‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 33 sur 107 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HENRI

Pourquoi donc cela, Madame?

11 faut bien que les femmes du monde vous traitent en ennemi pui'fecpie vous n'êtes pas de leur camp.

HENRI

Il y en a dons un autre?

LA MARQUISE

Plein de comparaisons terribles pour nous.

HENRI

Je vous répondrais que vous les défiez toutes, si vous no le saviez pas aussi bien que moi.

LA MARQUISE

Vous devenez galant. (Henri tire son mouchoir.) Votre mouchoir embaume! Comment va votre sœur? il y a une éternité que je ne l'ai vue. Est-ce sur sa toilette que vous avez rencontré ce parfum-là?

HENRI

Oh! pas du tout.

• LA MARQUISE

Les honnêtes femmes n'ont pas le secret de ces arômes étranges... Où se procure-t-on cela? chez Guerlain?

HENRI

Permettez-moi, Madame, de vous en envoyer un flacon.

LA MARQUISE, souriant.

Non, donnez-moi l'adresse de votre parfumeur.

HENRI

Comme c'est amusant, n'est-ce pas, de mettre un pauvre homme entre une réponse inconvenante et des fauxfuyants maladroits! Mais prenez garde: avec moi il n'y a pas de plaisir à ce jeu-là. Dès qu'on m'éclabousse je me jette à l'eau, comme dit. . . mon parfumeur.

LA M VRQUISE.

Ces demoiselles ont donc de l'esprit?

HENRI

Un aimable enjouement, voilà tout.

LA MARQUISE

Je voudrais bien savoir si ces créatures-là s'attachent.

HENRI

Ma foi. Madame, vous êtes plus curieuse que moi ; je ne le leur ai jamais demandé.

LA MARQUISE

Et vous autres, les aimez-vous?

HENRI

Beaucoup... par-ci, par-là.

LA MARQUISE

Fi 1 vous êtes affreux !

HENRI

On élève si mal les jeunes gens aujourd'hui I

LA MARQUISE

Ce sont bien eux qui s'élèvent eux-mêmes. Pourquoi fuient-ils la société des femmes comme il faut?

Elles sont trop sévères.

LA MARQUIS*

Vous n'en savez rien.

HENRI

Je le leur ai entendu dire.

LA MARQUISE, riant.

Vous êtes un impertinent, mon cher monsieur ; vous croyez-vous ici chez mamselle... mamselle?...

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