‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 14 sur 107 · SCÈNE VI LE MARQUIS, assis, VERNOUILLET · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LE MARQUIS, assis, VERNOUILLET

LE MARQUIS, à part.

Tu lui donneras la main, faquin, c'est moi qui te le dis. (Tirant sa montre.) Bah ! le cercle aura tort. J'ai ici de quoi m'a-

mUSer. (a VemoulUet, qui examine les tableaux par contenance.) VOUS

ne me reconnaissez pas, monsieur Vernouillet ?

VERNOUILLET

Pardon, Monsieur le marquis, mais je craignais de ne pas être reconnu naoi-même.

LE MARQUIS

A cause de votre procès ? Il paraît bien que le cas n'était pas pendable puisqu'on ne vous a pas pendu... et dailleurs l'accueil rogue de ce bon M. Charrier m'a tout disposé en votre faveur.

VERNOUILLET

Ah ! Monsieur, je vous jure que mon seul but dans cette malheureuse spéculation était de faire un coup qui me mît à même de rester honnête homme.

LE MARQUIS

En effet, cela ne vaut-il pas mieux pour un garçon de coeur que de passer sa vie à carotter, pour parler la langue de vos salons? On s'exécute une bonne fois, c'est pénible, mais on n'a pas à y revenir ; voilà comme je comprends la probité.

VERNOUILLET

Moi aussi. Malheureusement j'ai échoué au port.

LE MARQUIS

En somme, de quoi vous plaignez-vous ? Vous avez fait le saut périlleux : vous pouviez vous casser les reins, et vous en êtes quitte pour une entorse, ce qui prouve que vous êtes retombé sur vos pieds I — Voyons, je suis

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