M. de Baudot, offre un caractère particulier qu'elle doit à sa structure, toute en briques creuses et en ciment armé. Cette architecture surprend, à première vue, surtout dans un édifice religieux, et certains visiteurs seront sans doute choqués par le parti pris utilitaire de cette construction qu'ils trouveront plus appropriée à une usine ou à une gare qu'à une église.
L'essai est pourtant intéressant; il faut rendre justice en tout cas à l'ingéniosité réelle avec laquelle l'architecte a résolu le problème que semblait poser la combinaison des matériaux mis en oeuvre.
Il a réussi à faire œuvre originale et cela suffirait à assigner
une place à cette église dans L'histoire de notre archi43ectwre. L'église, conçue dans un style byzantin, présente à l'extériewr un ensemble de constructions d'un dessin fort simple, avec des clochetons curieux. (PI. 60).
Les murailles, faites de. briques, sont revêtues, en certains endroits, d'un ciment armé qui accuse les motife d'ornementation.
La décoration est des plus sobres ; elle ne comporte que des vitraux incolores et des arcades qui s'enchevêtrent, incrustées de mosaïques. On remarque néanmoins à la porte principale et au maître-autel des œuvres intéressantes du sculpteur Pierre Roche.
L'intérieur comprend une nef, avec une galerie, et des bas côtés sur lesquels s'ouvrent, à droite et à gauche, deux petites chapelles latérales. La voûte, sillonnée par des nervures qui se détachent des piliers, présente une série de coupoles réduites.. Toute cette architecture est fondue dans une teinte neutre et terne que lui donne le ciment dont elle est entièrement recouverte.
La ville de Paris compte un certain nombre d'églises dont l'architecture ne présente qu'un intérêt fort médiocre. Elles ne retiendront guère le visiteur. Aussi nous stifïira-t-il de les mentionner succinctement.
Chapelle du séminaire des missions étrangères. — C'est une modeste construction, du xvii' siècle, où le style « jésuite » a sévi sous une forme particulièrement ingrate.
L'édifice, dessiné par l'architecte Dubuisson, a été construit en i683. Il fut loué, après le Concordat, par la ville de Paris, et servit d'église paroissiale jusqu'au moment où Saint-François- Xavier put être ouvert au culte.
Les visiteurs ne s'attarderont guère à contempler cette façade en bas-relief^ avec ses deux ordres ionique et corinthien que couronne ua fronton triangulaire.
Aucune ornementation a'égaie ce portail plaqué, où de maigres pilastres n'encadrent que des niches vides et une large baie vitrée.
La fantaisie de l'ardiitecte ne s'est affirmée que par la construction d'un petit porche avancé que décorent quelques pilastres cannelés d'ordre composite.
La même monotonie et la même froideur de style se retrou-
vent à rintérieur. On remarquera la grande profondeur donnée au chœur : disposition caractéristique de la plupart des chapelles monastiques.
L'église n'a pour toute décoration que quelques tableaux. A l'entrée, une peinture italienne, du xvi® siècle, qui semble inspirée de l'école de Caravage, évoque la Déposition du Christ^ dans une scène assez expressive et pathétique. Une peinture française, de la même époque, montre le Christ guérissant un lépreux.
Au fond du sanctuaire, on entrevoit une vaste composition d'Auguste Couder : V Adoration des Mages. Le dessin est correct, mais l'inspiration est pauvre et sans éclat. Une vaste crypte s'étend sous la chapelle. Elle est ornée d'une série de toiles modernes et d'inscriptions funéraires gravées à la mémoire des missionnaires morts en pays lointains.
Saint-Jean-Baptiste de Grenelle. — La duchesse d'Angoulême posa, en 1827, la première pierre de cette petite église qui fut construite par l'architecte Léonard Violet.
Cet édifice, traité dans un style pseudo^grec, s'ouvre sur la rue des Entrepreneurs par un petit porche que couronne un clocher roman, sans base (PI. 60).
Le maître-autel, en marbre, a été construit avec des fragments de l'ancien autel érigé par Louis XIV à Notre-Dame, en exécution d'un vœu fait par Louis XIIL Cet autel disparut delà cathédrale, lors des restaurations entreprises en 1 865. Le curé de Saint- Jean-Baptiste de Grenelle en retrouva des morceaux chez un revendeur et les utilisa pour l'autel de son église.
On remarquera une Résurrection du Christ j peinte au xviii* siècle.
l'boto Neurdein.
Photo Marmuse.