‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 53 sur 107 · SCÈNE III LE MARQUIS, VERNOUILLET · texte numérisé non relu

SCÈNE III LE MARQUIS, VERNOUILLET

Bonjour, monsieur le marquis. Quel bon veoi vous amène ?

LE MARQUIS

Je viens vous faire mon compliment. J'ai de vos nouvelles, mon gaillard! Il paraît que vous' vous conduisez avec le minislère comme un homme de Plutarque !

VERNOUILLET

J'ai déchiré le pacte de servitude, voilà tout.

LE MARQUIS

C'est très fort, mon cher, c'est très fort. Jusqu'ici on ne connaissait que deux sorles de presse, la presse in.lépendante et la presse vénale; l'une pauvre, l'aulre discréditée : vous en créez une troisième qui réunit les avantages des deux autres sans leurs inconvénients.

VERNOUILLET

Quoi! vous supposez...

f4 LES EFFRONTÉS

LE MARQUIS

Ne jouez donc pas au fui avec luoi; je ne suis pas bégueule, et j'admire le génie partout où je le rencontre. C'était, en apparence, usi pi oblcme insoluble qu'un journal à la fois indépendant et vénal; vous l'avez résolu du premier abord; vous avez vu avec le coup d'œil de l'ai^fle, qu'il s'agissait tout simplement de retourner la spéculation, et de vendre au public votre influence sur le gouvernement, au lieu de vendre au gouvernement votre influence sur le public.

Je ne comprends pas . . .

LE MARQUIS

Voyons, n'avez-vous pas vendu ce matin même la question du libre-échange?

VERNOUILLBT.

D'oiî savez-vous?. ..

LE MARQUIS

Jo sais toyt, moi l Vous êtes un grand homme, ami Vernoùillet, et la presse entre vos mains va devenir une bien belle institution.

VERNOUILLET

Je l'espère.

LE MARQUIS

El moi aussi. Quelle sera votre ligne politique? C'est très important pour la prospérité de cette benoîte quatrième page, que vous ne méprisez pas, j'imagine?

VERNOUILLET

Non, certes.

LE MARQUIS

La presse étant un sacerdoce, il faut bien pourvoir aux frais du culte.

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