SCÈNE III
HENRI, m\.
Mon entreprise est assez risquée. Après tout,si on me met à la porte, je le verrai bien, (s'approcuant du guéridon.) — Des livres... Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es. (prenant les livres.) L' Imitation. . . la Physiologie du mariage... le Contrat social... les Harmonies... Me voilà bien renseigné! — Une bizarrerie assez fréquente chez les femmes du monde, me disait un vieil habitué de l'Opéra, c'est d'aimer à être traitées comme ces demoiselles. Pourquoi s'en étonne-t-on, ajoutait-il, tandis qu'on ne s'étonne pas que ces demoiselles aiment à être traitées comme des femmes du monde? C'est le même esprit de révolte de part et d'autre, toujours le péché d'Eve qui agit en sens inverse, les points de départ étant contraires ; et les unes doivent être curieuses d'irrévérences comme les autres de respect. Et lïndulgent vieillard ajoutait : Il n'y a que deux catégories de femmes, mon enfant; les mères, qui sont la caste sainte, une et indivisible... et les petites dames. Quant aux femmes à une seule chute, elles sont rares comme le Niagara; la plupart tombent en cascade^ de curiosité en curiosité. Philosophe aimabk, moraliste bienveillant!... Il en est mort. (Entre la marquise.) Sapristi.' qu'elle ^st belle I