SCÈNE PREMIÈRE
CLEMENCE, seule, nssise à gnuche de la table, lisant le journnl, puis HENRI, entrant par la porto d*; gauche; il s'approche à pas de loup embrasse le cou de Clémence, qui pousse un petit cri.
CLÉMENCE
Ah ! tu m'as fait pour !
HENRI
Tu ne m'avais pas entendu (ntrer? C'est un peu fort de lire le journal à ce point-là. . . A Ion Age, ô ma sœur!
CLÉMENCE
Je parcourais...
HENRI
ÂUenlivement. (prenant le joumai.) La Conscience publique!.., beau titre pour un journal à vendre J
CLÉMENCE, M (eTcmt.
A vendre?
HENRI
Oui; le propriétaire a fait sa pelote et veut céder son fonds. A vendre la Conscience publique! Au comptant et en un seul lot! — Quelle affaire pour une bande noire I
CLEftlENCE.
Que va devenir M. de Sergine?
HENRI
Sergine ? Est-ce que ça le regarda «
CLÉMENCE
Puisqu'il écrit dans ce journal. . .
HENRI
Si mon père vendait sa maison, qu'est-ce que ça ferait aux locataires? L'ami Sergine peut être tranquille, le preneur ne lui donnera pas congé ; c'est lui qui est la fortune du journal.
CLÉMENCE
Ses articles sont si beaux, si honnêtes, si éloquents I
HENRI
Vous les comprenez donc, Mademoiselle?
CLÉMENCE
Que c'est courageux de passer sa vie à chercher la vérité et à la dire sans flatter les grands ni les petits I Sais-tu bien que M. de Sergine est un caractère?
HENRI
Oui, car c'est un parfait honnête homme; et il y faut une terrible volonté par les exemples qui courent les rues.
CLÉMENCE
Je crois que cela ne coûte guère à M. de Sergine.
HENRI
Pardon ! Cela lui coûte précisément ce que lui rapparterait le contraire.