‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 26 sur 107 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SERGINE

11 fit mieux. — Il entra chez moi un matin, très pâle et vieilli de dix ans. « Monsieur, me dit-il, vous êtes l'amant de ma nièce ; ne niez pas! Je ne peux pas vous tuer sans déshonorer une d'Auberive; c'est ce q li vous sauve la vie. J'ai droit de disposer de vous: partez 1 1 faites un voyage de trois mois.» C'est alors que j'allai à Florence oiî je le rencontrai. A mon retour la marquise était séparée de son mari; il lui avait manqué devant témoins, et avait exigé qu'elle lui intentât un procès en séparation. L'honneur était sauf.

HENRI

Tiens, tiens! Le voltigeur de Louis XIV remonte dans mon estime.

Oui, mais tu comprends que le monde, en nous amnisl liant, a créé entre nous un lien plus indissoluble que le mariage même. La condition tacite de sa tolérance, c'est la perpétuité de notre liaison: le jour où en se rompant elle deviendrait une aventure vulgaire, tout le scandale en suspens sur la tête de la pauvre femme tomberait louà coup sur elle et l'écraseniit. — Et maiuteuaat, crois-tu que j'aie le droit de l'abandonner ?

UEiNRI.

Non.

SERGINE

Ne parlons plus de cela, n'en reparlons jamais. Il ne faut pas toucher à une plaie quand on veut qu'elle se cicatrise. Je ne viendrai plus ici, viens chez moi... viens souvent... (La porte de gauche s'ouTie.) Ta sœur! adicu.

Clémence, en Toyant Sergine, s'arréle sur la l'orte ; Sergiue la sjlue froidemeot e» sort.

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