‹ Les éditions illustrées de RacineChapitre 19 sur 21 · X. — JOSEPH FOURREL DE FRETTES, né à Langres, le · texte numérisé non relu

X. — JOSEPH FOURREL DE FRETTES, né à Langres, le

18 juin 1809, ancien officier d'infanterie, à Frettes, marié à Langres, le 14 avril 1841, à Marie-Sidonie Tolomaise de Prinsac, née le 9 mars 1820 (fille de Charles Tolomaise de Prinsac, capitaine de gendarmerie, et de Jeanne-Marguerite Guenievre). Ils ont deux enfants :

i° Jean-B aptiste-Louis-Médavy Fourrel de Frettes, né le 19 mai 1842, célibataire;

20 Marie-Alice Fourrel de Frettes, née à Langres le 2 janvier 1855.

yo LES EDITIONS ILLUSTREES DE RACINE.

Revenons maintenant au portrait du musée de Langres. En circonscrivant cette généalogie aux articles IV, V et VI, on reconnaît, comme je l'ai annoncé, queM1Ies Jacobé d'Ablancourt (Marie-Françoise- Julie et Marie -Françoise- Dorothée, étaient arrière-petites-filles de Jean Racine et petites-filles de Marie-Catherine Racine, seule fille du poète qui ait laissé postérité, puisque sur les quatre autres, Anne, Elisabeth, Françoise et Madeleine, que leur père appelait familièrement Nanette, Babet, Fanchon et Madelon (comme Louis Racine le dit à son fils en lui recommandant de n'en point rougir), deux furent religieuses et les deux autres gardèrent le célibat, de même que le fils aîné; tandis que la mort tragique et prématurée du fils de Louis, en laissant aux deux filles le soin de continuer cette branche, éteignit à jamais dans sa famille l'illustre nom de Racine. M'ne d'Ablancourt, qui était fille unique et veuve en 1749, eut sans doute les deux portraits de son aïeul : celui du Musée fut le partage des deux sœurs, celui de Santerre fut conservé par leur frère aîné, M. Jacobé de Naurois, à Paris, comme on l'a vu page 55 de ce volume. Le premier portrait, appartenant à Mllcs d'Ablancourt dont la dernière mourut le 3 septembre 1809, devint la propriété de M. Guyot de Giey qui le donna au Musée.

Ajoutons quelques remarques à cette généalogie.

« La famille anoblie par l'acquisition d'une charge , dit M. Roger dans une notice de 1823, avait un cygne dans ses armoiries; et certes jamais armes parlantes ne se trouvèrent mieux justifiées. » Ces armes prophétiques et que Racine rendit parlantes se trouvent au bas de la gravure d'Edelinck1. On peut constater que les charges de finance

1. Ces armoiries peintes sur les vitres de la maison paternelle et dans une église de La Ferté-Milon sont : d'azur au cygne d'argent becquè et viembré de sable (De Trémault.)

se perpétuèrent dans la famille jusqu'à la Révolution.

Le manque absolu de rejeton mâle se fait regretter à chaque quartier, où Ton voit varier le nom patronymique, qui, à partir du grand Racine, devient successivement : Colin de Morambert, Jacobé d'Ablancourt, Gillet ( conjointement avec De Ballay et Le Clerc de Vodonne), Fourrel de Frettes (avec De Lyver et Rigollot, puis Morel, Rouyer et Lacordaire).

Les Jacobé d'Ablancourt tiraient leur nom nobiliaire d'une terre située près de Vitry-le-Français, qui avait déjà donné son nom à l'académicien Perrot, leur allié, dont le poëte faisait grand cas. « Tant que Racine a vécu, dit l'abbé de Longuerue, il a fait tout son possible pour ramener l'Académie au style de d'Ablancourt et de Patru, leur disant : Voilà nos maîtres. » Ces bonnes relations entre Racine et les d'Ablancourt ont dû préparer l'alliance des deux familles.

Ce fut probablement Louis Racine qui séjourna à Langres, où, dans la vie nomade inhérente à ses fonctions, il serait venu visiter sa nièce, Mme d'Ablancourt, qui n'était pas née à l'époque de la mort de Jean Racine et qui, la première de sa famille, s'établit à Langres dans une maison occupée par des descendants de Racine jusqu'en 1807. Les archives de la ville peuvent nous fournir des renseignements relatifs à cet établissement et aux rapports avec la famille Guyot qui en résultèrent nécessairement.

Le 27 janvier 1746, Louis Jacobé d'Ablancourt, receveur des gabelles, demande et obtient un nouvel alignement pour la face de la maison sise en la rue de la Tournelle, au coin de la ruelle du grenier à sel , du présidial et des prisons, conformément au plan qu'il présente et qui fut exécuté. Il avait acquis cette maison des enfants de M. Nicolas Baudot, écuyer, avocat en parlement, conseiller

du roi et son lieutenant assesseur en la maréchaussée de Langres (mon trisaïeul maternel; Archives, art. 1320). Dans cette maison, M"'e d'Ablancourt devenue veuve loua à la Ville, le 10 juin 1756, un appartement meublé, moyennant quarante livres par mois, pour y loger le colonel de la garnison (Ib., art. 12,17). En J7^7? ^a mème maison, voisine du grenier à sel, était encore habitée par un receveur des gabelles, M. de Ballay, petit-fils par alliance de Mrae d'Ablancourt, et jusqu'en 1807 par son arrière-petitfils, M. J.-B. -Louis Fourrel de Frettes. Elle devint la propriété de M. Charles Guyot de Verseilles et fut vendue en 1862 à l'Etat, pour y placer la direction du génie ; on voit encore en bas-relief, sur le fronton de la porte, les trophées d'armes de l'ancienne maréchaussée.

M. Guyot de Giey était frère de M. Guyot de Verseilles ; il eut occasion de voir souvent M"e Dorothée d'Ablancourt et le portrait désiré de J. Racine; et, lors du décès de cette demoiselle en 1809 dans la rue du Marché-au-Blé, il s'empressa d'acquérir ce tableau précieux, qui peut-être lui fut d'autant moins disputé que la plupart des héritiers en ignoraient probablement l'origine.

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