ACTE DEUXIÈME
HENRI, uant.
U m'échappe. Mademoiselle Taffetas.
LA MARQUISE
Ça m'amusera de me la faire montrer dans le ballet... car elle en est, je suppose?
HENRI
Mieux que cela, Madame; elle danse des pas qui me couvrent de gloire.
LA MARQUISE
Est-elle jolie?
Entre deux, mais très drôle, avec des mains de duchesse. Je ne sais pas où elle se les est procurées.
LA MARQUISE, jouant arec un éventail.
Vous attachez du prix aux belles mains?
HENRI
Oui, je vois bien; les vôtres sont admirables.
LA MARQUISE
Je ne vous les montrais pas.
HENRI
Pardon, je l'ai cru.
LA MARQUISE
Vous êtes un fat.
HENRI
Quelle fatuité y a-t-il? Ne montrait-on pas à Tantale de beaux fruits qui n'étaient pas pour ses lèvres? U n'en était pas plus fier, allez !
LA MARQUISE
Vous avez un tour d'esprit singulier qui me choque et me plaît. Votis êtes meilleur que vuus ne croyez.
HENRI
Oui, j'aurais peut-ètse valu quelque chose si j'étais tombé en de certaines mains...
LA MARQUISE
Maintenant encore, sous cette couche d'ironie, j*^. suis suri qu'en cherchant bien...
HENRI
Connaissez-vous quelqu'un qui voudrait se donner la peine de chercher?
LA MAnQUISE.
Manque-t-il de femmes qui soient tentées par le rôle d'ange gardien ?
HENRI
C'est que, je vais vous dire... je ne voudrais pas être gardé par le premier ange venu. Je suis très maniaque. D'abord il esl inutile de se présenter si l'on n'a pas les cheveux blonds et les yeux noirs.
LA MARQUISE, froidement.
Avez-vous vu votre ami Sergine, ces jours-ci?
HENRI
Oui, Madame, (a part.) Je suis peut-être allé trop vite.
UN DOMESTIQUE, aanonçaat de la droite.
Monsieur Vernouillet.
LA MARQUISE
Que veut cet homme?
HENRI
Faites serrer l'argenterie. (Il fait un pas ver« la droite pour sorUr.) LA MARQUISE.
Restez doncl